27 avril 2015

Une émission 100% commentaire critique ce soir!

Mois qui s'achève signifie une pluie de commentaires critiques sur les spectacles du mois. Retour sur un mois fort intéressant en matière théâtrale!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30


Marc Proulx sera en studio avec nous pour parler du Macbeth vivifiant qu'offre le Trident aux spectateurs de Québec.

Macbeth
Trident
Jusqu'au 16 mai


Deuxième bloc - vers 17h 50

Crédit photo: Cath Langlois

Usages poursuit sa course à Premier acte pour une dernière semaine. Émilie Rioux vient nous parler de ce spectacle qui aborde le poids du regard des autres sur l'image des presque trente ans d'aujourd'hui.

Usages
Premier acte
Jusqu'au 2 mai


Troisième bloc - vers 18h 10

Frédérique Bradet dans Le NoShow

Le Panel théâtre d'avril s'intéressera aux spectacles Moi, dans les ruines rouges du siècle, Le NoShow, Macbeth, La chatte sur un toit brûlant et Usages. Je serai en compagnie d'Émilie Rioux et Marc Proulx pour vous révéler les spectacles préférés de l'équipe. Ne manquez surtout pas ça!

Bon théâtre et bonne danse !

26 avril 2015

Le NoShow: tout un show!

Drôle et touchante réflexion sur le statut de l'artiste que ce NoShow. Alexandre Fecteau et sa bande de joyeux drilles, malgré un statut d'artiste pas toujours facile, livrent un spectacle à mi-chemin entre la conférence, le documentaire et le théâtre. Retour sur tout un show!

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois

Il est bien difficile de définir Le NoShow puisque cette production tient à la fois du théâtre, du documentaire et de la conférence. Disons que le spectacle débute alors que le spectateur est convié à une assemblée générale annuelle qui glisse rapidement pour prendre le mode du documentaire et de l’autofiction qui devient, par moments, de l'autodérision. Et ce, même s'il y a peu à rire en matière de rémunération et de qualité de travail des comédiens. Le NoShow s'attaque au mythe tenace de l’artiste grassement subventionné et questionne la valeur de l’art.

Le NoShow pose si bien la question que le spectateur, qui aura choisi le montant de sa place, devra également choisir les comédiens qui resteront sur scène si la cagnotte du soir n'est pas suffisante pour payer décemment chaque comédien. C'est ce qui est arrivé alors que quatre comédiens sur sept, la cagnotte ne permettait que trois comédiens mais après un repêchage in extremis grâce à une quête dans la salle un quatrième comédien a pu se joindre au trio, ont offert le spectacle samedi soir. Spectacle amputé, bien sûr, de ses portions interprétés par les comédiens expulsés.

Un événement à ne pas manquer!
Le NoShow est une spectaculaire mise à nu du statut de l'artiste et, pourquoi pas, de l'art théâtral. Les comédiens donnent sur le ton de la conférence, assez rigolote d'ailleurs, un spectacle qui séduira même le plus ardent défenseur des «BS de luxe» du domaine artistique ou encore du bien connu «l'art, c'est de la marde». C'est à un réel événement auquel le spectateur participe. L'ambiance est à la fête. Le plaisir d'être en compagnie d'autres humains et de partager un moment privilégié est palpable dès l'entrée en scène.

Ici, le spectateur devient participant, voire un ingrédient important au spectacle, du début à la fin. Il a même droit à une bataille de guimauves, question de retrouver le plaisir des comédiens. Je ne vous en dis pas plus, il faut participer au spectacle pour savoir de quoi il en retourne exactement. Les interventions du spectateur sont nombreuses: fixation du prix du spectacle, votation, appels téléphoniques en cours de représentation et interpellation par les comédiens.

Seul bémol à ce spectacle, il s'adresse à des convertis. Si vous êtes dans la salle, c'est que vous aimez le théâtre et que vous connaissez, fort probablement, l'état précaire de nos artistes. On corrige le tir de belle façon à la fin du spectacle, qui ne finit pas vraiment d'ailleurs, en passant un pacte avec un spectateur. Le comédien Christian Essiambre s'engage à donner une autre année de bon théâtre si un spectateur dans la salle amène un ami qui n'a jamais fréquenté le théâtre dans une salle au cours de la semaine suivante. Une belle façon d'aller chercher de nouveaux spectateurs.

Une belle énergie
Quelle belle énergie de l'ensemble de la distribution! Le ton est à la rigolade par moments, plus sérieux à d'autres mais toujours généreux et d'un naturel désarmant. Doute, rage, déceptions, petits bonheurs, plaisirs de jouer, magie de la représentation, complicité, tous ces beaux moments, ils nous les partagent. Comment ne pas aimer le théâtre quand on nous en parle si amoureusement? Et avec un tel talent également.

Même si toute la distribution est excellente mes coups de coeur vont tout de même à Frédérique Bradet, au comique naturel et qui sait si bien jouer de toutes les émotions, et Christian Essiambre, au jeu physique et qui possède un talent de conteur incroyable. Petit aparté pour Christian Essiambre ici: vais-je m'éviter une scène de chaise avec cette critique? Si vous avez vu le spectacle, vous savez que ce comédien pique une crise contre un critique pendant le spectacle. Si vous ne l'avez pas vu, courez voir Le NoShow. La crise, à elle seule, vaut le déplacement.

Tout un show!
Un spectacle événement qu'il faut voir! Pour sa réflexion drôle et touchante. Pour l'événement spectaculaire et participatif qu'il offre au spectateur-participant. Pour l'amour du théâtre qu'il véhicule si bien. Moi qui suis un fan fini, j'en suis ressorti avec un plaisir renouvelé envers l'art qui me passionne tant. Alors, si vous n'êtes pas un fan de théâtre, précipitez-vous pour voir ce spectacle. Si vous n'aviez qu'un seul spectacle à voir, c'est celui-ci. Mais je doute que ce soit le cas. Vous voudrez sûrement vous offrir ce bonheur avec un autre spectacle. Allez! Prenez votre billet et offrez-vous deux heures de découvertes et de bonheur. Vous ne le regretterez pas.

Au Périscope jusqu'au 2 mai. Avec Francesca Barcenas, François Bernier, Frédérique Bradet, Christian Essiambre, Hubert Lemire, Florence Longpré et Julien Storiniée. Un texte de François Bernier, Alexandre Fecteau, Hubert Lemire et Maxime Robin avec la collaboration des acteurs. Une mise en scène d'Alexandre Fecteau.

Bon théâtre et bonne danse !

25 avril 2015

Macbeth: fureur et noirceur

Marie-Josée Bastien propose un Macbeth empli de fureur et de noirceur. Un théâtre vivifiant et une façon d'être alerté des routes qui conduisent au pire.

Une critique de Robert Boisclair


Il était une fois le noble et ambitieux Macbeth. Très proche de son Roi, Duncan, il prend ses distances, un peu poussé par sa femme. Puis le trucide, prend sa place et sa couronne. Débute alors un règne meurtrier où Macbeth, guidé par la peur, la culpabilité et la hantise de se voir déposséder de son trône, entreprend de faire assassiner tous ceux qui pourraient le lui ravir.

Une belle mise en scène
Marie-Josée Bastien offre une vivifiante mise en scène de ce chef-d'oeuvre shakespearien. Elle installe le spectacle dans un environnement à la fois contemporain, avec ses murs et ses tables métallisés, et moyen-ageux, avec ses costumes médiévaux.

Il y a, dans cette mise en scène, une sorte de course folle. Les entrées sont au pas rapides dans une scène épurée au maximum. Les événements se bousculent et déferlent. Plus Macbeth s'enfonce dans la violence, plus son univers se déglingue. Le capharnaüm s'installe jusqu'à ne devenir qu'un amas flou de l'univers de Macbeth qui s'effondre. L'environnement sonore et l'éclairage contribuent énormément à cette aura de fin du monde. L'ambiance est sombre, noire. L'éclairage également. Le chaos envahit la scène et le palais de Macbeth.

Énergie sans faille
Les comédiens investissent le plateau avec une maîtrise et une énergie sans faille. La performance d'Érika Gagnon est particulièrement prenante. Sa Lady Macbeth est saisissante, aussi maîtresse d'elle-même dans l'élaboration des complots que fragile au moment de sa mort. Jean-Sébastien Ouellette offre également une excellente interprétation de Macbeth. L'ensemble manque, par contre, d'une touche émotionnelle.

La traduction de Paul Lefebvre est magnifique. Le texte de Shakespeare, qui sous d'autres plumes coule plus durement, est d'une clarté limpide. Les mots glissent. Le bonheur d'entendre ce texte est total.

Un spectacle vivifiant
Un spectacle vivifiant qui clôture merveilleusement bien la saison du Trident. À voir pour Gagnon, Ouellette et la mise en scène de Bastien. Un Macbeth qui marque les esprits.

Au Trident jusqu'au 16 mai. Avec Charles-Étienne Beaulne, Claude Breton-Potvin, Samuel Corbeil, Jean-Michel Déry, Chantal Dupuis, Érika Gagnon, Eliot Laprise, Véronika Makdissi-Warren, Christian Michaud, Jean-Sébastien Ouellette, Lucien Ratio, Jack Robitaille et Réjean Vallée. Un texte de William Shakespeare dans une traduction de Paul Lefebvre. Une mise en scène de Marie-Josée Bastien.

Bon théâtre et bonne danse !

20 avril 2015

Opium, Édredon et chatte se croisent aux Enfants ce soir!

Une émission où l'opium, un édredon et une chatte se côtoient, c'est bien possible! La preuve ce soir aux Enfants du paradis.

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30


La performance sonore Opium sera du premier bloc de l'émission alors que Mathieu Campagna sera en conversation téléphonique pour nous parler de ce spectacle hors-norme.

Méduse


Deuxième bloc - vers 17h 50

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Marc Proulx sera en studio pour nous parler de La chatte sur un toit brûlant que présente la Bordée jusqu'au 9 mai.

La chatte sur un toit brûlant
La Bordée
Jusqu'au 9 mai


Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Laurence P. Lafaille et Audrey Marchand seront avec nous pour nous entretenir du spectacle jeune public Édredon.

Édredon
Gros Becs
Du 24 avril au 3 mai

Bon théâtre et bonne danse !

18 avril 2015

Symphonie dramatique: savant alliage

Hélène Blackburn et sa compagnie Cas public offre aux amateurs de danse de Québec une version modernisée du Roméo et Juliette de Shakespeare. Un savant alliage qui séduit.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Damian Siqueiros

Hélène Blackburn s'est offert le bonheur de revisité Roméo et Juliette de Shakespeare. Avec la complicité des danseurs, elle propose une version modernisée de ce classique qui allie théâtre, des extraits sont offerts au public par le danseur et comédien Marc-André Poliquin, et danse. Le savant alliage ne s'arrête pas avec ce mélange des arts. Le ballet classique, avec ses mouvements pointés, s'invite au bal en compagnie de la danse contemporaine.

Des Roméos et des Juliettes 
Dans ce spectacle, il n'y a pas qu'un Roméo et qu'une Juliette mais plusieurs. Au spectateur de choisir parmi les cinq danseurs et les trois danseuses, le Roméo et la Juliette de son choix. Ils ne sont pas les seuls protagonistes de la pièce de théâtre à faire leur apparition. Mercutio et Tybalt s'invite au spectacle également. Si Roméo et Juliette sont les plus célèbres amoureux de la littérature, la pièce est aussi une histoire de rivalité profonde entre deux clans, deux familles. Cela donne un spectacle fort dynamique où l'énergie débordante des danseurs et danseuses trouvent un exutoire.

Cas public offre un spectacle endiablé, rythmé et techniquement audacieux. Tout ça sur une musique métissée. Des oeuvres classiques de Prokokiev et Gounod, entre autres, remixées par Martin Tétrault donnent un ton à la fois moderne et classique. Un mélange qui sied à merveille aux chorégraphies mixtes de ballet classique et de danse contemporaine. La musique et la danse se confrontent alors aux scènes d'amour, enlacements et autres contacts charnels mais également aux mouvements aériens, chorégraphies audacieuses et gestes de combats.

Dans ce spectacle où les changements se font à vue, les chorégraphies se succèdent à un rythme effréné. Peu de pauses pour les danseurs. Quelques accessoires, fort bien utilisés, meublent la piste de danse qui sera couverte de part en part. Quelques moments du spectacle sont marquants comme ce bal masqué où les danseurs offrent une magnifique performance.

Un spectacle à ne pas manquer
Partez à la découverte de ce spectacle où souplesse et mouvements osés et aériens occupent toute la place. Un spectacle marquant à découvrir avant qu'il ne termine sa course ce soir.

Une présentation de La Rotonde à la Salle Multi de Méduse pour une dernière fois ce soir. Avec David Campbell, Alexandre Carlos, Roxane Duchesne-Roy, Daphnée Laurendeau, Isabelle Paquette, Marc-André Poliquin, Mickaël Spinnhirny et Cai Glover. Une chorégraphie d'Hélène Blackburn.

Bon théâtre et bonne danse !

17 avril 2015

La chatte sur un toit brûlant: envoûtant!

Avec une magnifique distribution, Maxime Robin orchestre magnifiquement la crise qui secoue la famille Pollitt, traversée d'éclats d'humour grinçant.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Un soir d'été, la famille Pollitt fête les 65 ans de Big Daddy, le patriarche de la famille, dans une belle demeure du delta du Mississippi. Brick, le fils préféré et ancien champion sportif, hanté par le suicide de son meilleur ami s'assomme de whisky et délaisse sa femme, la belle et sensuelle Maggie, qui lutte de toutes ses forces pour sauver son couple. Gooper, le fils mal-aimé et père d'une marmaille bruyante, convoite, en compagnie de sa pondeuse de femme, l'héritage du patriarche atteint d'un cancer généralisé. Big Daddy va mourir mais il ne le sait pas encore. Le soir est à l'orage au sens propre comme au sens figuré.

Quelle ambiance!
Dès son arrivée dans le théâtre, le spectateur est happé par le spectacle. La famille Pollitt est attablée dans le hall, dégustant son repas ou déambulant au milieu des spectateurs qui découvrent les personnages et peuvent même s'offrir une conversation. Le spectateur n'est plus que spectateur, il est dans la plantation avec la famille Pollitt.

Dès son entrée dans la salle, il découvre la résidence principale de la famille, immense construction qui occupe tout le centre de la scène. En fond de scène, une toile géante plante le décor environnant la résidence. Tout au long de la pièce, il y sera projeté différents éléments qui transporteront le spectateur au coeur même de la chaleur intense et étouffante du sud américain. Le décor est planté. Le spectacle peut commencer.

Marie-Renée Bourget Harvey, la conceptrice du décor, a fait un travail magnifique. Le spectateur est transporté au coeur de la fête, mais peut-on vraiment parler de fête lors de cette soirée orageuse, d'une plantation typique du sud des États-Unis. Le plus beau décor de la saison!

Une bande de mal-aimés
Le spectacle s'ouvre avec l'entrée en salle des comédiens qui quittent le hall pour entrer dans la salle par la même porte que les spectateurs. La comédienne Cynthia Trudel clôt la marche tout en interprétant la chanson Summertime de sa voix douce et chaleureuse. Le spectateur est véritablement dans le sud. D'ailleurs, Cynthia Trudel bercera à deux autres reprises les spectateurs de sa voix chaude. Un délice à chaque fois.

Comme le mentionnait le comédien Jean-René Moisan dans une courte entrevue sur le web, les personnages de La chatte sur un toit brûlant sont tous mal-aimés. La mère envers Big Daddy, Maggie envers Brick, Big Daddy envers son fils, Gooper envers Big Daddy et Brick envers son meilleur ami. Ce manque d'amour désiré amène les membres de la famille à mentir, se mentir. Les relations sont fausses. L'hypocrisie et le mensonge hantent les vies de chacun. Ils se mentent. Ils se battent les uns avec les autres pour oublier leur mal-être.

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«Quand queuque chose pourrit dans not' mémoire ou not' imagination,
la loi du silence avance à rien.
C'est comme fermer une porte à clef dans une maison en feu
en espérant oublier qu'le feu est pris.
Mais essayer d'oublier l'feu , ça l'éteint pas.
Les choses qu'on dit pas finissent par devenir des montagnes.
Ça grandit, ça s'infecte, ça pourrit...»
Maggie dans La chatte sur un toit brûlant
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Si Maggie est une chatte, Brick est un chien blessé, Big Daddy est un éléphant en route pour le cimetière et le reste de la famille des hyènes pitoyables. Ils sont dans une cage où ils étouffent. Ce qui est bien illustré par l'immense villa au centre de la scène qui s'ouvre dès les premières minutes du spectacle, comme un cage qui s'ouvre pour laisser sortir les bêtes. La cage s'ouvre sur la chambre de Brick et Maggie qui livreront leur premier combat. Ce ne sera pas le dernier.

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Des comédiens magnifiques
Jean-René Moisan, dans le rôle de Brick, est absolument parfait. Juste assez froid et dur, tiraillé par des désirs refoulés qu'il n'ose avoués. Sophie Thibeault se tire bien d'affaire mais manque quelque peu de mordant et de sensualité assumée. Elle est une chatte, une combattante prête à tout, une manipulatrice. Il lui manque un petit je-ne-sais-quoi qui la rendrait plus nuancée dans ses tentatives de reconquête de cet homme qu'elle aime profondément.

Patric Saucier, est extraordinaire dans le rôle de Big Daddy. La scène, qui clôt le deuxième acte, avec Brick est superbe. Saucier et Moisan se donnent magnifiquement la réplique. L'émotion est palpable. Le spectateur a la chair de poule pour un bon moment. Marie-Ginette Guay interprète avec justesse la mère éplorée et dépassée par les événements.

Envoûtant
Envoûtant spectacle que cette Chatte sur un toit brûlant que nous offre la Bordée en cette fin de saison. Un soir d'orage familial qui prend aux tripes, qui secoue. Autodestructions et pulsions de vie enrobées d'une dose d'humour grinçant dans une brillante mise en scène ne laisseront pas le spectateur sur sa faim. À voir avant que l'orage ne s'arrête le 9 mai.

À la Bordée jusqu'au 9 mai. Avec Vincent Champoux, Marie-Ginette Guay, Valérie Laroche, Jean-Nicolas Marquis, Jean-René Moisan, Michel Nadeau, Patric Saucier, Sophie Thibeault et Cynthia Trudel. Un texte de Tennessee Williams dans une traduction de René Dionne. Une mise en scène de Maxime Robin.

Bon théâtre et bonne danse !

15 avril 2015

Usages: passages à vide

Le regard des autres. Le poids de ce regard qui nous influence. Celui qui mène à s'oublier. À plier. À combler le vide de sa vie.

Une critique de Robert Boisclair

Usages en répétition

C'est sans aucun doute le thème sous-jacent de cette pièce, l'influence du regard des autres sur nos gestes. Surtout dans un bar, un soir de grande solitude. Le spectateur est plongé dans l'univers de trois jeunes de la fin vingtaine qui succombent à l'appel des considérations superficielles, des apparences et du regard des autres. Par dessus bord les valeurs profondes et bonjour la superficialité.

Kevin, interprété par Simon Lepage, qui est amoureux fou de la blonde de son meilleur ami qui la trompe avec chaque jupon qui passe, Olivier, qu'interprète Marc Auger Gosselin, qui est un rat de bibliothèque grand amateur de jeux en ligne et Michelle, incarnée par Monika Pilon, qui rêve d'être une séductrice, se retrouvent dans un bar dans l'espoir d'avoir la soirée de leur vie. Ce ne sera pas le cas, eux qui sont dans un univers dont ils ne contrôlent pas les codes et qui ne leur ressemble pas.

Le paraître est roi
Dans l'univers de ces trois jeunes adultes, le paraître est roi. La superficialité domine. Et leur mal-être est gage d'une soirée d'enfer. L'univers de ces jeune est plutôt déprimant. Heureusement que l'auteur, Amélie Bergeron, y saupoudre de l'humour. Son portrait de l'univers des jeunes de la fin vingtaine est sans aucun doute fort juste. Les réactions des jeunes adultes, lors de la première hier soir, semblent bien le démontrer. Ils s'y reconnaissaient aisément. Riaient de bon coeur aussi.

Le texte, constitué essentiellement de monologues, transmettait fort bien l'absence de communication directe que vive les personnages. Car si le paraître est important dans la vie de ces jeunes. Le manque de communication l'est tout autant. Absence de communication, importance du paraître et mal-être donnent une image bien sombre de cette génération, impression que le dénouement vient renforcer.

Mise en scène épurée
La mise en scène épurée est tout à fait dans le ton. Une piste de danse et trois portes de toilettes sont les seuls décors et accessoires de la pièce. Toute la place est laissée au texte et aux acteurs qui se débrouillent fort bien. Trois personnages bien campés, bien interprétés. Seuls quelques moments de nervosité qui disparaitront rapidement se sont glissés dans l'interprétation.

La mise en scène fait appel souvent à des interactions avec le public. Il est pris à partie à plusieurs reprises et interpellé régulièrement. La scène est d'ailleurs très près des spectateurs. Plus de quatrième mur. Le spectateur est dans le bar avec les trois protagonistes. Il participe à cette soirée comme s'il y était. Il y joint sa solitude à celle de ces jeunes.

Des performances qui exigent une attention de tous les instants. Les monologues se superposent, s'entrecoupent et sont régulièrement interprétés en choeur à deux ou à trois. Ce qui n'est pas toujours facile. Mais ils ne ratent pas le coche une seule fois.

Un portrait juste
Un portrait juste de jeunes qui vivent un passage à vide. Soumis au regard des autres, ils sombrent et tombent pour se relever, on l'espère, et prendre leur destin en main. Une plume qui vise juste, des acteurs qui offrent de belles performances et une scénographie épurée donnent un spectacle qui ne laisse pas indifférent et permet de mieux comprendre ces jeunes presque trentenaires.

À Premier acte jusqu'au 2 mai. Avec Marc Auger Gosselin, Simon Lepage et Monika Pilon. Un texte et une mise en scène d'Amélie Bergeron.

Bon théâtre et bonne danse !

13 avril 2015

Roméo et Juliette côtoient de l'anti-théâtre et la programmation 15-16 du Trident ce soir!

Une émission chargée où l'anti-théâtre, une programmation osée ainsi que les amants les plus connus de la littérature, Roméo et Juliette en version modernisée, seront au menu ce soir. Le tout enrobé de musique blues!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

L'orangeraie
Crédit photo: Hélène Bouffard et Stéphane Bourgeois

La directrice artistique du Trident occupera le siège de l'invité pour nous parler de sa programmation 15-16 qu'elle a lancée il y a peu. Une programmation osée qui se clôturera avec L'orangeraie de Larry Tremblay.

Trident


Deuxième bloc - vers 17h 50

Crédit photo: Damian Siquieros

La chorégraphe Hélène Blackburn sera avec nous en conversation téléphonique pour nous parler de Symphonie dramatique, une version modernisée et dansée du chef-d'oeuvre de William Shakespeare, Roméo et Juliette.

Symphonie dramatique
La Rotonde
Du 16 au 18 avril


Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Cath Langlois

La comédienne Frédérique Bradet et le metteur en scène Alexandre Fecteau seront en studio pour nous parler d'un spectacle atypique qui questionne la place du théâtre dans notre société. De l'anti-théâtre qui a pour titre Le NoShow et que présente le Périscope.

Le NoShow
Périscope
Du 21 avril au 2 mai

Bon théâtre et bonne danse !

8 avril 2015

Moi, dans les ruines rouges du siècle: quête familiale

Entre la grande et la petite histoire, toutes deux évoqués dans cette saga familiale, c'est la petite histoire qui marque. Celle de l'amour débordant d'un père pour son fils et la quête incessante d'un fils pour sa mère. Une histoire touchante qui va droit au coeur.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Stéphanie Capistran-Lalonde

L'histoire se déroule entre 1969 et 1996 dans une URSS prise dans un système qui finira pas s'effondrer. Dans ce monde en bouleversements, Sasha Samar, le personnage central de cette histoire, est kidnappé par un père à l'amour débordant. Alors que tout s'effondre autour de lui, son pays, ses rêves, ses idéaux, il tente par tous les moyens possibles de retrouver cette mère qui lui manque terriblement.

Amour filial
Cette pièce, qui raconte l'histoire personnelle du comédien Sasha Samar, est une merveilleuse histoire d'amour filial. D'un fils pour son père et sa mère mais, également, de l'amour possessif d'un père pour son fils. Un parcours touchant qui se déroule dans un monde qui bascule, celui de l'URSS. L'image est belle, un homme qui tente de se reconstruire dans un univers qui s'écroule. L'espoir est là. La vie bien présente. Et une croyance indéfectible en une possible vie heureuse.

Au-delà de cette quête familiale, Moi, dans les ruines rouges du siècle, est une ode à la vie. Une merveilleuse ode. Touchante. Remplie d'espoir malgré les nombreux bas de la vie de Sasha. Une lueur d'espoir dans les yeux, l'amour, même étouffant, de son père et un objectif qui guide chacun de ses pas l'amènent à affronter la vie et à chercher ce bonheur dont il a tant besoin. Et qu'on lui souhaite tout au long de la pièce.

Échelle humaine
Une histoire à la fois drôle et touchante ramenée à l'échelle humaine. Malgré les événements, parfois bouleversants, de l'histoire de l'URSS, Olivier Kemeid, l'auteur et metteur en scène, garde le spectateurs près des émotions et des bouleversements des personnages. Les événements sont évoqués pour tracer le parcours de Sasha Samar mais toujours l'amour filial, les amitiés et la quête sont au premier plan. L'émotion est vive. L'interprétation juste.

Une scène large, ouverte et passablement épurée domine. Tout est ouvert. Libre. Comme le rêve de liberté de Sasha et ce, même s'il est très attaché à sa famille. Une liberté que voudraient les Soviétiques également. Une mise en scène qui laisse toute la place au jeu des comédiens. Pour notre plus grand plaisir. Ruptures de ton, envolées lyriques, jeu physique des comédiens par moments prennent toute la place. Un savant mélange qui captive le spectateur.

Toute la distribution est excellente. Pascale Montpetit est merveilleuse dans le rôle de la mère. Robert Lalonde offre un père étouffant et aimant qui marque les esprits. Marilyn Castonguay et Geoffrey Gaquère sont solides dans de nombreux petits rôles secondaires. Sasha Samar est d'un naturel désarmant et touchant dans son propre rôle. Une belle brochette de comédiens.

Ravissement
Une quête humaine inspirante qu'il faut découvrir. Pour l'espoir d'un monde meilleur, rempli d'amour et de bonheur, qu'elle laisse entrevoir. Une quête personnelle qu'Olivier Kemeid a eu bien raison de faire découvrir au public. Le spectateur ne voit plus la vie du même oeil à la sortie du théâtre. Merci Olivier! Merci Sasha!

Au Périscope jusqu'au 18 avril. Avec Marilyn Castonguay, Geoffrey Gaquère, Robert Lalonde, Pascale Montpetit et Sasha Samar. Un texte et une mise en scène d'Olivier Kemeid.

Bon théâtre et bonne danse !

6 avril 2015

Trentenaires, désirs refoulés et programmation 15-16 au menu ce soir!

Un doublé la Bordée avec La chatte sur un toit brûlant et la programmation 15-16 du théâtre complété par Usages que présentera Premier acte.

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

Usages en répétition

Amélie Bergeron, l'auteure et la metteure en scène sera en studio pour nous entretenir de la prochaine production de Premier acte. Usages est un spectacle sur une bande de presque trente ans un soir de beuverie dans les bars de la ville.

Usages
Premier acte
Du 14 avril au 2 mai


Deuxième bloc - vers 17h 50

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

Maxime Robin, le metteur en scène de La chatte sur un toit brûlant occupera le siège de l'invité au deuxième bloc pour nous parler de cette histoire de désirs refoulés qui tiendra l'affiche de la Bordée.

La chatte sur un toit brûlant
Bordée
Du 14 avril au 9 mai


Troisième bloc - vers 18h 10


Le directeur artistique de la Bordée sera en studio pour nous parler de la prochaine saison de son théâtre.

Bordée

Bon théâtre et bonne danse !

3 avril 2015

Saison 15-16 du Trident: moderne et vivante

C'est sous le thème Vivez que le Trident a lancé sa saison 15-16, il y a quelques jours déjà. Avec cinq spectacles au compteur la saison s'annonce palpitante. Regards sur une programmation moderne et vivante.

Par Robert Boisclair

Robert Lepage en marquis de Sade dans Quills

Big Brother envahit le théâtre
Georges Orwell et son 1984 squatteront les planches du Trident du 3 au 28 novembre. Une pièce sur le totalitarisme et la réécriture de l'Histoire à des fins politiques. La pièce sera mise en scène par Édith Patenaude et sera coproduite avec le Théâtre Denise-Pelletier de Montréal.

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«Comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston?

Winston réfléchit :
En le faisant souffrir, répondit-il.

Exactement. En le faisant souffrir. L’obéissance ne suffit pas.
Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit,
non à sa volonté, mais à la vôtre?
Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations.
Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux
que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies.
Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons?
C’est exactement l’opposé des stupides utopies hédonistes
qu’avaient imaginées les anciens réformateurs.
Un monde de crainte, de trahison, de tourment.
Un monde d’écraseurs et d’écrasés, un monde qui,
au fur et à mesure qu’il s’affinera, deviendra plus impitoyable.
Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance.
L’ancienne civilisation prétendait être fondée sur l’amour et la justice.
La nôtre est fondée sur la haine.
Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte,
la rage, le triomphe et l’humiliation.
Nous détruirons tout le reste, tout.»
Extrait du livre 1984
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Le Dieu du carnage ouvrira la saison du Trident du 15 septembre au 10 octobre. Cette comédie noire où tous les personnages se trouvent sur un pied d'égalité fait craquer le vernis de la politesse forcée. Le carnage éclate entre des gens cultivés et bien élevés qui tentent de régler à l'amiable un conflit entre leurs enfants.  Une coproduction du Théâtre Niveau Parking.

Robert Lepage au retour des Fêtes
Quills, dans une mise en scène conjointe de Robert Lepage et Jean-Pierre Cloutier, squattera la scène du Trident du 12 janvier au 16 février. Cette production aborde l'insoutenable sadisme de l'être alors qu'un abbé tente de réhabiliter un marquis de Sade vieillissant (interprété par Robert Lepage). Humour noir et sadisme au menu.

La famille Lapin sera sur scène du 1er au 26 mars. Maman Lapin qui s'imagine que tout autour d'elle se déroule plutôt bien règne, en fait, sur une famille en pleine dégringolade. Une pièce où ça rigole, ça vocifère, ça s’affectionne et où il y a de l’amour et de la solidarité. Drôle et tendre Lapin Lapin est un texte qui aborde sur le ton de la comédie des thématiques sociales et politiques et dégage des valeurs fondamentales concernant la famille, l’autonomie des jeunes et la place de la femme dans la société. La mise en scène sera de Martin Genest.

L'orangeraie de Larry Tremblay débarque sur la scène du Trident du 26 avril au 21 mai. Un obus traverse le ciel, tuant les grands-parents de deux frères jumeaux. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Le premier frère jumeau, à moins que ce soit le second, devra consentir au plus grand des sacrifices. Une pièce sur la guerre et la haine qui arrache deux jeunes à l'éden de l'enfance et plante dans leur coeur et leur âme, lorsqu'ils survivent, un arbre qui ne donne comme fruit que la douleur, la colère et la culpabilité.

Vous pouvez en apprendre plus sur la programmation et les tarifs en vous rendant sur le site du Trident ici.

Bon théâtre et bonne danse !

2 avril 2015

Saison 15-16 de la Bordée: éclectique

La programmation 15-16 propose un vaste choix de productions: création, comédie, drame. Une programmation riche pour un théâtre bien vivant.

Par Robert Boisclair


Cinq spectacles en saison régulière et deux pièces en accueil meubleront la programmation 15-16 de la Bordée.

Un automne sous le signe du drame
La saison 2015-2016 s’ouvrira le 15 septembre prochain avec Bousille et les justes. Ce texte de Gratien Gélinas, l'un des pères fondateurs de la dramaturgie québécoise, dénonce l'hypocrisie de la société québécoise, celle de la fin du régime duplessiste. Elle est un examen de conscience des valeurs de cette époque.

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«BOUSILLE : Vous ne pouvez pas me demander de faire une chose pareille.

HENRI : Quoi ?

BOUSILLE : Vous savez bien que ce serait un faux serment…

HENRI : Écoute, toi…

BOUSILLE, le sang glacé : Le bon Dieu me laisserait retomber dans mon vice,
sûr et certain…

HENRI, pris d’une rage sourde : Je t’avertis charitablement :
le temps de niaiser est fini.»
Extrait de Bousille et les justes
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Trainspotting, Ferrovipathes pour les amateurs du film britannique, tiendra l'affiche dès le 27 octobre. Sexe, drogue et alcool sont au menu de cette oeuvre coup de poing qui a marqué les esprits lors de sa première présentation lors de la saison 12-13 de Premier acte. Cette pièce qui présente une génération en perte de repères oblige le spectateur à se poser des questions sur la société et la façon dont elle s'occupe des générations qui suivent. Des valeurs et un modèle qui ne conviennent pas à une bonne partie d'entre eux. Une dérive qui interpelle.

Deux pièces en accueil
Tu te souviendras de moi tiendra l'affiche du 24 novembre au 5 décembre. Cette production du Théâtre de La Manufacture mettra en vedette, entre autres, Guy Nadon et Marie-Hélène Thibault. Une pièce bouleversante de François Archambault qui parle de la mémoire, de la transmission, du temps qui passe et du refus de disparaître.

Beu-bye 15, la revue de l'année de Québec revient après un beau succès à sa première mouture l'an passé. L'équipe originale présentera une revue de l'année haute en couleurs, remplie d'humour, de caricatures et de chansons. La production sera présentée du 15 au 20 décembre.

Trois spectacles à l'hiver/printemps
L'année 2016 débutera avec Matéo et la suite du monde du 19 janvier au 13 février. Cette production est le fruit  de la rencontre de comédiens de la scène québécoise et d'interprètes vivant avec des limitations fonctionnelles. Matéo et la suite du monde, c'est l'histoire d'un quotidien déchiré, d'un voyage tourmenté sur une île où habitent les personnages qui ont marqué l'existence de Matéo, jeune homme vivant avec le syndrome d'Asperger.

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«MATÉO : J’me présente : Matéo Lemieux.
J’suis pas comme tout l’monde.
Je vis avec un syndrome d’Asperger.
C’est une version légère de l’autisme.
C’est comme de la Budweiser, mais version Bud light, ça passe mieux.»
Extrait de Matéo et la suite du monde
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L'adultère sera au centre de Feydeau qu'offrira la Bordée à son public du 1er au 26 mars. Une soirée de théâtre à la carte et interactive où le public décidera du déroulement de la soirée. Les spectateurs, avec l'aide d'un maître de cérémonie, auront à choisir parmi un certain nombre de courtes comédies de Georges Feydeau. L'ambiance sera celle du cabaret parisien où chansons et numéros comiques alterneront avec les textes de Feydeau. Une soirée qui s'annonce divertissante, pleine de rebondissements et qui sera différente à chaque soir.

La saison se terminera avec Qui a peur de Virginia Woolf? du 12 avril au 7 mai. Cette pièce culte d'Edward Albee questionne avec force et ironie l'utopique rêve américain.

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«J’ai toujours pensé que l’une des responsabilités de l’auteur dramatique était
de montrer aux gens à quoi ressemble leur époque, dans l’espoir que peut-être
ils changeront.»
Edward Albee (1965)
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Vous pouvez en apprendre plus sur la programmation et les tarifs en vous rendant sur le site de la Bordée ici.

Bon théâtre et bonne danse !