30 novembre 2013

Danse: J'ai craqué pour...

Politique, multimédia, adultère et quotidien fou de notre vie moderne ont meublé les spectacles dansés de cet automne.  Lequel a conquis mon coeur ?

Par Robert Boisclair

Si vous êtes un habitué de ce blogue, vous savez sans doute pour quel spectacle de danse j'ai craqué cet automne.  Une chose est sûre, la diversité était au rendez-vous.

La saison a débuté par un spectacle qui s'est ajouté à la dernière minute et intitulé Les cheminements de l'influence.  Une rencontre surprenante entre la danse et la politique. Un être hybride composé de gestes mesurés et remplis d'admiration pour le père de la chorégraphe et danseuse, politologue émérite.  Un spectacle tout en douceur qui abordait la danse et la politique différemment.

Là-bas, le lointain, un spectacle qui allie danse, arts visuels et cinéma s'est amené en octobre.  Deux parties (cinéma et danse), un seul spectacle.  Quatre danseurs de talents dans une chorégraphie qui ne m'a pas transporté mais qui valait le déplacement.

En clôture de saison, Bach: le mal nécessaire.  Sur la merveilleuse musique de Bach, parfois remixée et modifiée, sept danseurs s'exécutent dans une course folle.  Celle de la vie que nous menons.  La lenteur côtoie les mouvements rapides et brusques. L'expression de notre quotidien s'y retrouve de multiples façons.  Un spectacle qui osait la différence.

Le spectacle qui m'a fait craquer cet automne, c'est Foutrement.  Avec sa thématique de l'adultère, la chorégraphe Virginie Brunelle, qui offrait au public de Québec son oeuvre la plus personnelle jusqu'à maintenant, a offert un spectacle magnifique.  J'ai aimé ses chorégraphies dynamiques, énergiques et sensuelles ainsi que son petit côté provocateur et osé.  Elle m'a bouleversé.  J'ai craqué pour Foutrement.  J'espère bien craqué à nouveau pour la prochaine chorégraphie de Virginie Brunelle.

Et vous ?  Avez-vous craqué pour Foutrement ? Pour Bach: le mal nécessaire ? Pour Là-bas, le lointain ?  Ou pour Les cheminements de l'influence ?

Bon théâtre et bonne danse !

29 novembre 2013

Critique: Bach: le mal nécessaire

Un des thèmes de Bach: le mal nécessaire, présenté à la rotonde, est la course folle dans laquelle nous sommes engagés et, ma foi, la chorégraphie de Mario Veillette s'y abreuve abondamment.

Par Robert Boisclair

La course, au sens premier du terme, la musique de Bach bien sûr, mais également des mouvements de lenteur, des grimaces, des mouvements de bouche et de visage ou encore des mouvements sportifs meublent ce spectacle de Mario Veillette. Malheureusement, pour l'amateur de danse en moi, bien peu de mouvements dansés.

Certes, la démarche est intéressante mais elle manque un peu d'unité.  Sans doute, parce que cette course folle qui nous habite est elle-même parfois un peu désorganisée. Le spectateur finit par se perdre dans ce dédale de chorégraphies.  Les propositions sont riches mais il est difficile d'y associer un suite d'émotions.  Émotions qui nous transporteraient du début du spectacle jusqu'à son dénouement.

La première et la dernière chorégraphie de ce spectacle sont celles que j'ai le plus appréciées.  D'ailleurs, j'ai quitté la salle avec le mantra proposé par les danseurs à la toute fin du spectacle.  Et j'en suis certain, la grande majorité des spectateurs.   Et puis, il y a des moments théâtraux que l'amateur de théâtre en moi a grandement apprécié. 

Les danseurs se tirent très bien d'affaire dans ce spectacle.  Il est agréable de voir ces jeunes danseurs se donner à fond.  Sortir du moule de la danse traditionnelle.  Tout comme Mario Veillette d'ailleurs.  Les mouvements de lenteur, inspirés de la danse butô, ajoute une fine touche au spectacle.  Un effet qui suscite une réflexion sur cette course folle qui nous anime et qui est en trame de fond du spectacle.

Bach: le mal nécessaire est un spectacle qu'il vaut la peine de voir.  Pour découvrir la génération montante de danseurs de Québec, pour la musique de Bach, merveilleuse, et pour des chorégraphies qui s'invitent dans les sentiers de notre quotidien fou d'hommes et de femmes des années 2010.

Une présentation de la rotonde à la salle Multi de Méduse jusqu'à samedi.  Avec Josiane Bernier, Maryse Damecour, Ariane Dubé-Lavigne, Amélie Gagnon, Annie Gagnon, Isabelle Gagnon et Fabien Piché.  Une chorégraphie de Mario Veillette.

27 novembre 2013

Les lauréats des 27e Prix d'excellence des arts et de la culture

Le 25 novembre, le Conseil de la culture de Québec dévoilait les lauréats des 27e Prix d'excellence des arts et de la culture.  Voici les lauréats en théâtre.  Félicitations aux gagnants !

Par Robert Boisclair

Le Prix Nicky-Roy:
Le Prix Nicky-Roy souligne un jeune talent particulièrement prometteur. Ce prix, créé en 1981 à la mémoire d’une jeune comédienne décédée accidentellement, est remis à un comédien ou une comédienne qui pratique son art depuis moins de trois ans.  Le prix est remis à Claude Breton-Potvin pour son rôle d’Alison dans Trainspotting, d’Irvine Welsh, traduction de Wajdi Mouawad et Martin Bowman.

Le Prix Bernard-Bonnier
Le Prix Bernard-Bonnier a été créé en 1998 à la mémoire de ce talentueux compositeur, décédé en 1994. Cette récompense est remise à un musicien, ou une musicienne, pour un environnement sonore mémorable.  Le prix est remis à Martien Bélanger et Frédéric Lebrasseur pour la musique et la conception sonore de Les Enrobantes, cabaret décolleté pour psychanalyste plongeant, de Marie-Christine Lê-Huu, d’après une idée originale de Pierre Robitaille.

Le Prix du Fonds du Théâtre du Vieux-Québec
Le Prix du Fonds du Théâtre du Vieux-Québec est décerné à un artiste dont la conception des costumes est jugée remarquable. Ce prix a été créé en 2006 par messieurs Denis Denoncourt et Lorenzo Michaud, administrateurs du Fonds du Théâtre du Vieux-Québec, fonds géré par la Fondation communautaire du grand Québec.  Le prix est remis à Élène Pearson pour la conception des costumes de Rhinocéros, d’Eugène Ionesco.

Le Prix Jacques-Pelletier
Le Prix Jacques-Pelletier souligne un travail remarquable aux éclairages, aux maquillages, à la conception vidéo et aux marionnettes. Ce prix a été créé en 1981 à la mémoire d’un des pionniers de la scénographie au Québec.  Le prix est remis à Christian Fontaine pour les éclairages de Scalpée, d’Anne-Marie Olivier.

Le Prix Paul-Bussières
Le Prix Paul-Bussières est décerné à un ou une scénographe dont l’environnement théâtral s’est fortement démarqué. Ce prix a été ajouté cette année à la mémoire d’un des pionniers de la scénographie au Québec.  Le prix est remis à Vano Hotton pour la conception du décor de Les Chaises, d’Eugène Ionesco.

Le Prix Janine-Angers
Le Prix Janine-Angers vient saluer la performance marquante d'un ou d’une interprète dans un rôle de soutien. Créé en 1986, le prix fut rebaptisé en 1988 à la mémoire de la première récipiendaire.  Le prix est remis à Jean-Pierre Cloutier pour son rôle de Tommy Murphy dans Trainspotting, d’Irvine Welsh, traduction de Wajdi Mouawad et Martin Bowman.

Le Prix de la meilleure mise en scène
Le Prix de la meilleure mise en scène récompense le travail admirable d’un metteur en scène ou d’une metteure en scène, tant dans la conception générale d’un spectacle que dans la direction des interprètes. Mis sur pied en 1986, ce prix souligne la créativité et l’originalité de la mise en scène.  Le prix est remis à Marie-Hélène Gendreau pour la mise en scène de Trainspotting, d’Irvine Welsh, traduction Wajdi Mouawad et Martin Bowman.

Le Prix Paul-Hébert
Le Prix Paul-Hébert récompense un comédien ou une comédienne qui a offert une interprétation remarquable dans un premier rôle. Remis chaque année depuis 1977, ce prix est un hommage à Paul Hébert, un homme de théâtre exceptionnel, cofondateur du Théâtre du Trident et pilier du développement du théâtre à Québec.  Le prix est remis à Nancy Bernier pour son rôle de La Vieille dans Les Chaises, d’Eugène Ionesco.

Le Prix Ville de Québec
Le Prix Ville de Québec vise à souligner le dynamisme, la qualité et l’originalité du travail d’un organisme culturel professionnel qui œuvre à Québec, et dont un ou des éléments distinctifs lui ont permis de se démarquer au cours de la saison 2012-2013.  Le prix est remis à Les Incomplètes, compagnie de création théâtrale auprès de la petite enfance, qui s’est démarquée par sa créativité et son essor impressionnant.

Le Prix du rayonnement international
Le Prix du rayonnement international récompense une personne dont les réalisations récentes dans les domaines artistique et culturel ont eu une percée sur le plan international. Le Prix du rayonnement international est remis conjointement par le Conseil de la culture et Transat A.T. inc.  Le prix est remis à Agnès Zacharie, directrice artistique de l’Ubus Théâtre, compagnie axée sur la marionnette miniature et les petits objets, qui réalise en 2012-2013 un périple éblouissant sur le territoire de la francophonie européenne avec son autobus scolaire transformé en salle de spectacle.

Bon théâtre et bonne danse !

26 novembre 2013

Théâtre: des images de Douze hommes en colère

Douze hommes en colère, merveilleuse pièce de Réginald Rose, sera à la Salle Albert-Rousseau pour une seule représentation le dimanche 1e décembre.

Par Robert Boisclair

Un jury de douze hommes doit décider du sort d'un jeune homme accusé d'homicide.  Le verdict semble évident puisque la preuve et les faits réunis contre lui sont accablants. Un juré n'en est pas convaincu.  Avec courage et détermination, il prend position et va au-delà des apparences et des préjugés.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici la bande-annonce de ce spectacle.



Bon théâtre et bonne danse !

25 novembre 2013

Théâtre jeune public: des images du Porteur

Les Gros Becs proposent du 10 au 29 décembre, Le Porteur, un théâtre de marionnettes pour les jeunes de 5 ans à la 3e année du primaire.

Par Robert Boisclair

Le monde de Pretzel, un drôle de petit asticot, est peuplé de personnages rigolos, étonnants et attachants: une araignée qui fait des claquettes dans le ventre d'un homme-théâtre, une sirène qui fait sa coquette au bal des poissons, une famille d'hippocampes en pique-nique, un bébé capricieux et une vieille dame très digne.

Voici quelques images de ce spectacle qui tourne à travers le monde depuis 15 ans.

Bon théâtre et bonne danse !

23 novembre 2013

Théâtre jeune public: Trois questions à... Martin Bellemare

Trois questions à... est une série qui permet de découvrir, en trois questions, des spectacles d'artistes et d'artisans du théâtre et de la danse qui aiment leur métier et le pratique au quotidien.

Par Robert Boisclair

Martin Bellemare est l'auteur de la pièce Un château sur le dos présentée aux Gros Becs du 3 au 8 décembre.  Les Enfants du paradis lui posent trois questions au sujet de ce spectacle.

1) Les Enfants du paradisUn château sur le dos est inspiré d'une anecdote historique rapportée par Michel de Montaigne dans un de ses essais. Comment avez-vous décidé d'aborder cette anecdote historique ?

Martin Bellemare: Si la question porte sur la genèse du projet, voici : en lisant le premier Essai de Montaigne, j'avais lu cette anecdote, rapportée par le philosophe, qui m'avait frappée et que j'avais trouvé très forte.  Je l'avais rapportée à mon tour à Marie-Ève, de Théâtre Ébouriffé. Quelques semaines plus tard, elle m'est revenue, portant encore en elle cette anecdote, comme moi d'ailleurs, et m'a encouragé à écrire à partir de ça.

Si la question porte sur la façon que j'ai choisie de traiter cette anecdote, voici : il s'agit d'une anecdote historique du XIIe siècle.  Je me suis demandé si je devais la transposer à une autre époque.  Je me suis demandé pourquoi priver le jeune public d’une dimension historique.  Cette anecdote me semblait porter quelque chose de grand et d’intemporel qui méritait d’être préservé.  Elle me donnait envie de raconter quelque chose d’épique.  En fait, n’importe quel contexte de guerre pouvait accueillir le contenu de l’histoire que j’imaginais.  J'ai donc choisi de donner à la pièce une sorte d'intemporalité en préservant une teneur historique.  

2) Les Enfants du paradis: Les pièces pour le jeune public sont souvent proches de son quotidien.  Aviez-vous peur d'aller à contre-courant en explorant un genre qu'il connaît moins ?

Martin Bellemare: Je suis passé par plusieurs étapes de réflexion avant de comprendre et de convenir que cette teneur "historique" allait peut-être à contre-courant.  J'avais effectivement observé le fait que le contenu des pièces jeune public portait plus souvent qu'autrement sur des éléments de son quotidien.  Mais je n'avais pas noté l'absence relative de références au passé, ou enfin à d'autres époques.  Je comprenais qu’il soit nécessaire de parler du monde actuel au jeune public.   J'ai pensé à l'importance de la diversité des spectacles auxquels nous convions les spectateurs.  Pour nous, public adulte, le répertoire historique tient presque de l’acquis, mais pour le jeune public, qui se succède et restera toujours jeune, ce territoire est peut-être à découvrir et à approfondir. Pourtant son intérêt pour le passé est manifeste.  Il aime les dragons, les princesses, les dinosaures, les chevaliers, tout cela qui meuble de façon naturelle ses histoires inventées et son espace de rêve et d’imaginaire.  Au théâtre de tenter de dépasser les stéréotypes et de lui présenter le passé dans sa profondeur humaine.

3) Les Enfants du paradis: Avez-vous été tenté d'actualiser l'anecdote historique ?

Martin Bellemare: Dans un certain sens, l'anecdote a été actualisée.  Un château sur le dos est un texte de notre époque puisqu’il a été justement écrit à notre époque.  Il n’est pas érigé uniquement sur de la modernité et de l’actualité, mais il porte inévitablement ces données en lui, dans sa façon dont l’histoire est organisée à des fins de tension et d’efficacité, dans sa façon de s’adresser au public, dans sa façon d’illustrer des situations humaines qui ne sont pas caractéristiques d’une seule époque.  De plus, la mise en scène de la pièce profite des ressources techniques d’aujourd’hui et vise évidemment à capter l'attention du spectateur de façon moderne puisque c’est au public d’aujourd’hui que la pièce s’adresse.

La pièce propose un dépaysement au niveau temporel en souhaitant amener le jeune spectateur d'aujourd'hui à se concevoir aujourd'hui dans une bande du temps plus large que le présent à tout prix.  En ce qui concerne les questions morales soulevées par la pièce, elles ne sont pas si différentes après tout de celles que les jeunes se posent dans la vie de tous les jours.  Les thèmes abordés, le courage et la loyauté, ont déjà eu des moments forts dans l’histoire, et pour la raison qu’ils sont restés dans la mémoire, ces moments démontrent qu’il est encore possible d’agir ainsi, que le présent est aussi une histoire qui s’écrit.

Bon théâtre et bonne danse !

22 novembre 2013

Le théâtre amateur, c'est payant !

La Fédération québécoise de théâtre amateur (FQTA) vient d'annoncer les récipiendaires de son 10e Concours Création-Production-Théâtre, édition 2013.  Une récompense payante !

Par Robert Boisclair

Le Concours Création-Production-Théâtre de la FQTA vise à promouvoir, guider, valoriser et encourager l'évolution du théâtre amateur au Québec.  Les récipiendaires des deux catégories ont été choisis parmi neuf textes et cahiers de charges.

Pour la catégorie Auteur, la récipiendaire est Stéphanie Gauthier pour la pièce Dix-neuf jours entre paranthèses et pour la catégorie Troupe, Les Productions Francs-Jeux de Laval se méritent le prix.  Un prix de 2000 $ est attribué à l'auteure qui verra son texte joué le 14 juin 2014 à Laval.  Les Productions Francs-Jeux se méritent un prix de 3000 $.

Bon théâtre et bonne danse !

21 novembre 2013

Critique: La Boîte

La Boîte, c'est complètement déjantée.  Un pur moment de délire et d'absurde mené par une bande de jeunes comédiens qui s'en donnent à coeur joie.

Par Robert Boisclair

La Boîte, une puissante entreprise, est dirigée par un PDG mégalomane, Bobby Watson, assisté de sa famille.  L’entreprise maintient la population dans une douce et rassurante léthargie à l’aide de boîtes.  Tout semble aller pour le mieux pour les Watson, mais voilà que se pose le problème de la succession de Bobby.  Pour y remédier, Bobby Watson enlève une jeune femme de la population : Brebis Bérubé.  De ce choix découlera une série d’événements qui changera leur monde à jamais. 

Jacques Lessard, le metteur en scène, et les finissants du Conservatoire d'art dramatique de Québec, se sont inspirés de l'univers absurde d'Eugène Ionesco et, ma foi, ils y excellent.  Le rythme est bon, le texte et l'interprétation sont joyeusement absurdes et déjantés et la folie baigne le spectacle du début jusqu'à la fin et ce, malgré que la première partie soit un peu lente à démarrer.  Le spectacle gagne en rythme et en folie dans la deuxième partie.

La pièce regorge de jeux de mots.  Certains sont un peu faciles, mais la majorité sont absolument lumineux et hilarants.  Les spectateurs de la représentation d'hier soir s'en sont délectés abondamment.  L'interprétation, un peu inégale, est toujours dans le ton d'un univers absurde que l'on prend plaisir à découvrir.  Certaines interprétations s'y démarquent.  Une belle brochette de comédiens que cette nouvelle cuvée du Conservatoire.  Plusieurs d'entre eux se retrouveront sur d'autres scènes de Québec, c'est certain !

Le texte est une critique et un miroir d'à peu près tout ce qui anime le Québec.  On critique tout et son contraire.  La société de consommation comme les carrés rouges passent au tordeur absurde et comique de La Boîte.  N'y chercher pas de grandes réflexions que de bons moments d'une satire vive, drôle et cabotine.

Courez voir ce spectacle, vous ne le regretterez certainement pas.  Vous y passerez un très bon moment.

À Premier acte jusqu'au 30 novembre.  Avec Jean-Denis Beaudoin, Nicola Boulanger, Ariane Côté-Lavoie, Nicolas Drolet, Paul Fruteau de Laclos, Charlie Jutras, Amélie Laprise, Guillaume Pelletier, Annabelle Pelletier-Legros, Guillaume Pepin, Catherine Simard.  Un texte collectif.  Une mise en scène de Jacques Lessard. 

20 novembre 2013

Théâtre: Trois questions à... Jacques Lessard

Trois questions à... est une série qui permet de découvrir, en trois questions, des spectacles d'artistes et d'artisans du théâtre et de la danse qui aiment leur métier et le pratique au quotidien.

Par Robert Boisclair

Jacques Lessard a fondé le Théâtre Repère.  Il a enseigné au Conservatoire d'art dramatique de Québec et mis en scène de nombreuses pièces.  Il est un fan fini d'Eugène Ionesco qu'il a découvert alors qu'il n'avait que 14 ans.  Il termine sa longue et fructueuse carrière en mettant en scène La Boîte, inspiré de l'univers d'Ionesco et présenté à Premier acte du 19 au 30 novembre.

1) Les Enfants du paradisLa Boîte est inspirée de l’univers de Ionesco. Qu’est-ce qui vous fascine tant, ainsi que les finissants du Conservatoire qui participent au spectacle, chez Ionesco ?

Jacques Lessard: Sa façon unique de percevoir le monde qui l’entoure, de cibler ce qui dans le quotidien de chacun est répétitif et finit par perdre son sens. Ionesco est un fin observateur capable de relever dans nos faits et gestes ce qui est vide et vain, ce que nous faisons sans trop y penser, sans réfléchir. Mais au lieu de nous faire la morale, il exacerbe nos travers, les grossit, les examine sous un microscope absurde et humoristique qui nous les renvoie pour qu’on l’évalue nous-mêmes. À la fois caustique, corrosif et carabin, son humour est sans limites. Il déforme les mots aussi bien que les comportements et traque le vide qui se cache dans nos quotidiens irréfléchis. Il fait rire et réfléchir.

2) Les Enfants du paradis: Parle-t-on d’un spectacle de l’absurde dans le plus pur style d’Ionesco ou d’un spectacle néo-absurde ?

Jacques Lessard: C’est Ionesco vu à travers nos yeux, donc certainement pas dans le plus pur style. Nous ne sommes pas des pastiches de Ionesco. On pourrait dire que Ionesco a été pour nous comme une bombe nucléaire dont nous serions les retombées radio-actives. Chacun à notre façon, nous avons absorbé son monde qui est devenu pour notre spectacle une ressource dont nous nous sommes délectés, mais que nous avons régurgitée, chacun à notre manière. Nous nous sommes ensuite rencontrés et avons mis en commun ce que Ionesco nous avait fait ressentir. Et à partir de ça, nous avons écrit un spectacle qui est probablement néo-absurde ou néo-ionescien, mais qui se veut avant tout notre réponse ludique et révoltée au monde absurde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

3) Les Enfants du paradis: L’univers de La Boîte ressemble au monde dans lequel nous vivons ?

Jacques Lessard: Vous trouverez en effet dans notre spectacle un tas de choses de notre quotidien : carrés rouges, collusions, trafic d’influences, exercice éhonté du pouvoir, cupidités en tout genre, refus de voir la réalité, soif inextinguible d’argent, mais aussi refus de s’impliquer, acceptation de la bêtise, inaction, indifférence à autrui, perte des valeurs humaine… tout ça sous un jour exacerbé. La boîte, ce sont tous les bandeaux que nous nous sommes donnés pour refuser de voir que nous nous dirigeons tout droit vers l’abîme et que nous acceptons d’être manipulés au lieu d’agir. C’est ça. Mais avec un regard moqueur. Castigat Ridendo Mores. On corrige les mœurs en riant, répétait Molière après Horace. C’est, croyons-nous, ce à quoi nous nous employons.

Bon théâtre et bonne danse !

19 novembre 2013

Théâtre jeune public: Trois questions à... Juliette Pelletier

Trois questions à... est une série qui permet de découvrir, en trois questions, des spectacles d'artistes et d'artisans du théâtre et de la danse qui aiment leur métier et l'exercent au quotidien.

Par Robert Boisclair

Juliette Pelletier est étudiante à la Polyvalente de l'Ancienne-Lorrette.  Elle est l'auteure du texte Le syndrome de Stockholm, interprété par Mélissa Larivière et présenté dans le cadre des Zurbains 2013 au Théâtre Les Gros Becs du 26 au 29 novembre.

1) Les Enfants du paradis: Avant de participer aux Zurbains, étiez-vous intéressée par l'écriture ou le théâtre ?

Juliette Pelletier: Oui, j'aimais beaucoup écrire dans mes temps libres, des histoires ou des sketchs humoristiques. À l'école, les productions écrites ont toujours été ce que j'aimais le plus faire. De plus, j'ai suivis des cours d'art dramatique en secondaire 1 et 2, et j'ai beaucoup appréciée l'expérience. 

2) Les Enfants du paradis: Que raconte Le syndrome de Stockholm ?

Juliette Pelletier: C'est l'histoire de Camille, une jeune fille qui doit travailler afin d'économiser pour son voyage humanitaire au Guatemala. Un jour, elle se fait kidnapper par un couple de personnes âgées maladroites, et après une suite d'événements (parfois cocasses), elle fait une découverte qui lui ouvre les yeux...

3) Les Enfants du paradis: D'où vient votre intérêt pour ce sujet ?

Juliette Pelletier: Plusieurs personnes pensent que la pauvreté est seulement dans les pays en voie de développement. Un jour, je suis allée faire du bénévolat dans un endroit où ils donnent des repas chauds aux personnes démunies, et je me suis rendue compte que la pauvreté est plus proche qu'on peut le penser. C'est pour sensibiliser les gens à ce sujet que je l'ai mis dans mon texte.

Bon théâtre et bonne danse !

18 novembre 2013

En complément: émission du 18 novembre

La série En complément, vous offre de l'information complémentaire à l'émission de la semaine: des vidéos, des hyperliens ou des photos des spectacles discutés à l'émission.  Doublez votre plaisir en écoutant Les Enfants du paradis et en consultant l'information complémentaire offerte ici.

Par Robert Boisclair

Comparez le commentaire critique de la pièce Visage de feu de Jacqueline Bouchard au mien en cliquant sur ce lien ainsi qu'un extrait et un commentaire du metteur en scène Joël Beddows ici.  Si vous êtes curieux et aimeriez en savoir plus sur la dramaturgie allemande, je vous invite à consulter cet intéressant article de Laurent Muhleisen, paru dans la Revue Jeu.  Vous découvrirez ici le texte de l'auteur de la pièce, paru dans le programme de la soirée lors de la création du spectacle en 1998.  Le spectacle est présenté au Périscope jusqu'au 23 novembre.

Des jeunes auteurs ainsi que Monique Gosselin, metteure en scène de l'édition 2013, font la genèse de l'édition 2011 des Zurbains ici.  L'édition 2013 est en représentation du 26 au 29 novembre aux Gros Becs.  L'extrait vidéo qui suit donne une bonne idée de l'ambiance du spectacle 1, 2, 3, nous avons des droits, présenté au Gros Becs du 19 au 24 novembre.


Les plus curieux d'entre vous pourront consulter la Convention relative aux droits de l'enfant ici ainsi qu'un débat regroupant des adolescents et des adultes autour de la question des droits de l'enfant ci-dessous.


Bon théâtre et bonne danse !

Visage de feu et théâtre jeune public à l'honneur ce soir !

Le théâtre jeune public occupe une place de choix aux Enfants du paradis ce soir. Le théâtre adulte n'est pas en reste avec notre commentaire critique de Visage de feu.

Par Robert Boisclair

L'émission débute avec le commentaire critique de Visage de feu, que présente le Périscope, par Jacqueline Bouchard.  Les deux derniers blocs seront consacrés au théâtre jeune public avec nos interviews de Monique Gosselin, metteure en scène des Zurbains 2013, au deuxième bloc, et Denis Alber, comédien et musicien du spectacle 1, 2, 3, nous avons des droitsau troisième et dernier bloc de l'émission.  Ces deux spectacles sont présentés aux Gros Becs.

Veuillez noter que l'émission du 25 novembre fera relâche pour céder l'antenne au Gros Show, présenté en simultané au Périscope et sur les ondes de CKRL-MF.

Bon théâtre et bonne danse !

16 novembre 2013

Théâtre: Trois questions à... Lucien Ratio

Trois questions à... est une série qui permet de découvrir, en trois questions, des spectacles d'artistes et d'artisans du théâtre et de la danse qui aiment leur métier et le pratique au quotidien.

Par Robert Boisclair

Lucien Ratio est un acteur issu de la cuvée 2005 du Conservatoire d'art dramatique de Québec. Comme créateur, il a, entre autres, co-mis en scène, co-écrit et joué dans le spectacle Japon, et écrit et mise en scène La Fanfare.  À l'occasion du dernier laboratoire, le 25 novembre, et à l'approche du cabaret, les 5, 6, 7, 12, 13 et 14 décembre, du Gros Show au Périscope, Les Enfants du paradis lui posent trois questions.

1) Les Enfants du paradisLe Gros Show c'est trois représentations individuelles et une série de six représentations traditionnelles.  Pourquoi avoir procédé de cette façon pour présenter Le Gros Show ?

Lucien Ratio: Ce ne sont pas trois représentations mais bien trois laboratoires visant à enrichir le texte du cabaret (les six représentations de décembre), à explorer la forme et ses limites et paufiner les personnages. Ces trois laboratoires ne représentent pas la forme finale du cabaret. Il n'y a pas d'histoires, ni de confrontation dans les labos. En décembre, nous verrons ce qui se passe une fois les micros éteints et qu'arrive-t-il quand la radio est prise en otage par un auditeur. Le cabaret est complètement indépendant des labos, il n'y a aucun lien dramatique entre les labos et le cabaret.  Les labos ont aussi servis à populariser notre univers, notre terrain de jeu, c'est un bonus de l'avoir ouvert au public...

2) Les Enfants du paradisLe Gros Show est inspirée de certaines émissions de radio parlée.  Vous vouliez dénoncer ces émissions ?

Lucien Ratio: Je voulais dénoncer le fait que ce n'est pas parce qu'on a un micro ou qu'on passe à la tv que l'on détient la vérité. Je voulais dénoncer qu'on écoute parfois des individus qui n'ont pas l'expérience requise pour porter un jugement sur un fait, qu'on mélange information avec un show, qu'on nous vend de la pub en utilisant des vrais personnes et non des personnages, que si l'on suit une certaine pensée jusqu'au bout sans nuance ça peut-être dangereux, que les auditeurs ne font pas la différence entre un intellectuel, un penseur et un showman, je voulais surtout questionner nos modèles contemporains....

3) Les Enfants du paradis: Avez-vous espoir de changer quoique ce soit dans les formules de ces émissions ?

Lucien Ratio: Là n'est pas la question, la question n'est pas la formule. Moi ce que je veux changer c'est notre manière de consommer les médias comme citoyen. Je ne trouve pas ça sain de tout prendre nos informations à la même place. Ça crée une ligne de penser unique. Comme pour le printemps érable. À l'ère où nous sommes, nous avons le choix de nos infos à porter de main, nous devons les diversifier et ne pas faire confiance à n"importe qui, n'importe quand, n'importe comment....

Bon théâtre et bonne danse !