jeudi 1 décembre 2016

Rites: denses danses!

Inépuisable, José Navas propose de denses danses. Moments sublimes d'un corps qui vieillit et qui a toujours la piqûre de la danse. Passages obligés d'un jeune corps à un corps qui a fait des milliers de pas dansés. Le pas est toujours agile moins vif, mais agile. Les mouvements sont plus sentis. La danse est plus dense, mieux ressentie. Retour sur un court moment de grâce.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Nina Konjini

Quatre solos, trois courts et un long, enrobés des musiques de Nina Simone, Dvorak, Schubert et Stravinsky proposent des rites de passage. Ceux d'un corps qui vieillit et d'un danseur, également chorégraphe, qui doit faire le deuil de ce corps qui ne permet plus les mêmes mouvements. Les passages vers une fin prévisible et inéluctable que le chorégraphe célèbre telle une ode à la vie.

Danser sa vie
Les trois premiers solos proposent des moments de vie d'un danseur qui accepte et reconnait ses limites. Ils sont des mises en état du corps pour le morceau de résistance, Le sacre du printemps. Ce morceau qu'un jeune corps aurait attaqué en début de spectacle s'offre ici en dessert. Mais quel dessert! Les mouvements sont vifs et précis. Ils épousent la musique à la note près. S'il y a bien quelques longueurs et des mouvements répétitifs, le tout est magnifiquement interprété.

Les trois premiers solos, malheureusement trop courts, vont droit au coeur. Ils sont comme de petites touches, des moments de grâce. Le troisième solo est particulièrement touchant. Sorte d'éloge à la lenteur, il se termine sur un cri de douleur silencieux. Pas un son ne sort de la bouche du danseur mais la douleur est bien présente.

Entre chaque solo, le danseur fait une pause. Se change doucement à vue. Un moment de répit pour savourer le moment qui vient de s'évanouir. Pour découvrir le personnage qui s'amène pour le prochain solo. Un nouveau rite se prépare. Un nouveau passage se profile. Vers une fin, peut-être mortelle. Car le bout de la route pourrait bien être un départ brutal dans sa nudité la plus totale. C'est d'ailleurs une chute qui ressemble à la mort qui attend le danseur à la fin du spectacle.

Un spectacle poétique que l'on savoure à petites doses. Si le corps du trentenaire est plus acrobatique celui du quinquagénaire est plus expressif, plus touchant et magnifiquement beau dans sa vulnérabilité la plus grande.

À l'affiche de La Rotonde pour un dernier soir (1er décembre). Une chorégraphie de et avec José Navas.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec José Navas au début de l'émission du 28 novembre.

Bon théâtre et bonne danse !

lundi 28 novembre 2016

Rites de passage, revue humoristique et expérience théâtrale

Éclectique sera l'édition de ce soir alors que rites de passage, humour et expérience théâtrale seront au menu.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

Crédit photo: Nina Konjini

Le chorégraphe et danseur José Navas, qui offre un spectacle solo qui est une variation sur le temps en quatre parties, sera en studio pour nous parler de ce spectacle qui met en vedette son corps de danseur dans la cinquantaine.

Rites
La Rotonde
Du 30 novembre au 1er décembre
En savoir plus

Deuxième bloc - vers 17h 50


Québec aura sa propre revue annuelle pour 3e année consécutive. Le spectacle intitulé Beu-bye 16 tiendra l’affiche de La Bordée du 8 au 17 décembre. Pour nous parler de ce spectacle, Lucien Ratio, metteur en scène, script-éditeur, auteur et comédien, bref homme à-tout-faire, ainsi que Jean-Philippe Côté, auteur et comédien, seront en studio pour nous parler de cette nouvelle édition du Beu-bye.

Beu-bye 16
La Bordée
Du 8 au 17 décembre

Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Cath Langlois

Ève Méquignon et Marie-Claude Leclerc occuperont les sièges des invités pour nous offrir leur commentaire critique de Fuck toute, une expérience théâtrale unique.

Fuck toute
Premier acte
Jusqu'au 4 décembre

Bon théâtre et bonne danse !

samedi 26 novembre 2016

Mes étoiles théâtrales et dansées! - Deuxième partie

Suite et fin d'un bilan des étoiles théâtrales et dansées de l'année qui s'achève à Québec! Allons-y à nouveau avec la suite de nos étoiles.  Un petit hommage à ceux qui font de mes soirées des moments inoubliables.

Un billet de Robert Boisclair


Théâtre
L'étoile parmi les étoiles
Robert Lepage est sans conteste l'étoile parmi les étoiles à Québec. De plus en plus présent ici, il a offert deux merveilleux spectacles en l'espace d'un an environ, Quills et 887 ont fait les beaux jours du Trident. Un artiste au sommet de son art qui offre son immense talent à la ville qui l'a vu naître.

C'est quand on parle de soi qu'on devient universel.
Tremblay, c'est partout pareil sans l'être.
Pourquoi un film iranien qui gagne à Cannes nous touche-t-il?
Pourtant, notre vie n'a rien à voir avec celle d'un habitant de Téhéran.
Il y a l'exotisme et aussi une reconnaissance de nous et de nos problèmes d'êtres humains.
Plus tu parles de ce qui se passe dans la cuisine chez vous,
plus t'as de chance que ça résonne ailleurs.
Robert Lepage dans une interview à Radio-Canada

Théâtre
Nos grandes étoiles
Un choix bien difficile à faire. Il y a tant de bons artistes de théâtre à Québec. Trois artistes de Québec m'impressionnent par leur talent, leur intensité et leur jeu presque toujours juste.

Lise Castonguay et Lorraine Côté sont, incontestablement, de grandes comédiennes de Québec. C'est un plaisir renouvelé de les voir évoluer sur scène. Comédiennes d'exception, elles interprètent leur personnage avec un mélange d'aplomb et de finesse.

Chez les hommes, Christian Michaud est certainement un des grands comédiens de sa génération. À l'aise tant dans les rôles secondaires que principaux, son jeu juste et nuancé font de chacun de ses spectacles un véritable plaisir à regarder et écouter.

Danse
L'étoile surprenante
Karine Ledoyen est sans aucun doute la chorégraphe la plus hors-norme de Québec. Et c'est tant mieux. Elle ose, elle transpose, elle essaie, elle intègre la mécanique et la technologie dans ses spectacles. Cela donne de la danse d'essai, de la danse dynamique. C'est parfois imparfait mais ce n'est jamais banal. De la danse audacieuse comme j'aimerais en voir plus souvent.

Je suis pleine d'imperfections et c'est parfait.
Karine Ledoyen dans une interview au Soleil

Théâtre
Les étoiles négligées
Réjean Vallée, un excellent comédien de Québec, ne décroche pas souvent de grands rôles au théâtre. Et pourtant, son talent est indéniable. Jamais ou peu d'accrocs. Un comédien qu'on ne voit pas assez souvent sur nos planches.

Patric Saucier est un comédien et, surtout, un metteur en scène, que j'apprécierais voir plus souvent sur les affiches des théâtres de Québec. Si la jeunesse a bien des attraits et des atouts, l'expérience d'un Patric Saucier a également de nombreux avantages. Ses mises en scènes sont toujours empreintes d'une belle humanité qui manquent parfois aux spectacles qui nous sont offerts à Québec.

Bon théâtre et bonne danse !

vendredi 25 novembre 2016

Les finalistes aux Prix de la critique - Québec et Montréal

Les membres de l'Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) – des journalistes culturels essentiellement  a choisi ses finalistes parmi les nombreux spectacles et artisans de Québec et Montréal. Voici les finalistes des catégories tant à Québec qu'à Montréal. Bonne chance aux finalistes!

Un commentaire de Robert Boisclair


SAISON 2015-2016 - QUÉBEC

L’AQCT est fière d’annoncer ses finalistes pour les Prix de la critique 2015-2016 dans six catégories à Québec. Notez que, pour la première fois depuis plusieurs années, les lauréats seront dévoilés lors d’un événement public, qui aura lieu le 17 décembre 2016 à la Maison de la littérature (40, rue St-Stanislas) de 18h à 21h. Nous vous attendons en grand nombre.

Dans la catégorie « Meilleur spectacle Québec »

  • QUILLS, de Doug Wright, traduit par Jean-Pierre Cloutier, dans une mise en scène de Robert Lepage et Jean-Pierre Cloutier, une production Ex Machina;
  • 1984, de George Orwell, adapté par Robert Icke et Duncan Macmillan, traduit par Guillaume Corbeil, dans une mise en scène d’Edith Patenaude, une production Le Trident et Théâtre Denise-Pelletier;
  • SAUVAGEAU, SAUVAGEAU, un collage des textes d’Yves Sauvageau dans une mise en scène de Christian Lapointe, une production Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et Théâtre Blanc.

Dans la catégorie « Meilleure mise en scène »

  • ROBERT LEPAGE et JEAN-PIERRE CLOUTIER, pour Quills, de Doug Wright, traduit par Jean-Pierre Cloutier, une production Ex Machina;
  • EDITH PATENAUDE, pour 1984, de George Orwell, adapté par Robert Icke et Duncan Macmillan, traduit par Guillaume Corbeil, une production Le Trident et Théâtre Denise-Pelletier;
  • FRÉDÉRIC DUBOIS, pour Vinci, de Robert Lepage, une production Théâtre Périscope.

Dans la catégorie « Meilleur texte original »

  • FENDRE LES LACS, de Steve Gagnon, publié aux éditions L’Instant même et produit par le Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline;
  • ÉPICERIE, de Jean-Denis Beaudoin, texte inédit, produit par La Bête Noire;
  • SUR LA MONTAGNE, NUE, d’Anne-Julie Royer, texte inédit, produit par le Théâtre aux Pommes.

Dans la catégorie « Hors Québec » 

  • CENDRILLON, de Joël Pommerat, une production Théâtre national de la Communauté française de Belgique et de la Compagnie Louis Brouillard (France), présentée au Carrefour international de théâtre de Québec;
  • LAS IDEAS, de Federico Leon (Argentine), une coproduction internationale créée au Kunsten festival des arts de Bruxelles (Belgique), présentée au Carrefour international de théâtre de Québec;
  • HUFF, de et avec Cliff Cardinal, mis en scène par Karin Randoja, une production Native Earth Performing Arts (Toronto) présentée au Théâtre Périscope.

Dans la catégorie « Interprétation féminine »

  • MARIE-GINETTE GUAY, pour son rôle dans Mme G., de Maxime Beauregard-Martin, dans une mise en scène de Maryse Lapierre, une production On a tué la une!;
  • LORRAINE CÔTÉ, pour son rôle dans Qui a peur de Virginia Woolf?, d’Edward Albee, traduit par Michel Tremblay, dans une mise en scène de Hugues Frenette, une production du Théâtre de la Bordée;
  • PAULE SAVARD, pour son rôle dans Les affinités électives, de David Adjmi, mis en scène par Michel Nadeau, une production Théâtre Niveau Parking;

Dans la catégorie « Interprétation masculine »

  • ROBERT LEPAGE, pour son rôle dans Quills, de Doug Wright, dans une mise en scène de Jean-Pierre Cloutier et Robert Lepage, une production Ex Machina;
  • MAXIM GAUDETTE, pour son rôle dans 1984, de George Orwell, adapté par Robert Icke et Duncan Macmillan, traduit par Guillaume Corbeil, dans une mise en scène d’Edith Patenaude, une production Le Trident et Théâtre Denise-Pelletier;
  • CHRISTIAN MICHAUD, pour son rôle dans Bousille et les justes, de Gratien Gélinas, dans une mise en scène de Jean-Philippe Joubert, une production du Théâtre de la Bordée.

Notez que la catégorie Jeune public a été annulée, faute de votes suffisants.


SAISON 2015-2016 - MONTRÉAL

L’AQCT est fière d’annoncer ses finalistes pour les Prix de la critique 2015-2016 dans six catégories à Montréal. Notez que, pour la première fois depuis plusieurs années, les lauréats seront dévoilés lors d’un événement public, qui aura lieu le 19 décembre 2016 à l’Auditoire (5214 boul. St-Laurent) de 18h à 21h. Nous vous y attendons en grand nombre.

Dans la catégorie « Meilleur spectacle Montréal »

  • 887, texte et mise en scène de Robert Lepage, une production Ex Machina;
  • MACBETH, de Michel Garneau, d’après Shakespeare, dans une mise en scène d’Angela Konrad, une production La Fabrik;
  • PELLEAS ET MELISANDE, de Maurice Maeterlinck, dans une mise en scène de Christian Lapointe, une production Théâtre du Nouveau Monde et Théâtre Blanc.

Dans la catégorie « Meilleure mise en scène » 

  • ANGELA KONRAD, pour Macbeth, de Michel Garneau, d’après Shakespeare, une production La Fabrik;
  • CHRISTIAN LAPOINTE, pour Pelléas et Melisande, de Maurice Maeterlinck, une production Théâtre du Nouveau Monde et Théâtre Blanc;
  • FLORENT SIAUD, pour 4:48 Psychose, de Sarah Kane, traduit par Guillaume Corbeil, une production Les songes turbulents.

Dans la catégorie « Meilleur texte original »

  • 887, de Robert Lepage, publié aux éditions Québec Amérique sous forme de livre illustré par Steve Blanchet, et produit par Ex Machina;
  • SEPTEMBRE, d’Evelyne de la Chenelière, publié aux éditions Théâtrales et produit par le Nouveau Théâtre Expérimental et le Théâtre français du CNA;
  • TABLE RASE, de Catherine Chabot, avec la collaboration de Brigitte Poupart et des interprètes Vicky Bertrand, Marie-Anick Blais, Rose-Anne Déry, Sarah Laurendeau et Marie-Noëlle Voisin, texte inédit, produit par Transthéâtre et le Collectif Chiennes.

Dans la catégorie « Hors Québec »

  • CE NE ANDIAMO PER NON DARVI ALTRE PREOCCUPAZIONI, de Daria Delflorian et Antonio Tagliarini, une production Deflorian/Tagliarini (Italie) présentée au Festival TransAmériques;
  • UNE ÎLE FLOTTANTE, de Christoph Marthaler, d’après Labiche, une production Theater Basel et Théâtre Vidy-Lausanne (Suisse) présentée au Festival TransAmériques;
  • GO DOWN MOSES, de Romeo Castellucci, une production Societas Raffaelo Sanzio (Italie) présentée au Festival TransAmériques.

Dans la catégorie « Interprétation féminine »

  • SOPHIE CADIEUX, pour son rôle dans 4:48 Psychose, de Sarah Kane, traduit par Guillaume Corbeil, dans une mise en scène de Florent Siaud, une production Les songes turbulents;
  • VÉRONIQUE CÔTÉ, pour son rôle dans Fendre les lacs, de Steve Gagnon, dans une mise en scène de Steve Gagnon, une production du Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline;
  • DOMINIQUE QUESNEL, pour son rôle dans Macbeth, de Michel Garneau, d’après Shakespeare, mis en scène par Angela Konrad, une production La Fabrik;

Dans la catégorie « Interprétation masculine »

  • EMMANUEL SCHWARTZ, pour son rôle dans En attendant Godot, de Samuel Beckett, dans une mise en scène de François Girard, une production Théâtre du Nouveau Monde;
  • GABRIEL SZABO, pour son rôle dans Sauvageau, Sauvageau, un collage des textes d’Yves Sauvageau dans une mise en scène de Christian Lapointe, une production Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et Théâtre Blanc;
  • ROBERT LEPAGE, pour son rôle dans 887, un spectacle solo écrit et mis en scène par lui-même, une production Ex Machina.

Notez que la catégorie Jeune public a été annulée, faute de votes suffisants.

Bon théâtre et bonne danse !

lundi 21 novembre 2016

Une édition 100% théâtre jeune public

Cette semaine le théâtre jeune public occupe toute l'émission. Une heure en compagnie d'artisans d'un théâtre populaire et dynamique!

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30


Un spectacle pour les adolescents qui s'intéresse à l'image, au paraître, au factice, au faux et qui questionne la société de consommation qui nous entoure. Nous en apprendrons plus en conversation téléphonique avec Klervi Thienpont, adaptatrice et comédienne.

Figurec
Gros Becs
Du 30 novembre au 2 décembre
En savoir plus

Deuxième et troisième blocs - vers 17h 50


Venez découvrir en une vingtaine de minutes top chrono les 40 ans du Théâtre du Gros Mécano. Des artisans d'hier et d'aujourd'hui seront en studio pour venir faire la genèse de cette compagnie de théâtre jeune public.

La librairie, le plus grand succès du Gros Mécano.
Le spectacle a été traduit en anglais, en japonais et en espagnol.
Crédit photo: Marc St-Jacques

Bon théâtre et bonne danse !