25 février 2015

Julie - Tragédie canine: ton moqueur

Malgré un titre qui parle de tragédie, ce Julie - Tragédie canine est bel et bien une comédie. Le ton est moqueur même dans le titre, signe que le talent n'attend pas le nombre d'années d'expérience. 

Une critique de Robert Boisclair


Deux jeunes amies, Laurence et Jade, parties faire des emplettes à New York reviennent à la maison. À son retour, Laurence constate que Julie, le chien du couple qu'elle forme avec Guillaume, a disparu. La perte de ce chien qu'elle considère son bébé fait éclater son couple. Guillaume se réfugie chez Jade et Jean-François. L'arrivée inopinée de Guillaume est un drame pour ce couple qui espérait se refaire financièrement avec la vente d'une maison que Jade, agente immobilière de son métier, devait vendre à Laurence et Guillaume. Deux couples en crise aux prises avec une situation qui semble inextricable est la prémisse de base de cette agréable comédie.

Sur les chapeaux de roues
Cette comédie débute avec une engueulade de première entre Guillaume et Laurence. Le ton est immédiatement donné. Courtes scènes, débit rapide et énergie débordante s'invitent et seront présents tout au long de ce spectacle d'environ une heure cinquante.

Le metteur en scène, Jean-Philippe Joubert, parle de ce spectacle comme d'un «show de jeunes». Il y a effectivement, dans ce spectacle, une énergie de jeunes adultes. Débordante est le mot juste. Peut-être un peu juvénile par moments. Les jeunes adultes s'y retrouveront parfaitement, c'était le cas hier soir, les autres y retrouveront cet esprit insouciant qui les habitait autrefois.

Quelques longueurs
Si les scènes sont courtes et assez punchées, les intermèdes vidéos ralentissent passablement le rythme. De plus, ils n'apportent que très peu à l'intrigue principale. À l'exception, peut-être, d'un élément de jeu, une interprétation en réel qui s'insère dans le déroulement de la vidéo, certes intéressant mais un peu plaqué. Les retirer du spectacle permettrait de gagner en rythme et en intérêt de la part du spectateur.

Une mise en scène dynamique
La scénographie simple, que quelques panneaux amovibles que les comédiens déplacent eux-mêmes, un divan et un écran pour les projections, et efficace permet de passer rapidement d'une scène à l'autre. Une belle idée pour assurer un rythme rapide à cette comédie qui roule à une vitesse folle.

La mise en scène de Jean-Philippe Joubert est dynamique, rythmée et la direction des comédiens est excellente. Peu de faux-pas pour cette bande de jeunes diplômés du Conservatoire. Petit bémol alors que certaines répliques se chevauchent, c'est sûrement voulu, mais le spectateur y perd beaucoup. Quelques gags sont inaudibles gâchant le plaisir des spectateurs.

Les comédiennes Pascale Renaud-Hébert et Mary-Lee Picknell sont particulièrement efficaces. Mary-Lee Picknell interprètent merveilleusement bien une Jade, à la fois arriviste, égoïste, totalement imbue d'elle-même et au bord de l'hystérie à la seule idée de perdre la vente de la maison à ses amis. Pascale Renaud-Hébert est excellente dans le rôle de Laurence, une jeune femme un peu matante qui perd toute logique lorsque Julie disparaît. Un beau duo de comédiennes.

À découvrir
Une comédie légère qui offre du bon temps au spectateur: du rythme, de la belle énergie et du rire. Que demander de plus en cette période de grand froid!

À Premier acte jusqu'au 14 mars. Avec Samuel Corbeil, Nicolas Drolet, Mary-Lee Picknell et Pascale Renaud-Hébert. Un texte de Samuel Corbeil et Pascale Renaud-Hébert. Une mise en scène de Jean-Philippe Joubert.

Bon théâtre et bonne danse !

23 février 2015

Intellect et humanité, mystères et déracinements et moments marquants de février

Tout un programme pour cette édition du 23 février. Venez découvrir nos invités allumés et nos chroniqueurs grands amoureux de théâtre ce soir!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

W;t en répétition
Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Lorraine Côté, l'interprète principale de W;t, sera en studio pour nous parler de Vivian, son personnage dans la pièce, qui n'en avait que pour son intellect et qui découvre, à la fin de sa vie, la part d'humanité qu'elle avait enfouie au fond, tout au fond d'elle-même.

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«L'heure n'est plus aux joutes verbales, aux invraisemblables transports
de l'imagination et aux intempestifs changements de perspectives,
aux analogies métaphysiques, au bel esprit. (...)

L'heure est à la simplicité. L'heure est à - oserais-je dire - à la bonté.

Je pensais que le fait d'être extrêmement intelligent règlerait tout.
Mais je me rends compte que j'ai été démasquée. Ooohhh»
Vivian dans W;t
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W;t
Bordée
Du 3 au 28 mars


Deuxième bloc - vers 17h 50

Norge en répétition
Crédit photo: Hélène Bouffard

Kevin McCoy, l'idéateur, l'auteur, le comédien et le metteur en scène de cette belle quête touchante et auréolée de mystères et de déracinements qu'est Norge, sera en studio pour nous parler de ce spectacle.

Norge
Trident
Du 3 au 28 mars


Troisième bloc - vers 18h 10

Le long voyage de Pierre-Guy B.
Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Notre équipe émérite de chroniqueurs se joindra à moi pour vous faire découvrir les moments marquants du mois de février en théâtre. Venez découvrir quels spectacles ont marqué l'imaginaire des membres des Enfants du paradis parmi les spectacles jeune public et adulte du mois qui s'achève. 

Bon théâtre et bonne danse !

22 février 2015

Ça bouge en danse et théâtre à Québec!

Une semaine de bonnes nouvelles pour le théâtre et la danse à Québec. Bref retour sur une semaine fort chargée en actualité théâtrale et dansée dans la capitale.

Par Robert Boisclair


Avec La petite scène, dont je vous parlais hier dans un billet, deux autres annonces théâtrales et dansées occupaient l'espace médiatique de Québec cette semaine.

Théâtre
Tout d'abord, le Carrefour international de théâtre de Québec annonçait le retour du parcours déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant? pour les quatre prochaines années (2015-2018). Quatre nouvelles occasions de découvrir la ville différemment pour les jeunes, les moins jeunes et les touristes (38% des visiteurs du parcours de 2014 étaient des touristes). Trois weekends de pur bonheur dans le Vieux-Québec.
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« Depuis 2009, à chaque nouveau
Où tu vas quand tu dors en marchant…?,
nous invitons les gens à redécouvrir la ville à travers le regard d’artistes
qui la magnifient. Cette fois, ce seront des lieux du Vieux-Québec
qui seront transformés. Grâce à la collaboration de Parcs Canada,
les artistes investiront notamment les secteurs du Parc-de-l’Artillerie
et de l’Îlot des Palais, des sites inspirants autant
par l’histoire que par le relief, lesquels laissent à l’imagination beaucoup d’espace.
On a hâte de voir ce qu’ils nous mitonnent! »
Marie Gignac - Directrice artistique du festival
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Où tu vas quand tu dors en marchant…? sera présenté gratuitement les jeudis, vendredis et samedis, 21-22-23 mai, 28-29-30 mai et 4-5 et 6 juin, de 21 h à 23 h en continu dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec.

Danse
Cette semaine, la nouvelle dansée venait par paire. Quelle excellente nouvelle que cette annonce d'une aide financière pour l'aménagement de la Maison pour la danse de Québec. Enfin, le projet verra le jour. Futur incubateur de talents et de productions, cet espace entièrement dédié à la danse permettra de voir la danse prendre encore plus son envol à Québec. Il était temps que la danse trouve un lieu pour s'épanouir pleinement! L'inauguration du lieu aura lieu à la fin de 2016.

Photo prise à l'occasion de la conférence de presse
annonçant l'aménagement de la Maison pour la danse

Bon théâtre et bonne danse !

21 février 2015

La petite scène s'offre une 3e édition!

Bloquez votre 4 mars pour assister à la 3e édition de La petite scène. Une soirée pleine de découvertes en compagnie de danseurs et de Maxime Robin.

Par Robert Boisclair


Le spectacle qui débutera à 20h propose un programme dansé sous le thème de la nordicité. À cette occasion vous découvrirez de courtes pièces dans une formule cabaret. Les artistes suivants développeront le thème de la nordicité:

Josiane Bernier
Ariane Dubé-Lavigne
Jennifer McLeish-Lewis
Aurélie Pedron
Fabien Piché
Sébastien Provencher
Shay Kuebler
Paco Ziel et Diana Leon

Ils travailleront de pair avec les codirecteurs artistiques Jean-François Duke et Caroline Simonis. Le comédien de Québec Maxime Robin sera le maître de cérémonie de cette soirée relaxe et dansée. De courtes pièces de 5 à 7 minutes seront présentées au public qui pourra apprécier le spectacle un verre à la main. Une occasion à ne pas rater le 4 mars!

Bon théâtre et bonne danse !

17 février 2015

Oh les beaux jours: oh le beau spectacle!

Une belle surprise que ce Oh les beaux jours qui nous arrive directement de France. La merveilleuse Catherine Frot y rayonne dans un rôle qui semble taillé sur mesure pour elle.

Une critique de Robert Boisclair


Quelque part dans un désert brûlant, Winnie, une femme bien vivante mais ensevelie dans un promontoire de terre et lichen, est prisonnière de son immobilité. Elle n'a pour ami que Willy, son mari, un être à l'état larvaire, très peu volubile et plutôt bougon. Pour passer le temps, Winnie babille constamment. Des banalités, des petits riens qui meublent ses journées.

Rayonnante Frot
Dans ce spectacle, qui n'est qu'un long monologue de Winnie entrecoupé de quelques grognements et de très courtes répliques de Willy, Catherine Frot est vibrante d'humanité. Elle souhaitait interpréter ce rôle depuis longtemps et l'attente en valait la peine. Winnie lui sied à merveille.

La Winnie de Frot est candide, lunaire et tellement attachante. Elle chante la vie. Dans ses petits riens.  Elle y glisse un parfum d'humour qui lui est très personnel. Doucement. Tranquillement. Comme la vie qui s'écoule lentement. Sa Winnie est bien vivante malgré un état larvaire qui l'empêche de bouger, d'agir. Malgré cet immobilisme Winnie vit. Très bien. Et Catherine Frot incarne merveilleusement ce bonheur, cette joie de vivre, cette appréciation des petits moments répétitifs qui font les beaux jours de Winnie.

Petits bonheurs perpétuels
Les petits bonheurs perpétuels que Winnie s'offre tout au long de la pièce rappellent l'urgence de vivre. De profiter de chaque moment. Ou n'est-ce que du babil perpétuel? Pour meubler le temps. Pour combler ce vide que nous abhorrons. Je penche plutôt pour l'acharnement à vivre. Beckett décrivait Winnie comme un «être en apesanteur que la terre cruelle dévore». Winnie, malgré son état, est animé d'une envie folle de vivre. De résister. De se battre. Pour la vie. Pour elle.

La Winnie de Catherine Frot est lucide, un brin mélancolique mais joyeuse, vivante. C'est là, l'essence même de son personnage. Et c'est ce qu'incarne Catherine Frot. Magistralement.

Une mise en scène sobre
Pas de flafla. Une protubérance trône au centre de la scène. Amas de terre et de lichen au centre duquel s'enlise le personnage principal. Derrière une toile immense. Espace infini ou céleste. On ne sait trop. Merveilleux contraste qui s'oppose à l'état de prisonnière de Winnie.

Quelques accessoires occupent l'espace environnant de Winnie. Un sac rempli de babioles, qui ne seront distillés que parcimonieusement tout au long de la pièce, et une ombrelle. Des éclairages sobres mais lumineux à la fois viennent compléter l'ambiance. Nous sommes nulle part et partout à la fois.

L'ambiance est créée et ouvre la porte, toute grande, à la Winnie positive et légère, lucide et rêveuse que nous offrent Marc Paquien, le metteur en scène, et Catherine Frot.

Oh le beau spectacle!
On les beaux jours est un petit bijou qu'il faut aller voir. Malheureusement, les représentations à Québec sont complètes. Si le coeur vous en dit, offrez-vous le Théâtre du Nouveau Monde à Montréal. La production y tiendra l'affiche du 21 au 26 février. Et, peut-être, comme moi, vous aurez envie de vous exclamer «Oh le beau spectacle!»

À la Bordée jusqu'au 18 février et au Théâtre du Nouveau Monde du 21 au 26 février. Avec Catherine Frot et Éric Frey. Une mise en scène de Marc Paquien.

Bon théâtre et bonne danse !

16 février 2015

Tragédie canine, rêves pixélisés et biographie fictionnelle acadienne!

Tragédie, rêves et biographie s'offrent à vous dans notre formule radiophonique dès 17h 30 ce soir. Serez-vous avec nous pour découvrir ces univers?

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30


Julie - Tragédie canine s'invite aux Enfants du paradis. Samuel Corbeil et Pascale Renaud-Hébert, idéateurs, créateurs et comédiens occuperont les sièges des invités dès 17h 30.

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« Guillaume, la confiance, là, c’est comme un lac.
Ça prend du temps à remplir, pis ça prend rien qu’une p’tite sécheresse pour le vider.
Mais après, là, le lac, ben y’é vide pour un bout’.»
Extrait de Julie - Tragédie canine
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Julie - Tragédie canine
Premier acte
Du 24 février au 14 mars


Deuxième bloc - vers 17h 50


Michel Lefebvre, idéateur et metteur en scène du spectacle jeune public Dreaming Now sera avec nous pour nous parler de ce spectacle présenté dans le cadre du Mois Multi.

Dreaming Now
Salle Multi de Méduse
28 février


Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Gilles Landry

Émilie Rioux, notre chroniqueure émérite, sera avec nous pour nous donner son appréciation du spectacle Le long voyage de Pierre-Guy B.

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Le long voyage de Pierre-Guy B.
Périscope
Jusqu'au 28 février

Bon théâtre et bonne danse !

13 février 2015

Le chant de Meu: amitié masculine

Le chant de Meu invite le spectateur dans l'univers de l'amitié masculine. Incursion dans le non-dit masculin.

Une critique de Robert Boisclair


En plein coeur de la nuit, Alain cogne à la porte de son ami Marco. Il espère s'y caché. Il est ensanglanté. Il raconte sa soirée. Elle s'annonçait festive. Elle se termine dans le sang. D'une vache. D'un chevreuil. D'un homme.

Amitié masculine
S'il est question de chasse et de violence, ce n'est point le thème central de la pièce. Tout tourne autour de l'amitié masculine. Forte et fraternelle pour ces deux amis. Amitié qui se transforme en trahison. Marco ne pouvant garder ce secret pour lui, il trahira son ami en le dénonçant à la police. L'amitié tourne au cauchemar mais demeure tout de même. Les deux hommes seront toujours amis mais à quel prix et, surtout, sous quelle forme.

L'amitié masculine s'exprime souvent à demi-mots. Et c'est le cas ici, particulièrement dans le dernière scène. Ces deux amis n'arrivent pas à se dire la vérité, à s'avouer l'inavouable si ce n'est à demi-mots, avec des silences ou des banalités qui cachent des sentiments bien légitimes. Le spectateur que je suis aurait aimé un peu plus d'ouverture de la part de ces personnages brisés. Ils sont au pied du mur. Un peu d'ouverture aurait été de bon augure.

Manque à combler
Lors de l'annonce et la description de l'acte violent accompli par Alain, Marco n'éprouve que bien peu d'émotions. Et cela étonne. Le metteur en scène a sans doute choisi de mettre de l'avant le texte en lui donnant toute la place mais le peu de réaction de Marco laisse pantois. Il n'est pas choqué, alarmé ni étonné. Et cela crée un malaise qui se perpétuera pendant toute la représentation.

Dans cette histoire d'amitié profonde, il y a beaucoup de soliloques et bien peu de dialogues. Quelques dialogues auraient sans doute permis de mieux saisir la force de l'amitié de ces deux hommes rustres mais attachants. Sans eux, la relation quasi-fraternelle est pratiquement absente. On la sent peu. Pas suffisamment en tout cas. Même si on la devine.

De beaux flashs de mise en scène
Malgré une scénographie épurée, une chaise, un petit réfrigérateur et quelques vêtements éparpillés sont les seuls accessoires, la pièce offre quelques beaux flashs de mise en scène. Comme cette belle idée d'ouvrir la porte du petit réfrigérateur pour représenter les phares d'un véhicule.

L'image de la chaise vide éclairée alors qu'Alain, emprisonné à ce moment, jette un regard sur cette chaise alors que son ami a quitté est d'une poésie sans nom. Tout est là!

Écriture brute
Le ton y est résolument masculin, l'écriture brute et le tout imparfait. La pièce vaut tout de même le détour. À voir pour faire une incursion dans l'univers masculin d'une manière un peu superficielle mais intéressante tout de même.

À Premier acte jusqu'au 14 février. Avec Martin Dubreuil et Jean-René Moisan. Une mise en scène de Benoît Desjardins.

Bon théâtre et bonne danse !

11 février 2015

Le long voyage de Pierre-Guy B.: fascinant!

Ce n'est pas à un long voyage à travers le monde auquel nous convient Philippe Soldevila, Christina Essiambre et Pierre Guy Blanchard mais à une magnifique épopée intérieure. Voyage au coeur de l'être humain.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Gilles Landry

Au bout du rouleau, le musicien Pierre-Guy B., qui transportait sa musique à travers le monde, pose ses valises dans le petit patelin qui l'a vu naître, Charlo. Une petite maison perdue au milieu de nulle part mais avec une vue imprenable sur la mer, lui sert de refuge. Son ami Christian E. vient le visiter alors qu'il s'apprête à se marier. Rencontre de deux univers, de deux mondes mais, surtout, de deux amis aux univers diamétralement opposés mais que tout réunit.

En mode conte
Le décor est planté. Du côte jardin de la scène, que quelques accessoires. Une chaise, un micro ou deux. Un décor épuré. Bien rangé. Organisé. Planifié. Comme la vie de Christian E. qui occupera cet espace. Du côté cour, un capharnaüm occupé principalement par des instruments de musique, des systèmes de toutes sortes pour organiser la musique et des sons. Mais aussi par quelques meubles, de la bière et quelques boissons exotiques. Un univers qui transpire l'errance, la musique, la recherche constante voire la contestation. Comme la vie de Pierre-Guy B. qui occupera cet espace.

L'histoire débute alors que Pierre-Guy B. est en retrait dans son espace, son monde. Il erre sans doute. Christian E. invite le spectateur dans un conte qui l'amènera de Lévis à Charlo. Christian E. est fantastique dans ses nombreuses envolées. C'est un conteur hors-pair qui entraîne le spectateur dans 2, 3 ou même 4 histoires en même temps. Parfois, les personnages et les histoires se retrouvent dans la même phrase. Un petit exercice mental pour le spectateur qui n'est pas difficile du tout.  Christian E. ne perd pas le spectateur une seule seconde.

Pierre-Guy B. n'apparaît que partiellement pendant toute la première partie. Le conte que nous offre Christian E. est tellement fascinant que l'on a hâte de découvrir ce Pierre-Guy B. qui n'arrive que plus tard. Mais lorsque le spectateur découvre le personnage, il est totalement charmé. D'abord par le talent naturel de Pierre-Guy B. Ce musicien qui a fait de l'impro prouve à merveille qui il est dans son univers lorsqu'il est sur scène. C'est là qu'il s'éclate. Qu'il est heureux.

C'est également un musicien hors-pair. Chacune de ses prestations charme. Découvrir Pierre-Guy B. en concert doit être une expérience incroyable. Il n'effectue malheureusement que quelques prestations pendant le spectacle, qui se glissent à merveille dans la trame narrative et qui envoutent le spectateur. Le spectateur en demande bien plus. Comme le dit si bien Christian E., il a des mains extraordinaires et un talent fou.

Pierre-Guy B. est un personnage à la force brute mais fragile en même temps, qui se cache derrière ses instruments, sa musique. Un être d'une seule pièce qui ne fait aucun compromis. Il a des principes et s'y tient. Il ne les impose pas aux autres. Il les applique. À lui-même. Je suis persuadé que son entourage l'aime pour ce qu'il est, un être entier, aimant même s'il ne le dit pas toujours. Il l'exprime autrement.

Clash d'univers
La rencontre de Christian E. et de Pierre-Guy B. fait des étincelles. L'idéaliste, Pierre-Guy B. et le réaliste ou pragmatique Christian E. se côtoient, s'aiment, se détestent mais ils ont terriblement besoin l'un de l'autre. Ils sont l'antithèse l'un de l'autre. Chacun se nourrit de l'autre pour mieux se comprendre, s'apprivoiser et grandir. De ce clash, tous les deux grandissent merveilleusement.

C'est à un véritable voyage au coeur de l'humain que nous convient Philippe S., Pierre-Guy B. et Christian E. Un spectacle qui suscite le questionnement de nos propres vies et sur de grandes et petites questions de la vie. Dit-on toujours la vérité à nos proches? Qu'est-ce qui est superficiel? Qui suis-je vraiment?

Forme éclatée
Deux univers opposés demandaient une mise en scène éclatée. Et c'est ce que nous offre Philippe Soldevila et son équipe de concepteurs. Deux personnages clairement défini, une scénographie adaptée aux deux personnages, de la musique et des effets sonores en direct qui vont dans toutes les directions, et c'est parfait comme ça, des dialogues éclatés et punchés, des moments d'humour, d'autres plus touchants. Tout est là pour nous faire vivre les aventures et les émotions de nos deux personnages. On a l'impression d'être avec eux à Lévis, dans la cambuse de Charlo ou en voyage avec Pierre-Guy B.

Les éclairages semi-ombrés créent une merveilleuse intimité. Et puis, il y a ce naturel entre les comédiens. Ils ont gardé cette complicité, qui unit dans la vraie vie les comédiens, sur scène. Une accolade en début de spectacle. Un pouce en l'air à la fin. L'amitié brute dans toute sa splendeur. Au début. À la fin. Et tout au long du spectacle.

Fascinant!
Pierre-Guy B. est un être fascinant qu'il faut découvrir. Le long voyage de Pierre-Guy B. est un spectacle qu'il faut voir. Pour mille raisons. Je vous en ai donné quelques-unes. Courez acheter votre billet pour découvrir les autres.

Au Périscope jusqu'au 28 février. Avec Pierre Guy Blanchard et Christian Essiambre. Une mise en scène de Philippe Soldevila.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Philippe Soldevila et Pierre Guy Blanchard (au début de l'émission du 2 février).

Bon théâtre et bonne danse !

9 février 2015

Conte réinventé, théâtre dansé et inédit théâtral

Du conte à l'inédit théâtral, Les Enfants font dans la diversité ce soir. Une émission à ne manquer sous aucun prétexte!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

Arleen Thibault

La conteuse émérite Arleen Thibault sera en studio pour nous présenter son tout nouveau spectacle qui tiendra l'affiche cette semaine. Un peu de conte au menu des Enfants ce soir!

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Très court extrait du spectacle Le voeu
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Le voeu
Palais Montcalm
Le 12 février


Deuxième bloc - vers 17h 50

Les chaises
Crédit photo: Rolline Laporte

Le chorégraphe et metteur en scène Pierre-Paul Savoie sera en conversation téléphonique pour nous parler de l'adaptation dansée de la pièce de théâtre Les chaises d'Eugène Ionesco.

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Extrait du spectacle Les chaises
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Les chaises
Gros Becs
Du 11 au 15 février


Troisième bloc - vers 18h 10


Véronika Makdissi-Warren nous entretiendra de la Carte blanche que présente le Théâtre Niveau Parkeing ce soir à 19h 30. Le spectacle s'intitule Outrage en bouche et propose un inédit théâtral à Québec.

Outrage en bouche
Le Cercle
9 février

Bon théâtre et bonne danse !

5 février 2015

Trois questions à... Lise Vaillancourt

Trois questions à... est une série qui permet de découvrir, en trois questions, des spectacles d'artistes et d'artisans du théâtre et de la danse qui aiment leur métier et le pratique au quotidien.

Par Robert Boisclair

Crédit photo: Rolline Laporte

Lise Vaillancourt est adaptatrice et dramaturge du spectacle de danse-théâtre Les chaises que présente Les Gros Becs en codiffusion avec la rotonde du 11 au 15 février. Les Enfants du paradis lui posent trois questions au sujet de cette production.

1) Les Enfants du paradis: Était-ce difficile d'adapter la pièce en spectacle dansé?

Lise Vaillancourt: La première chose qui frappe dans un texte de Ionesco est la précision de ses indications scéniques dont la majorité sont des indications du mouvement des personnages et des objets. C'est cette constatation qui m'a amené à penser à une adaptation pour danseurs. Je me suis dit qu'un chorégraphe serait sensible à ces indications. J'ai donc adapté le texte en retirant la moitié des répliques mais en gardant intégralement les indications scéniques.

2) Les Enfants du paradis: Comment choisit-on les portions de texte à conserver?

Lise Vaillancourt: Le choix des coupures a été fait en collant à l'essentiel du propos. Ionesco, il faut bien le dire, est quand même un auteur bavard. Moi qui travaille de près avec des danseurs depuis 8 ans, je savais que l'écriture chorégraphique ajouterait une couche à cette proposition du théâtre de l'absurde.

3) Les Enfants du paradis: Le chorégraphe a-t-il participé au travail d'adaptation du texte?

Lise Vaillancourt: J'ai fait le travail d'adaptation seule. Mais c'est le chorégraphe qui a ensuite imaginé tout le mouvement qui s'amalgamerait complètement au texte de sorte de s'approcher d'un désir d'Ionesco d'un théâtre total, c'est-à-dire qui comprend le clown, le mouvement, l'acrobatie.

Apprenez en plus sur ce spectacle en visitant le site web des Gros Becs ici.

Bon théâtre et bonne danse !

3 février 2015

L'importance d'être constant: a nice cup of tea!

Humour subtil et maniérisme victorien ponctuent cette charmante comédie qui se laisse apprivoiser doucement pendant près de deux heures. 

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Yves Renaud

Jack Worthing et Algernon Moncrieff sont deux jeunes dandys britanniques qui mènent une double vie pour échapper à une vie sociale morne et ennuyeuse. Tout va pour le mieux, jusqu'à ce qu'ils tombent amoureux. De quiproquos en promesses de mariage, les élues de leur coeur finiront par découvrir le stratagème.

À gros traits
Double vie, artifices et paraître sont les thèmes dominants de ce spectacle. La mise en scène et, particulièrement, la scénographie jouent sur ces thèmes de belles façons. Dès le lever du rideau une immense tasse de thé géante occupe le plateau central de la scène. Tout au long du spectacle des accessoires surdimensionnés, comme cette immense cuiller qui sert de lit et de siège, ces cubes de sucre aux dimensions parfaites pour occuper la tasse géante ou encore cette rose rouge démesurément grande apparaissent.

Dans un monde où le paraître et les artifices sont roi, l'image surdimensionnée de ces accessoires n'en est que plus appropriée. Et puis, tout cela fait sourire. On a plaisir à découvrir les objets et à observer l'utilisation qu'il en est fait. De beaux moments à chaque fois. Tout ça donne une lecture grossissante fort rafraîchissante. Et ramène l'égo des personnages à une dimension plus raisonnable, dirons-nous!

Prendre son envolée
S'il y a bien un défaut à cette pièce, c'est le temps qu'elle prend à prendre son rythme. Une fois le rideau levé et la surprise de découvrir la tasse de thé géante, l'intrigue prend un certain temps à lever. Le rire et le sourire ne sont pas immédiats. Il faut un bon quinze minutes pour que tout ça passe au mode comédie.

Lorsque le démarrage est effectué, tout baigne. Ce n'est pas un rire franc, ou si peu, mais on prend plaisir à voir ces deux dandys se dépêtrer de situations inextricables. Le jeu des comédiens et les situations font régulièrement sourire et rire à plusieurs reprises.

Agréable moment
Un agréable moment passé en compagnie de la Grande-Bretagne victorienne. Une production qui fait sourire et rire. A nice cup of tea my dear!

La pièce n'était présenté qu'une seule fois à la Salle Albert-Rousseau hier soir. Avec Anne-Élisabeth Bossé, Patrice Coquereau, Maxime Denommée, Vincent Fafard, Henri Chassé, Richard Lalancette, Virginie Ranger-Beauregard et Julie Vincent. Une mise en scène d'Yves Desgagnés.

Apprenez en plus sur ce spectacle en écoutant notre interview avec Anne-Élisabeth Bossé (vers la vingtième minute de l'émission du 19 janvier).

Bon théâtre et bonne danse !

2 février 2015

Biographie fictionnelle, villes imaginaires et hommage senti à nos ancêtres!

Le théâtre s'éclate sous différentes formes aux Enfants ce soir. Venez découvrir des artistes allumés qui parlent avec passion de leur spectacle!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

Ode à la musique et à sa famille,
Le long voyage de Pierre-Guy B.
révèle une facette de la personnalité de l’artiste
complètement éclatée, sans contrainte,
donnant des instants sublimes. - Sylvie Mousseau, L'Acadie nouvelle.
Crédit photo: Gilles Landry

Le metteur en scène et et coauteur Philippe Soldevila ainsi que le comédien et co-auteur Pierre Guy Blanchard du spectacle Le long voyage de Pierre-Guy B. occuperont les sièges des invités pour nous faire découvrir cette biographie fictionnelle.

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Le long voyage de Pierre-Guy B.
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Le long voyage de Pierre-Guy B.
Périscope
Du 10 au 28 février


Deuxième bloc - vers 17h 50

Villes, collection particulière
Crédit photo: Mathieu Doyon

Olivier Ducas, idéateur, metteur en scène et seul comédien sur scène sera en conversation téléphonique pour nous entretenir de Villes, collection particulière, un spectacle hors de l'ordinaire.

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Extraits de Villes, collection particulière.
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Villes, collection particulière
Studio d'essai de Méduse (dans le cadre du Mois multi)
Les 6 et 7 février


Troisième bloc - vers 18h 10

St-Agapit 1920
Crédit photo: Cath Langlois

Émilie Rioux se joindra à moi pour nous parler de ce spectacle atypique et doucereux que présente Premier acte pour encore une semaine.

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Bande annonce de St-Agapit 1920.
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St-Agapit 1920
Premier acte
Jusqu'au 7 février

Bon théâtre et bonne danse !