mardi 17 octobre 2017

La sélection du moment: Hypo

Si vous êtes un visiteur régulier de ce blogue, vous vous doutiez bien que notre Sélection du moment serait Hypo. Un spectacle magnifique qui va droit au coeur et que nous avons adoré!

Par Robert Boisclair


Crédit photo: Cath Langlois
Hypo
Ce spectacle d'une intense luminosité est un merveilleux hymne à la vie. Un spectacle qu'il faut voir pour la grande qualité de l'interprétation et de la mise en scène ainsi que du texte, fort bien écrit, de Nicola-Frank Vachon. Un spectacle qui va droit au coeur.

Un homme apprend qu'il va mourir. Refusant d'attendre la fin à l'horizontale, il décide de partir, debout, à sa rencontre. Il laisse tout derrière et s’exile dans une terre qui ressemble au début ou à la fin des temps, où les glaciers chevauchent les volcans. Dans un camping, une femme propose de lui prêter main-forte dans son projet. À bord du même sac de couchage, ils prennent la route vers l'ultime destination.

Allez-y surtout si vous aimez: les huis clos, la vie ou si une bonne dose de sincérité est requise, les textes imagés, drôles et touchants.

À Premier acte jusqu'au 28 octobre. Avec Philip Larouche, Mary-Lee Picknell et Nicola-Frank Vachon. Une texte de Nicola-Frank Vachon. Une mise en scène de Maryse Lapierre.

Vous voulez en savoir plus? Consultez notre critique du spectacle ici.

Bon théâtre et bonne danse!

lundi 16 octobre 2017

Des spectacles déjantés au menu ce soir!

Le bonheur et l'humour sont les thèmes récurrents des spectacles proposés pour cette nouvelle édition radiophonique des Enfants du paradis. Une édition 100% plaisir, dès 17h 30 à l'antenne de CKRL-MF.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

En répétition
Véronika Makdissi-Warren, idéatrice, co-auteure et metteuse en scène, ainsi que Raphaël Posadas, comédien et co-auteur, seront en studio pour nous parler d'une aventure complètement folle en CHSLD.

Centre d'humbles survivants légèrement détraqués - CHSLD
La Bordée
Du 24 octobre au 18 novembre
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Deuxième bloc - vers 17h 45


Soyez à l'écoute vers 17h 45 pour découvrir notre Sélection du moment. Cette semaine un spectacle qui a conquis le coeur de votre humble serviteur. Si vous ne pouvez y être en direct ce soir, pointez-vous le nez sur ce blogue dès 6h00 demain pour le connaître.

Troisième bloc - vers 17h 50


Crédit photo: Jean-Charles Verchère
Les Gros Becs proposent un spectacle lumineux et sensible intitulé Lettre pour Éléna. Le metteur en mouvement et co-metteur en scène, Christophe Garcia, sera en conversation téléphonique pour nous le faire découvrir.

Lettre pour Éléna
Les Gros Becs en coprésentation avec La Rotonde
Du 18 au 22 octobre
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Quatrième bloc - vers 18h 10


Les Enfants du paradis s'offrent une deuxième virée au festival Québec en toutes lettres avec le spectacle Et si... qui revisite Québec dans un style complètement déjanté. Et si les Nordiques avaient gagné la coupe Stanley? Et si et si... Une occasion unique d'en apprendre plus sur cette tournée en bus de Québec.  Catherine Côté et Éric Leblanc, les concepteurs artistiques de ce parcours, seront en studio pour nous le faire découvrir et, peut-être, nous en dévoiler quelques secrets.

Et si...
Québec en toutes lettres
28 et 29 octobre
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Bon théâtre et bonne danse !

jeudi 12 octobre 2017

Hypo: droit au coeur

Premier acte propose un véritable hymne à la vie avec ce magnifique bijou qu'est Hypo. Un spectacle qui va droit au coeur avec des moments d'une rare sincérité.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois
Un homme apprend qu'il va mourir. Refusant d'attendre la fin à l'horizontale, il décide de partir, debout, à sa rencontre. Il laisse tout derrière et s’exile dans une terre qui ressemble au début ou à la fin des temps, où les glaciers chevauchent les volcans. Dans un camping, une femme propose de lui prêter main-forte dans son projet. À bord du même sac de couchage, ils prennent la route vers l'ultime destination.

Lumineuse
Ne vous laissez pas berner par la thématique abordée, un homme en fin de vie qui part à la rencontre de sa mort, car ce spectacle est d'une immense luminosité. Le discours s'il est franc, honnête, direct, aborde la vie, dont la mort fait inéluctablement partie, de la plus belle façon. Dans ses moments de franchise, qui meublent trop peu souvent nos vies. Dans sa rencontre intime avec un autre humain. Dans ses petits gestes du quotidien qui sont si rassurants. Dans le partage sans fard de douleurs, petites ou grandes, qui nous habitent. Dans les blessures que la présence rassurante de l'autre nous permet de partager. Dans ses moments de folie que, parfois, on ose faire. Dans ses petits riens qui font que la vie est belle. C'est pour tout ça qu'Hypo va droit au coeur.

Crédit photo: Cath Langlois
Huis clos dans un grand dehors
Premier acte décrit le spectacle comme un huis clos dans un grand dehors et la promesse est tenue. La mise en scène et la scénographie mettent bien en évidence ce concept. La scène, à la fois presque vide et bien peuplée d'accessoires, donne la double impression de l'immensité du territoire et de l'espace restreint.

À l'arrivée des spectateurs, les comédiens et le musicien sont installés en fond de scène entre quatre écrans. L'un tapote le clavier de son téléphone intelligent, un autre lit et un dernier attend impatiemment le résultat de son examen médical.

Le centre de la scène est dénudée tout en étant recouvert d'une substance qui semble être de la terre. En son pourtour des cailloux, beaucoup de cailloux, donnant l'illusion de la terre islandaise, gros caillou au milieu de l'océan. Le décor est planté. Place aux comédiens. Le huis clos se met en place doucement. La rencontre fortuite. Le début du compagnonnage. La franchise qui s'installe rapidement. Les confidences douloureuses. L'amitié et, qui sait, l'amour. Puis, le dénouement, magnifique moment d'une très grande tendresse.

Mary-Lee Picknell a, semble-t-il, insisté pour que Nicola-Frank Vachon mette au monde ce texte. Dieu qu'elle a bien fait! Rarement un texte va-t-il à l'essence même des humains que nous sommes. Un texte qui va droit au coeur et qui nous rassure sur notre humanité en ces périodes où l'actualité nous rappelle trop souvent l'envers de notre propre médaille.

Crédit photo: Cath Langlois
Cinématographique
La mise en scène est cinématographique. Les écrans servent à créer les lieux et offrent de très beaux moments. La scène de l'orage est splendide. La projection sur les écrans et l'éclairage, magnifique, donnent l'impression que l'on y est. La scène au bord de mer où des vagues géantes les submergent presque est également d'une très grande réalité.

Le spectacle ne serait pas complet sans les nombreuses touches d'humour et la musique en direct de Philip Larouche ainsi que les chansons à deux ou à trois qui contribuent à l'ambiance intimiste. Dès la première chanson, tout au début du spectacle, le huis clos dans le grand dehors, évoqué plus haut, s'installe. Les comédiens, complices et d'un naturel désarmant, sont excellents. J'ai redécouvert Nicola-Frank Vachon et Mary-Lee Picknell.

Il y a bien quelques faiblesses à ce spectacle, mais tout le reste fait oublier ces petites choses, qui sont sans importance après tout.

Droit au coeur
Vous l'aurez compris ce billet n'est pas tout à fait une critique,  et je m'en excuse auprès des artisans de ce spectacle ainsi que de vous chers lecteurs, mais un cri du coeur. Celui d'un humain qui a été touché par d'autres humains au plus profond de son être. J'écris ces lignes et j'en ai les larmes aux yeux. Je ne sais pas si vous serez touché autant que moi en voyant ce spectacle mais c'est le bonheur que je vous souhaite.

P.S. à Nicola-Frank Vachon et Mary-Lee Picknell: vous n'avez aucune raison d'avoir peur. Ce spectacle est magnifique. Merci!

Allez-y surtout si vous aimez: les huis clos, la vie ou si une bonne dose de sincérité est requise, les textes imagés, drôles et touchants.

À Premier acte jusqu'au 28 octobre. Avec Philip Larouche, Mary-Lee Picknell et Nicola-Frank Vachon. Une texte de Nicola-Frank Vachon. Une mise en scène de Maryse Lapierre.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Mary-Lee Picknell et Nicola-Frank Vachon ici (vers la vingtième minute de l'émission du 2 octobre).

Bon théâtre et bonne danse!

mercredi 11 octobre 2017

Triptyque Cryptique: mondes insolites

Ludique, déjanté et surprenant sont les mots qui me viennent à l'esprit en repensant à ce spectacle unique. Retour sur un moment de pur plaisir.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Maxime Daigle
Triptyque Cryptique propose trois duos, trois univers intimes, des aventures vécues à deux, des territoires habités par des êtres au caractère très distinct, tour à tour indissociables, complices ou en opposition. Trois duos créés spécifiquement pour six interprètes de Québec, qui voyagent à la rencontre du vocabulaire physique, de la gestuelle minutieuse et de l’imaginaire déjanté et fantasmagorique de la chorégraphe Lina Cruz. Trois duos et trois univers tous plus insolites les uns que les autres:

Tunnel #3
Un couple incongru, tel un pair et un impair, survient dans un espace sous-terrain.

Tempo al dente
Insouciantes et coquines, ces deux âmes soeurs partent en grand voyage.

En attendant la nuit blanche
Deux copains plongent dans le vaste vide d'une nuit d'insomnie.

Mondes insolites
Lina Cruz et les danseurs ont su créer trois univers uniques et particuliers qui ne ressemblent à rien de connu. Des univers où l'ambiance sonore ainsi que les mots et les sons prononcés sont aussi importants que les mouvements des danseurs.

Crédit photo:Llamaryon
Le premier, Tunnel #3 (avec Harold Rhéaume et Lydia Wagerer), propose un monde proche de l'animalité. Dans leur monde les bruits côtoient un extrait de La vie en rose d'Édith Piaf. Les danseurs dans ce premier duo, comme dans les autres d'ailleurs, se fondent, se mêlent harmonieusement bien à l'ambiance créée par l'environnement sonore. Ils y participent tout en s'y fondant.

Avec Tempo al dente les danseuses, Raphaëlle Fougères et Geneviève Robitaille, dans un univers où le temps occupe toute la place. Elles sont un peu comme le mouvement d'horlogerie du cadran de l'horloge qui les accompagne. Leurs mouvements y ressemblent même par moments. Elles tournoient, jouent avec les aiguilles et elles nous parlent du temps, dans un magnifique moment où elles défilent en choeur quelques expressions temporelles.

Le troisième duo En attendant la nuit blanche, avec Fabien Piché et Jean-François Duke, nous entrainent dans une nuit d'insomnie qui se donne des airs de bandes dessinées. Ces insomniaques sont accompagnés du musicien bruiteur Philippe Noireaut qui complète merveilleusement bien ce duo. Un moment complètement déjanté et plus humoristiques que les autres. Mais l'humour n'est pas absent des deux autres, bien au contraire.

Ludisme
Le jeu est bien présent dans ce spectacle. Les objets sont transformés, c'est particulièrement vrai avec Tempo al dente où le titre a une très grande importance, et réutilisés. Le spectateur découvre un terrain de jeu où les danseurs, tels des enfants, le surprennent à chaque détour, à chaque mouvement, à chaque pas de danse. L'environnement sonore occupent une très grande place dans le spectacle. Il constitue un troisième danseur faisant de chacun d'eux un trio plutôt qu'un duo.


Pur bonheur
Ce spectacle est un pur bonheur à voir. Il est une occasion unique de décrocher de son quotidien, de se plonger dans un monde insolite où le plaisir est roi. Un spectacle qu'il faut absolument voir avant qu'il nous quitte le 20 octobre.

Allez-y surtout si vous aimez: décrochez de votre quotidien, voir des danseurs de plusieurs générations, les univers insolites et déjantés.

À La Rotonde jusqu'au 20 octobre. Avec Jean-François Duke, Raphaëlle Fougères, Fabien Piché, Harold Rhéaume, Geneviève Robitaille, Lydia Wagerer et Philippe Noireaut. Une chorégraphie de Lina Cruz.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Lina Cruz ici (vers la vingtième minute de l'émission du 9 octobre).

Bon théâtre et bonne danse!

mardi 10 octobre 2017

La sélection du moment: Je voudrais me déposer la tête

Dès le 15 octobre prochain, Je voudrais me déposer la tête, du jeune auteur Jonathan Hartois, sera la toute première production de la saison 2017-2018 du Conservatoire d'art dramatique de Québec.

Par Robert Boisclair

En répétition
Je voudrais me déposer la tête
Cette œuvre d’une poésie douloureuse rend magnifiquement compte de la puissance de l’amitié et raconte le suicide de manière très touchante, témoignant aussi du désarroi des banlieues québécoises avec une grande acuité. Sujet d’actualité, cette histoire ne s’encombre pas d’un discours moralisateur, maintes fois entendu, sur un enjeu dérangeant.

Un jeune homme, Félix, met fin à ces jours, et laisse son ami Ludovic dans une grande peine et un immense désarroi. Cette mort violente bouleverse à ce point son passage dans le monde adulte que Ludovic entame son deuil en se révoltant contre Félix qui l’a laissé tomber sans prévenir. Il se sentait moins démuni avec son ami. Seul, il ne sait plus où déposer la tête.

Et voici ce que je revois en boucle : après m’avoir salué,
il a eu cet espèce de trouble au fond des yeux...et ce mouvement muet sur les lèvres,
que je viens de déchiffrer : " À bientôt ". Ce matin tout juste.
Il y a quelques heures à peine.
Eh, salaud ! Dis-moi que j’aurais pu deviner !

Je voudrais me déposer la tête est le premier texte que Jonathan Harnois a choisi de lancer dans l’espace public. Né à Joliette, Jonathan Harnois est poète, romancier, nouvelliste et chanteur (finissant de l’École nationale de la chanson de Granby), il a été finaliste du prix Anne-Hébert en 2006 pour ce premier roman. Il a par ailleurs remporté le Prix du récit Radio-Canada en 2009 pour son récit Sonam, inspiré d’un voyage au Tibet.

Dans une mise en scène d’Olivier Normand, la pièce met en vedette Maude Boutin St-Pierre, Rosalie Cournoyer, Catherine Desjardins, Carolanne Foucher, Alexis Gaumond, Vincent Kearney-Deschênes, Étienne La Frenière, Vincent Michaud, Antoine Paré-Poirier, Philippe Rivard et Élie St-Cyr. Le décor est une création de Béatrice Lecomte-Rousseau, les costumes sont de Léa Fillion, les accessoires, l’affiche et les éclairages conçus par Madeleine Oona Miljours. Tous sont des finissants en Jeu ou en Scénographie, au Conservatoire d'art dramatique de Québec.

Du 15 au 21 octobre* | 19 h 30 | *relâche le 17 octobre
Le 21 octobre | 14 h et 19 h 30
Théâtre du Conservatoire | 11, rue Saint-Stanislas
Billets : 10 $ | 5 $ étudiants, sur présentation d’une carte d’identité avec photo.
Réservation téléphonique nécessaire au 418 643-9833

Bon théâtre et bonne danse !