30 octobre 2015

Tribus: dialogue de sourds

Même si la communication occupe une place de choix dans cette pièce, le sujet en est, sans contredit, la place que chacun occupe en société et l'amour, celui de la famille ou du groupe d'appartenance, que se voue les membres du clan, de la tribu.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Studio PL2

Au sein d'une famille dysfonctionnelle où la communication sous toutes ses formes occupe une place de choix, Billy est le troisième enfant de la famille. Il est sourd de naissance et n'a jamais appris la langue des signes. Ses parents, craignant l'ostraciser, l'ont élevé comme son frère et sa soeur. Lorsqu'il rencontre Sylvia, malentendante en voie de devenir sourde, son désir d'apprendre la langue signée, de faire partie d'une tribu qui lui est propre, bouleverse l'équilibre familial. Dans cette famille où les messages sont brouillés par des années de déni, l'arrivée de cette langue des signes bouleverse l'équilibre, bien fragile, de l'ordre établi. Chacun doit redéfinir sa place dans la tribu familiale mais également dans les tribus d'appartenance.

Incommunicabilité
Dans cette famille où la communication est au centre de tout, l'écoute n'est pas la valeur la plus importante. Elle est plutôt tortueuse. Les règles y sont bien établies et les façons de communiquer sont particulières. Les mots sont des barrières bien plus qu'un moyen de se comprendre ou de se parler. Ils babillent, discutent mais ne s'écoutent pas. Sauf Billy. Il est animé d'un désir refréné de parler et d'être compris. Sa rencontre avec Sylvia et la langue des signes sera le déclencheur de sa quête personnelle pour une véritable communication et un amour basé sur l'acceptation.

Tendresse et douceur
Tribus est un spectacle tout en tendresse et en douceur. Malgré les mots parfois durs, les membres de cette famille dysfonctionnelle s'aiment tendrement. La mise en scène, le texte et le jeu des comédiens mettent bien en évidence la tendresse et l'amour qu'ils se vouent.

Si les changements à vue et dans la pénombre brisent quelque peu le rythme, l'environnement sonore qui l'accompagne permet des passages pas trop dérangeants pour les spectateurs.

La scénographie propose un décor aéré et ouvert où les spectateurs sont de chaque côté de la scène. Un joli clin d'oeil au fait que ce n'est pas parce qu'il y a de l'espace de communication qu'il y a de la communication. Ce n'est pas parce que l'on parle qu'il y a véritable communication. Ce n'est pas parce que l'on est sourd que l'on ne communique pas ou mal.

De belles performances

Crédit photo: Studio PL2

Les comédiens offrent d'excellentes performances. David Laurin (Billy) et Caroline Bouchard offrent de très beaux moments. Ils sont particulièrement touchants dans les moments où ils signent leur discussion. L'émotion est palpable et la gestuelle utilisée amplifie l'émotion. Le texte signé est plus fort que la parole. L'image vaut mille mots, dit-on! C'est bien le cas ici. L'émotion est brute, sentie. Les mots deviennent mélodie, poème. De beaux moments où David Laurin et Caroline Bouchard sont sensibles, touchants et nuancés.

Benoît Drouin-Germain impressionne avec le rôle complexe du frère aimant mais torturé. Mal dans sa peau, il aime profondément son frère qui, malgré sa surdité, est son phare, son point d'ancrage. La performance de Benoît Drouin-Germain est magnifique, juste et touchante. Les autres interprètes, Monique Spaziani, Jacques L'Heureux et Catherine Chabot, offrent également de très belles performances.

À voir!
Il ne reste que quelques jours pour voir ce spectacle touchant et plein de tendresse. D'amour aussi. Une pièce qui donne le goût d'apprendre la langue des signes pour communiquer avec autant d'émotion que Billy et Sylvia. À voir avant que le silence ne tombe sur cette pièce le 31 octobre.

Au Périscope jusqu'au 31 octobre. Avec Caroline Bouchard, Catherine Chabot, Benoît Drouin-Germain, Jacques L'Heureux, David Laurin et Monique Spaziani. Une mise en scène de Frédéric Blanchette. Un texte de Nina Raine.

Bon théâtre et bonne danse !
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Les 9 et 10 juillet 2016, je vais prendre part au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement caritatif, faire un don ou encore relever ce défi stimulant, vous pouvez cliquer ici. Merci de votre générosité!

29 octobre 2015

Trainspotting: train d'enfer!

Pièce à la fragilité poignante baignée dans un propos dur, Trainspotting est une incursion au coeur de la souffrance d'une jeunesse en perdition. Une virée dans l'enfer de jeunes paumés qui secoue et brasse la cage.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon

«Le smack, c't'une drogue honnête parce qu'a t'enlève tes illusions. Ça m'fait croire qu'les choses sont plus vraies. La vie est vide pis plate. On a tellement d'espoirs au début pis après on crisse tout ça à poubelle pis là on s'rend compte qu'on va mourir sans avoir trouvé une seule réponse. On s'tape une vie courte pis pleine de déceptions, pis là, on meurt. On remplit not'vie avec toute sorte de marde, des affaires comme une carrière pi des relations pour s'faire croire que ça vaut la peine. Une fois qu't'est passé par là, tu vois toute la souffrance du monde pis tu peux pus t'anesthésier contre elle.»

Comme plusieurs jeunes de sa génération, sans emploi, sans le sou, sans repères, Mark Renton erre avec ses amis dans la banlieue d'Édimbourg, en Écosse. Il raconte la déchéance dans laquelle ses amis d'enfance et lui se sont enlisés. Révoltés, désabusés, refusant d'entrer dans le moule que la société voudrait leur imposer, ils ont trouvé refuge dans l'univers de la drogue, croyant rendre leur existence plus supportable. Entre l'extase du buzz et l'état de manque, Mark pose un regard lucide et amer sur un monde qui semble avoir repoussé dans l'ombre toute une frange de sa génération.

Train d'enfer
Marie-Hélène Gendreau, la metteur en scène, propose un spectacle qui se déroule à un rythme d'enfer. Bien que le texte imposait ce rythme, elle a su insufflé un réalisme et un dynamisme qui propulsent la pièce à un niveau supérieur. Rien n'est évité au spectateur: les fix, les mots crus, la dureté des scènes, la charge émotive... Tout ça dans un enchaînement rapide, vif et dynamique. Un vent de fraicheur, malgré la dureté du propos, traverse la pièce de part en part.

Des comédiens poignant de vérité soutiennent merveilleusement bien le travail de la metteur en scène. Claude Breton-Potvin, déchirante avec des scènes qui viennent nous chercher aux tripes, et Lucien Ratio, impeccable, se démarquent particulièrement.

Des environnements qui séduisent
Le dénouement où Tommy (Jean-Pierre Cloutier) sombre dans le côté obscur est un des très beaux moments du spectacle. Ce n'est qu'un des nombreux instants où les ambiances sonore et visuelle soutiennent merveilleusement bien le texte. Combinés au décor, ils créent une ambiance quasi-poétique qui fait ressortir encore plus fortement le désarroi d'une génération en perdition. Chapeau à Jean-François Labbé (décor), Hubert Gagnon et Dominic Lemieux (lumières) et Uberko (musique originale).

À ne pas manquer!
Une pièce à ne manquer sous aucun prétexte. Ne pas se présenter à la Bordée pour ce spectacle pourrait être la pire erreur de votre vie. Courez acheter vos billets dès maintenant et découvrez une jeune équipe de production qui ne vous laissera pas indifférent!

À la Bordée jusqu'au 21 novembre. Avec Lucien Ratio, Jean-Pierre Cloutier, Charles-Étienne Beaulne, Claude Breton-Potvin et Marco Poulin. Une mise en scène de Marie-Hélène Gendreau. Un texte d'Irvine Welsh.

Bon théâtre et bonne danse !
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Les 9 et 10 juillet 2016, je vais prendre part au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement caritatif, faire un don ou encore relever ce défi stimulant, vous pouvez cliquer ici. Merci de votre générosité!


28 octobre 2015

Crépuscule: au royaume des esprits enneigés

Apprivoisement de la vieillesse et rencontre avec des égarés souffrant d'alzheimer, c'est ce que propose Crépuscule. Un sujet difficile abordé avec sincérité et sensibilité.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cathy Lessard

Sarah visite des « Alzheimer » afin d'apprivoiser la vieillesse. La salle est pleine de marchettes, de râles et de cheveux blancs. Elle y rencontre Edmond, atteint de la maladie, et Irène, encore lucide, qui rêve de faire flamber des arbres pour ouvrir son espace et faire un peu plus de clarté.

Des esprits enneigés
Les esprits enneigés ne sont pas uniquement ceux des personnages atteints d'Alzheimer mais ceux de l'auteur et de la metteur en scène. Si le texte et la mise en scène sont empreints d'une certaine poésie, tout ne va pas à merveille dans ce spectacle. Les choix artistiques, ombres chinoises, marionnettes et jeux masqués alourdissent le spectacle par la trop grande utilisation de ces techniques qui n'ajoutent pas toujours à l'action.

Le spectacle est découpée en petites scènes qui mises bout à bout ne semblent pas toujours avoir de liens clairs entre elles. Le spectateur décroche, se demande ce qu'il se passe et où l'auteur et la metteur en scène veulent bien l'emmener.

Reconstitution fort bien réussie
La transposition de la vie des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer est cependant fort bien réussie. On partage le quotidien de ces êtres qui errent dans les corridors et se perdent dans leurs pensées. L'éclairage et l'environnement sonore ajoutent à l'ambiance et font vibrer la fibre mélancolique.

S'il est un sujet difficile, c'est bien celui-là. L'auteur et la metteur en scène ont su aborder le sujet avec une très grande sensibilité et une fort jolie poésie. La représentation de la vie sans fard est très bien réussie. Une touche d'amour enveloppe le spectacle auquel le spectateur n'est pas insensible loin de là. Chapeau bas à l'équipe pour cette fresque de la vie de ces êtres que l'on oublie trop souvent.

Un bon spectacle
Malgré ses défauts, il faut voir ce spectacle sensible et fort respectueux de la vie de nos aînés atteints de la maladie d'Alzheimer. Nous tentons trop souvent de les évacuer de nos pensées. Il est temps qu'on se préoccupe d'eux et que l'on donne la place qui leur revient soit celle d'occuper, l'espace d'un moment, nos souvenirs, alors qu'eux n'en ont que quelques-uns qui vagabondent dans des esprits enneigés.

À Premier acte jusqu'au 31 octobre. Avec Nicolas Boulanger, Karine Chiasson, Amélie Laprise, Guillaume Pepin, Catherine Simard et Annie Veillette. Une mise en scène d'Odré Simard. Un texte de Marie Gilbert.

Bon théâtre et bonne danse !
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26 octobre 2015

Du théâtre, du théâtre et... du théâtre!

Le théâtre sera à l'honneur des Enfants du paradis ce soir.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

1984 en répétition
Crédit photo: Stéphane Bourgeois

Claudiane Ruelland, la comédienne qui interprète Julia dans 1984, sera avec nous
en studio pour nous parler de ce spectacle.

1984
Trident
du 3 au 28 novembre

Deuxième bloc - vers 17h 50

Le metteur en scène Joël Beddows viendra nous parler de ce spectacle jeune public.

Crédit photo: Marianne Duval

Petites bûches
Gros Becs
Du 27 octobre au 1er novembre
Troisième bloc - vers 18h 10


Le dernier bloc sera consacré à notre Panel théâtre mensuel.
Venez découvrir les choix de l'équipe!

Bon théâtre et bonne danse !
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24 octobre 2015

Prismes: perceptions contradictoires

Prismes est un spectacle de danse dont on ne saisit pas tout. Il offre une panoplie d'images colorées et de perceptions contradictoires qui s'ancre profondément. S'il laisse sur son appétit, il n'en est pas moins intéressant.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Montréal Danse

Prismes est un spectacle qui laisse pantois. Composé de nombreuses vignettes le spectacle est une sorte de trompe-l'oeil. Ce que le spectateur voit est une vérité parmi tant d'autres. Selon l'angle, selon l'éclairage la perception ne sera pas la même pour tous. C'est d'ailleurs de cette façon que débute le spectacle. Pré-débute devrais-je dire! Les danseurs déambulent avant le spectacle parmi les spectateurs et offrent à certains d'entre eux des images qui font dans le trompe-l'oeil. Le spectacle n'est pas encore commencé que les perceptions contradictoires s'immiscent déjà!

Le spectacle s'amorce par une session didactique où les jeux de lumières sont mis en évidence. Comment une variation dans l'éclairage influence-t-elle la perception de la couleur? Cette étape terminée, la série de vignettes s'enchaîne ensuite. Dès vignettes où, encore une fois, les perceptions pourront être contradictoires.

Ludisme
Le ludisme s'installe dans ce spectacle où les préparations et les changements se font souvent à vue. Les styles dansés sont forts variés. Les genres également. Les danseurs jouent d'audace. Ils osent. Le chorégraphe également. Certaines vignettes sont performatives. Mais toutes, sans exception, mettent en évidence le très grand talent des danseurs.

Les moments les plus performatifs sont ceux qui séduisent le plus et qui soulignent le plus fortement ces perceptions contradictoires qui traversent le spectacle de part en part. Elinor Fueter impressionne particulièrement dans ces moments. Rachel Harris, qui en duo avec Elinor Fueter offre un des très beaux moments du spectacle, Annik Hamel, Sylvain Lafortune, Alexandre Parenteau et Peter Trosztmer ne sont pas en reste avec de belles performances.

Regarder Prismes, c'est un peu comme regarder une multitude de petits spectacles mis bout à bout. Le chorégraphe et les danseurs jouent avec le spectateur en lui offrant un extrait précisément chorégraphié, un autre sur le ton de l'humour puis un troisième performatif. Mais est-ce bien ça? Est-ce un extrait sur le ton de l'humour ou est-ce du cabotinage? Est-ce précisément chorégraphié ou est-ce performatif?

C'est peut-être ce qui dérange dans ce spectacle. On ne sait pas toujours ce que l'on regarde. À quel type de spectacle on fait face. Si le jeu des contradictions est intéressant en soi, il laisse tout de même pantois. Ou sur son appétit. On quitte la salle sans trop savoir et en se questionnant sur le spectacle. L'étrange sensation de ne pas trop savoir quel spectacle on a vu nous envahit.

Les contradictions ne s'arrêtent pas là. Les merveilleux éclairages de Lucie Bazzo jouent avec les contrastes de lumières. Le bleu n'est peut-être plus du bleu lorsqu'éclairé. Les danseurs et danseuses sont androgynes aussi. Avec ces grandes bandes de tissus dans lequel ils sont occasionnellement drapés, l'homme peut aussi bien être une femme. Et vice versa. De même pour le port du casque de construction.

À voir?
Un spectacle coloré, déjanté et qui ne laisse pas indifférent. Les danseurs et les éclairages magnifiques et l'univers sonore sont enivrants. Il déstabilise un peu et interroge beaucoup. Un spectacle pour ceux qui aiment la danse hors-norme et éclatée.

Une présentation de La Rotonde à la salle Multi de Méduse pour un dernier soir. Avec Elinor Fueter, Annik Hamel, Rachel Harris, Sylvain Lafortune, Alexandre Parenteau et Peter Trosztmer. Une chorégraphie de Benoît Lachambre.

Bon théâtre et bonne danse !
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19 octobre 2015

Sexe, drogue et amour!

Afin de mettre un peu de piquant en cette journée d'élections fédérales, on parle sexe, amour et drogue aux Enfants du paradis!

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

Trainspotting dans sa version Premier acte en 2013.
Crédit photo: Gabriel Talbot-Lachance

Les junkies de Trainspotting envahiront le studio pour nous faire connaître leur univers. Univers qui n'est pas peut-être pas si dépravé qu'on le croit car ce sont des humains après tout. Après un passage remarqué et remarquable à Premier acte en 2013, le spectacle occupera la scène de la Bordée dès le 27 octobre. Lucien Ratio et Charles-Étienne Beaulne nous confieront les secrets les plus intimes de leur personnage.

Trainspotting
Bordée
du 27 octubre au 21 novembre

Deuxième bloc - vers 17h 50

Le Monde sera meilleur et surtout rempli d'amour après le passage d'Édith Patenaude et de Joanie Lehoux qui viendront nous parler du spectacle qui s'intitule justement Le Monde sera meilleur que présente le Périscope épisodiquement. Un spectacle atypique que vous pourrez découvrir vers 17h 50 ce soir.

Crédit photo: Charles Fleury

Le Monde sera meilleur
Périscope
25, 26 octobre, 6, 7 8 février, 19, 20 et 21 mars
Troisième bloc - vers 18h 10


Trois membres fondateurs du Théâtre du Quartel viendront nous parler de Baiseries, spectacle qui tourne autour du sexe et des relations amoureuses et qui squatte des appartements des quartiers centraux.

Baiseries
Théâtre du Quartel
du 22 au 24 octobre

Bon théâtre et bonne danse !
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18 octobre 2015

Prismes: le corps qui rayonne!

Il rend visible l'énergie qui habite chacun de nous à travers les corps de magnifiques danseurs, il s'appelle Benoît Lachambre et son spectacle Prismes sera en ville pour trois jours seulement.

Par Robert Boisclair

Crédit photo: Montréal Danse

Le chorégraphe Benoît Lachambre rend visible l'énergie qui habite chacun de nous, en jouant avec la lumière, les couleurs et les corps des danseurs pour stimuler les sens des spectateurs. Prismes est un spectacle lumineux. La lumière et les couleurs sont omniprésentes dans ce spectacle. Elle habite même les corps des danseurs.

Le masculin et le féminin se mêlent allègrement. L'esthétique de Prismes est lumineuse et queer, vivante et vivifiante. Benoît Lachambre manipule le corps, l'entoure de mystère et le sculpte avec la lumière. Il explore et révèle magnifiquement les couleurs que la lumière recèle. Un spectacle rétinien et coloré, dans tous les sens du terme, que présente La Rotonde les 22, 23 et 24 octobre. Le spectacle du vendredi sera suivi d'une discussion avec les artistes.

Bon théâtre et bonne danse !
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12 octobre 2015

Invité surprise, tribus et alzheimer au menu des Enfants ce soir!

Journée de congé ne signifie par pause théâtrale et dansée dans la capitale. Trois sujets, une émission et... beaucoup de plaisir ce soir!

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

Une entrevue surprise pour ce premier bloc. Venez nous écouter pour découvrir l'invité qui ouvrira l'émission!






Deuxième bloc - vers 17h 50

Le metteur en scène Frédéric Blanchette sera en conversation téléphonique pour nous parler de Tribus que présente le Périscope.

Crédit photo: PL2 Studio

Tribus
Périscope
du 20 au 31 octobre
Troisième bloc - vers 18h 10


L'auteur Marie Gilbert et la comédienne Annie Veillette seront en studio pour nous parler de Crépuscule, spectacle qui s'intéresse à la maladie d'Alzheimer.

Crépuscule
Premier acte
du 20 au 31 octobre

Bon théâtre et bonne danse !
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8 octobre 2015

Trois nuits avec Madox: histoire de fous?

Un lieu atypique et de l'absurde, voilà ce que propose Premier acte pour son début de saison. Une histoire où ce qui semble n'est pas tout à fait vrai. Ou peut-être que si.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois

Dans un bar cinq personnages se retrouvent: Bruno, le patron, Gruby, le gardien de phare, César, le chauffeur de taxi, Clara, la prostituée et Njiami, le balayeur. Un petit bar de campagne comme il en existe des milliers. Ils y mènent une vie calme, rangée et répétitive. Une vie troublée par la présence d'un étrange personnage, Madox, qui semble avoir le don d'ubiquité. Ils sont cinq et ils clament tous avoir passé les trois précédentes nuits avec lui. Cinq personnages, cinq nuits différentes. Une quête, une soif de savoir qui ne les quittera pas. Qui a raison? Qui a tort? Ou, peut-être, ont-ils tous raison?

Histoire de fous?
Trois nuits avec Madox est une pièce intrigante. On ne cesse de parler de ce Madox pendant toute la pièce. Les personnages discutent de la nuit passée avec ce curieux personnage. Madox existe-t-il vraiment? Sont-ils fous? D'ailleurs les trois premières lettres de Madox, Mad est le mot anglais pour fou en français, y font une référence directe.

Sont-ils fous? Certainement, pas. Ils attendent un fou. Non. Madox c'est la folie ambiante. L'histoire qu'ils s'inventent pour oublier leur vie routinière. Le personnage qui viendra, dans leurs rêves les plus fous, tromper leur solitude. Car c'est bien de ça qu'il s'agit. De solitude. Qui est sans aucun doute le thème principal de la pièce.

Si la solitude est le thème principal, d'autres sujets s'invitent: le jeu, la mort, le temps qui passe,... Des sujets abordés par l'absurde. Le lieu choisi pour présenter la pièce, un bar, et les interrogations des personnages sortent le spectateur de sa zone de confort. Et le dénouement qui n'est pas, disons, très traditionnel... ni limpide. À chacun son interprétation.

Un bon spectacle
Un bon spectacle que ce Trois nuits avec Madox, ainsi que Le deuxième tilleul à gauche en première partie du spectacle. Un doublé qui dure une heure quinze environ. C'est frais, particulièrement cette première partie, et absurde à souhaits. Les amateurs du genre adoreront. Les autres, peut-être un peu moins.

Les quatre comédiens du Deuxième tilleul à gauche sont excellents et jouent à merveille des personnages qui croient se manipuler mutuellement. Même si la distribution joue généralement avec aplomb ce Trois nuits avec Madox, malgré quelques accrocs de jeu, Nadia Girard se démarque particulièrement. Son personnage de prostituée quelque peu déjantée frappe l'imaginaire.

La mise en scène toute simple utilise très bien le lieu. L'éclairage savamment dosé ajoute une touche de mystère. Une aura qui sied bien à ce spectacle.

À voir
Les amateurs d'absurde adoreront. Un spectacle qui questionne. Un spectacle rafraîchissant. À voir pour vivre le théâtre dans un lieu atypique et s'offrir un théâtre qui sort des sentiers battus.

Au Bar L'Autre zone jusqu'au 10 octobre. Avec Amélie Laprise, Catherine Simard, Guillaume Pelletier et Paul Fruteau De Laclos (Le deuxième tilleul à gauche), Jocelyn Paré, Nicola Boulanger, Paul Fruteau De Laclos, Nadia Girard et Guillaume Pelletier (Trois nuits avec Madox). Une mise en scène de Guillaume Pepin. Un texte de Matéï Visniec.

Bon théâtre et bonne danse !

5 octobre 2015

Le monde sera meilleur: confort et indifférence

Le Périscope offre un spectacle personnel, très près d'Édith Patenaude qui se livre sans fard, presque nue, sur le monde qui l'entoure, qui nous entoure.

Une critique de Robert Boisclair


Le monde sera meilleur squatte les décors des autres spectacles du Périscope. Il s'y incruste pour créer son propre univers. Dans ce lieu ouvert, et après avoir tout perdu, un couple kidnappe un spectateur avec lequel le couple a un lien bien précis. Débute alors une aventure qui amène le spectateur dans des recoins qu'il a peu l'habitude de fréquenter au théâtre.

Mise à nu
Édith Patenaude transporte son OFF Hamlet dans la salle du Périscope, spectacle originalement présenté en marge du Hamlet de la Bordée en 2013. Un spectacle hors norme. En marge du théâtre traditionnel. Imparfait. Rugueux. Et c'est ce qui fait son charme. À la fois déconstruit et construit. Fiction et réalité. Cri du coeur et cri de passion. Le spectacle dresse un constat pas toujours rose de notre monde. S'y retrouve une forte dose d'amour. Plus présente vers la fin du spectacle.

Un spectacle à petit budget dans un lieu emprunté, le décor du spectacle L'Éveil. Du théâtre dans le théâtre. Le masque de la fiction s'efface devant la réalité. Où est-ce le contraire? Édith Patenaude se dévoile. Elle se met à nu dans un décor nu. Pour créer quelque chose. Une part de vérité.

Indifférence, pouvoir, manipulation et amour: avec Le monde sera meilleur, le spectateur est convié à découvrir un spectacle hors-norme qui présente ces thèmes à la sauce Patenaudienne.

Confort et indifférence
Un spectacle qui parle beaucoup du confort et de l'indifférence. De ce confort qui empêche de bouger de peur de le perdre. De l'indifférence qui limite notre capacité à s'indigner du malheur des autres. Édith Patenaude y a mis son âme et son coeur. Sa franchise. Son honnêteté. La forme et le message peuvent en choquer certains. Ce fut le cas hier lorsqu'un spectateur a quitté la salle avant la fin du spectacle.

Après ce spectacle le monde sera-t-il meilleur? Certainement pas. Le spectateur le sera-t-il? Un peu. Sans être transformé, il se questionnera un peu plus sur le monde qui l'entoure. Il aimera un peu plus. Comme ces couples, nombreux, qui se tenaient par la main en sortant du spectacle. Si le spectacle ne change pas le monde, il change le spectateur. Un peu. Un à la fois. Il donne une dose d'amour. Pour soi. Pour l'autre. Pour toi, Édith Patenaude.

À voir
Un spectacle brut, imparfait. Avec ses défauts. Ses qualités aussi. Un spectacle qui secoue. Qui brasse la cage. Qui déstabilise aussi. C'était le but recherché. Et c'est bien comme ça. Ça brasse le spectateur. L'amène à se questionner. À se positionner aussi. Ne serait-ce que pour cela, il faut le voir. Mais attendez-vous à être déstabilisé.

Au Périscope les 5 octobre (dans le décor de L'Éveil), 25 et 26 octobre (dans le décor de Tribus), 6, 7 et 8 février (dans le décor de Grace) et les 19, 20 et 21 mars (dans le décor de S'aimer). Avec Jean-Denis Beaudoin, Laurie-Ève Gagnon, Marie-Hélène Lalande, Eliot Laprise, Édith Patenaude, Maxime Perron, Nicola-Frank Vachon et Alexandrine Warren (en remplacement de Joanie Lehoux). Une mise en scène et un texte d'Édith Patenaude.

Bon théâtre et bonne danse !

Duels d'épées, tuyauterie bouchée, poésie et panel théâtre!

Tout un menu pour une émission théâtrale éclectique ce soir.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

Crédit photo: Julie Artacho
Marc-André Charron, l'auteur et le metteur en scène de la pièce Les trois mousquetaires plomberie, sera en conversation téléphonique avec nous pour nous parler de ce spectacle que présente L'Anglicane. Au programme: duels d'épées et tuyauterie bouchée!


Les trois mousquetaires plomberie
L'Anglicane
10 octobre

Deuxième bloc - vers 17h 50

Le comédien Guy-Daniel Tremblay occupera le siège de l'invité au deuxième bloc. Au menu, la douce poésie du spectacle jeunesse Flots, tout ce qui brille voit.

Crédit photo: Louise Leblanc

Flots, tout ce qui brille voit
Les Gros Becs
Jusqu'au 11 octobre
Troisième bloc - vers 18h 10

Le Dieu du carnage
Crédit photo: Stéphane Bourgeois

Émilie Rioux, Marc Prolux et David Lefebvre seront en studio pour nous parler des spectacles qu'ils ont aimés en septembre à l'occasion de notre premier Panel théâtre de la saison.

Bon théâtre et bonne danse !
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3 octobre 2015

L'Éveil: les anciennes odeurs

Quand le plaisir fou de la danse se combine à l'amour des mots, le résultat ne peut être que merveilleux. C'est ce que nous offre le duo Marie-Josée Bastien et Harold Rhéaume avec L'Éveil.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Daniel Richard

Librement inspiré de L'Éveil du printemps Frank Wedekind, L'Éveil célèbre les premières fois: les premiers émois amoureux, le premier appartement, les premières pertes amicales, les premiers questionnements, les premières ruptures. Premier véritable spectacle de symbiose complète de théâtre et de danse, L'Éveil est construit sous la forme de vignettes, de cartes postales. Chaque célébration de l'éveil des sens a sa propre carte postale.

Les anciennes odeurs
Sur une aire gazonnée, trois garçons et trois filles revivent pour nous les premières fois. Le décor est épuré. L'aire de jeu vaste et ouverte est propice à la découverte. L'imagination du spectateur peut donc voguer gaiement. Ses premiers moments lui reviennent alors à l'esprit. L'ambiance d'autrefois et,  surtout, les odeurs qui accompagnaient ses premières fois: le parfum de sa première blonde, l'arôme du repas que sa mère lui préparait avec amour et qu'il adorait, l'effluve saline du St-Laurent ou du premier océan dans lequel il a plongé ses orteils. Ces anciennes odeurs reviennent constamment. Elles accompagnent le spectacle, son propre spectacle. Le spectacle devient intime, unique, magique. Et tellement envoûtant!

Crédit photo: Daniel Richard

Symbiose totale
L'équipe de création a réussi une symbiose totale de plusieurs formes d'art. Danse, théâtre, vidéo et environnement sonore se marient à merveille. Le spectacle est une cocréation et cela se sent, se voit, se vit. Les acteurs dansent, les danseurs jouent, la musique parle et la vidéo vibre.  Les émotions passent par quatre canaux qui ajoutent une couche de sentimentalité, qu'une simple collaboration n'aurait pas permis.

Tout s'imbrique merveilleusement bien en une sorte d'art nouveau. Les premières fois ne sont pas uniquement sur le fond mais dans la forme également. Une première oeuvre d'une forme d'art qui reviendra? Espérons-le!

Malgré quelques légers faux pas, les interprètes en parité totale (trois hommes et trois femmes qui sont trois danseurs et trois comédiens) réussissent le pari de passer avec fluidité et naturel d'un art à l'autre. L'illusion est totale et l'émotion passe merveilleusement bien à la fois par le corps et l'interprétation.

Crédit photo: Daniel Richard

À découvrir!
Partez à la rencontre des anciennes odeurs qui habitent votre subconscient. Découvrez une forme d'art inédite. Éveillez vos sens à nouveau avec L'Éveil. Un spectacle à voir pour toutes ces raisons et bien d'autres.

Au Périscope jusqu'au 10 octobre. Avec Jean-François Duke (danseur), Gabriel Fournier (comédien) André Robillard (comédien), Odile-Amélie Peters (danseuse), Claudiane Ruelland (comédienne), Ariane Voineau (danseuse). Une mise en scène de Marie-Josée Bastien. Une chorégraphie d'Harold Rhéaume. Un texte de Marie-Josée Bastien et Steve Gagnon.

Bon théâtre et bonne danse !