30 novembre 2015

Strip-tease, textes inédits et panel théâtre

Le mois se clôt joyeusement avec des chômeurs qui se déshabillent, des textes inédits dans une ambiance festive et notre panel théâtre mensuel en compagnie de la bande de joyeux drilles des Enfants.

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

La directrice artistique du Festival du Jamais lu sera en conversation téléphonique pour nous parler de cet événement qui squattera la scène du Périscope avec des textes inédits pendant trois soirs.


Festival du Jamais lu
Périscope
Du 3 au 5 décembre


Deuxième bloc - vers 17h 50


Le comédien Marcel Leboeuf nous entretiendra de la pièce Ladies Night. Une comédie sur la solidarité masculine où des chômeurs deviennent strip-teaseurs.

Ladies Night
Salle Albert-Rousseau
3, 22 et 23 décembre


Troisième bloc - vers 18h 10

Sur la montagne, nue
Crédit photo: Cath Langlois

Émilie Rioux, David Lefebvre et Marc Proulx seront en studio pour notre troisième panel théâtre de la saison. Au menu de l'excellent théâtre commenté par nos chroniqueurs.


Bon théâtre et bonne danse !
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Le 1er décembre, c'est Mardi, je donne! Soyez généreux et donnez à l'organisme de votre choix mais si vous voulez aider à vaincre le cancer faites un don au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer en cliquant ici. Vous ferez d'une pierre deux coups en aidant à vaincre le cancer et en me supportant pour ce défi de 200 km en vélo en deux jours. Merci de votre générosité!

26 novembre 2015

Critique, un métier en péril!

À l'occasion du dévoilement des récipiendaires des Prix de la critique, l'Association québécoise des critiques de théâtre a publié une lettre ouverte dénonçant la disparition graduelle de la critique dans les médias généralistes. J'espère, en tant que critique et amoureux du théâtre, que cette lettre sensibilisera les médias généralistes. Voici donc, l'intégrale de cette lettre. 

Un commentaire de Robert Boisclair


Montréal, le 25 novembre 2015

Alors que la critique culturelle ne cesse de perdre du terrain dans les médias traditionnels, l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) souhaite réaffirmer l'importance de la critique de théâtre dans la société et s'inquiéter de sa mort annoncée.

Critique, un métier en péril
Depuis plusieurs années, on assiste à la disparition progressive de l’espace critique dans les médias au profit de l’espace promotionnel. Ainsi le marketing prend peu à peu la place du choix éditorial (on parle plus volontiers des spectacles qui ont acheté un espace publicitaire), on sème volontairement la confusion entre la critique et le « prépapier », on brouille la frontière entre les articles écrits par des journalistes et les publireportages ou « vox-pop », et on accorde à la critique de théâtre un espace de plus en plus réduit, quand on ne la supprime pas purement et simplement.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il prend une ampleur inquiétante, et engendre une situation frustrante à la fois pour le public, pour les critiques et pour les artistes. En effet, comment développer un argumentaire satisfaisant quand on dispose en tout et pour tout de quelques paragraphes ou de moins d’une minute à la radio? Sans espace adéquat pour se déployer, c’est la pensée elle-même qui rétrécit.

Par ailleurs, s’opère un déplacement progressif de la critique des médias généralistes vers les médias spécialisés, notamment les revues culturelles, les blogues, les émissions de radio communautaires. Si ceux-ci jouent un rôle à part entière, il est toutefois indispensable que la pensée critique déployée dans les arts, et, notamment, dans le théâtre, soit transmise au plus grand nombre et ne soit pas l’affaire de quelques niches que seuls fréquentent ceux qui sont déjà initiés.

Il est aussi indispensable de mettre rapidement un frein au démantèlement du métier de critique culturel. Non seulement on assiste à une quasi-disparition des postes permanents, mais les médias découragent la spécialisation, engendrant ainsi un discours autour des œuvres qui manque de profondeur, et qui ne permet pas de mettre en perspective le travail des artistes. Tout se passe comme si l’on attendait du critique qu’il devienne un instrument de l’industrie culturelle et qu’il se mette au service de la machine promotionnelle.

Le populisme a la cote
Comme toute discipline humaniste, la critique de théâtre vise à développer la pensée, à ouvrir l'esprit, à susciter la réflexion, à provoquer la discussion, toutes choses fondamentales dans une société. Elle est indispensable pour comprendre à la fois un spectacle et l'air du temps.

Malheureusement, de nombreux patrons de presse ne s'intéressent plus à l'oeuvre ou au discours, mais à l'événement, et on ne peut que déplorer, tant du fait des chroniqueurs que des politiques, la banalisation d'un discours populiste réducteur qui déprécie à la fois les artistes et  les critiques, et qui appauvrit la société québécoise tout entière. Ainsi en est-il également de la complaisance et de la culture du consensus.

La critique de théâtre contribue au brassage d’idées et à l’édification de l’histoire du théâtre et du spectacle vivant, et, comme telle, joue un rôle essentiel qu’il convient de revaloriser au plus vite.

www.facebook.com/aqctheatre

— 30 —
SOURCE :
PHILIPPE COUTURE, président
AURÉLIE OLIVIER, vice-présidente
Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT)
Aqct.asso@gmail.com

Bon théâtre et bonne danse !

25 novembre 2015

Et les gagnants des Prix de la critique sont?

Les récipiendaires des Prix de la critique sont maintenant connus. Voici donc le résultat des délibérations des critiques de Québec et Montréal. Félicitations aux gagnants!

Un commentaire de Robert Boisclair

QUÉBEC

Dans la catégorie « Meilleur spectacle Québec » :
LES FÉES ONT SOIF, de Denise Boucher, dans une mise en scène d’Alexandre Fecteau, une production La Bordée ;
Revisiter ce texte important de notre dramaturgie, tout en réussissant à l’ancrer au présent, a
permis de susciter le débat et la réflexion dans l’arène publique et la sphère théâtrale. Soulignons aussi que la pièce était portée par un trio de comédiennes hors pair.

Les autres finalistes étaient:
W;T., de Margaret Edson, traduit par Maryse Warda, dans une mise en scène de Michel Nadeau, une production La Bordée ;
MACBETH, de William Shakespeare, traduit par Paul Lefebvre, dans une mise en scène de Marie-Josée Bastien, une production Trident.

Dans la catégorie « Meilleure mise en scène » :
CHRISTIAN LAPOINTE, pour Dans la république du bonheur, de Martin Crimp, une production Le Trident et Théâtre Blanc.
Créateur inspiré et radical, Christian Lapointe a renouvelé son regard au contact de l’écriture de Martin Crimp, trop rare sur nos scènes. La pièce était portée par une signature et une direction d’acteurs fortes, homogènes et réfléchies, et une démesure pleinement assumée.
Les autres finalistes étaient:
ALEXANDRE FECTEAU, pour Les fées ont soif, de Denise Boucher,, une production La Bordée ;
ANTOINE LAPRISE, pour Guerre et paix, de Louis-Dominique Lavigne et Antoine Laprise, d’après Tolstoï, une production Théâtre du Sous-Marin Jaune et Théâtre de Quartier.

Dans la catégorie « Meilleur texte original » :
LE LONG VOYAGE DE PIERRE-GUY B., de Pierre-Guy Blanchard, Philippe Soldevilla et Christian Essiambre, produit par le Théâtre Sortie de Secours, le théâtre l’Escaouette et le Théâtre français du Centre national des Arts ;
Porté par une narrativité captivante, ce récit honnête, habile et touchant se construisait avec intelligence malgré une apparente simplicité. Le monologue de Pierre-Guy B. sur Istanbul, particulièrement marquant, suscite l’admiration.

Les autres finalistes étaient:
DISPARAÎRE ICI, de Jocelyn Pelletier et Edith Patenaude, librement inspiré de l’oeuvre de Brett Easton Ellis, produit par TectoniK_ et Les Écornifleuses ;
USAGES, d’Amélie Bergeron, produit par les Brutes de décoffrage.

Dans la catégorie « Hors Québec » :
A GAME OF YOU, de Sophie de Somere, une production BAC – Battersea Arts Centre et Richard Jordan Productions Ltd. (Royaume-Uni), avec le soutien de Vooruit (Belgique) et The National Theatre Studio (Royaume-Uni), présentée au Carrefour international de théâtre de Québec.
Cette expérience théâtrale atypique et très bien structurée permettait au spectateur de faire un tour, voire un double tour sur lui-même. Le jeu flexible et plein d’empathie des comédiens est également à souligner.

Les autres finalistes étaient:
TAUBERBACH, d’Alain Platel, une production Ballets C de la B (Belgique) et Münchner Kammerspiele (Allemagne), présentée au Carrefour international de théâtre de Québec;
OH, LES BEAUX JOURS, de Samuel Beckett, dans une mise en scène de Marc Paquien, production Compagnie des petites heures (France), présentée à La Bordée.

Dans la catégorie « Interprétation féminine » :
LISE CASTONGUAY, pour son rôle dans Les fées ont soif, de Denise Boucher, dans une mise en scène d’Alexandre Fecteau, une production La Bordée ;
Lise Castonguay, actrice d’expérience à la présence forte, nous a marqués non pas dans une, mais pour chacune des quatre productions auxquelles elle a pris part lors de la saison 2014-2015. Elle parvient à susciter de grandes émotions avec peu d’artifices, grâce à un jeu fin qui s’enveloppe de couleurs étonnantes selon les rôles qui lui sont confiés.
Les autres finalistes étaient:
LORRAINE CÔTÉ, pour son rôle dans W;T, de Margaret Edson, traduit par Maryse Warda, dans une mise en scène de Michel Nadeau, une production La Bordée ;
NOÉMIE O’FARRELL, pour son rôle dans Photosensibles, textes d’auteurs variés, dans une mise en scène de Maxime Robin, une production La Vierge Folle.

Dans la catégorie « Interprétation masculine » :
JEAN-RENÉ MOISAN, pour son rôle dans La chatte sur un toit brûlant, de Tennesse Williams, traduit par René Dionne, dans une mise en scène de Maxime Robin, une production La Bordée ;
Jean-René Moisan, qui se voyait confier un imposant premier rôle, a su jouer les tiraillements intérieurs du personnage de Brick avec une habileté et une solidité indéniables. Son face-à-face avec Patric Saucier (Big Daddy) fait partie des grands moments de théâtre de la saison dernière. 

Les autres finalistes étaient:
CHRISTIAN ESSIAMBRE, pour son rôle dans Le long voyage de Pierre-Guy B., de Pierre-Guy Blanchard, Philippe Soldevilla et Christian Essiambre, produit par le Théâtre Sortie de Secours, le théâtre l’Escaouette et leThéâtre français du Centre national des Arts ;
ROLAND LEPAGE, pour son rôle dans Dans la république du bonheur, de Martin Crimp, traduit par Philippe Djian, dans une adaptation et mise en scène de Christian Lapointe, une production Théâtre Blanc et Le Trident.

Notez que la catégorie « Jeunes publics » a été annulée à Québec cette année, faute de votes suffisants.


MONTRÉAL

Dans la catégorie « Meilleur spectacle Montréal » :
RICHARD III, de William Shakespeare, traduit par Jean-Marc Dalpé, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens, une production Sibyllines ;
Ce spectacle de Sibyllines nous a impressionnés par sa manière équilibrée et cohérente de révéler les dimensions humaines et sociales du texte, naviguant avec adresse entre la psychologie torturée du personnage et ses cruelles stratégies politiques. La mise en scène habile et agile de Brigitte Haentjens, qui a confirmé par là sa grande maîtrise du plateau et son talent pour diriger d’imposantes distributions, a surévéler les nombreuses couches de sens du texte tout en inventant un captivant théâtre d’action, porté par de sublimes acteurs dans une scénographie épurée et efficace, laquelle permettait une mise en lumière des rapports de force entre les personnages.

Les autres finalistes étaient:
UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR, d’après Tennesse Williams, traduit par Paul Lefebvre, dans une mise en scène de Serge Denoncourt, une production Espace GO ;
LUMIÈRES, LUMIÈRES, LUMIÈRES, d’Evelyne de la Chenelière, d’après Virginia Woolf, dans une mise en scène de Denis Marleau, une production Espace GO.

Dans la catégorie « Meilleure mise en scène » :
SERGE DENONCOURT, pour Un tramway nommé désir, d’après Tennesse Williams, traduit par Paul Lefebvre, une production Espace GO ;
De ce texte américain, Serge Denoncourt a su éclairer une dimension charnelle et décomplexée que peu d’autres metteurs en scène ont osé mettre de l’avant avant lui. Sa vision très sensuelle de l’œuvre empruntait brillamment aux codes du cinéma et révélait les personnages de Tennesse Williams dans leur brûlure vive, au seuil de la violence et du désir, dans une direction d’acteurs remarquable. Son choix de faire apparaître concrètement l’auteur sur scène, immergé dans sa création et pris de désir pour ses personnages, nous est apparu très fécond.

Les autres finalistes étaient:
BRIGITTE HAENTJENS, pour Richard III, de William Shakespeare, traduit par Jean-Marc Dalpé, une production Sibyllines ;
ANGELA KONRAD, pour Auditions ou me, myself and I, d’après Shakespeare, une production La Fabrik.

Dans la catégorie « Meilleur texte original » :
ENNEMI PUBLIC, d’Olivier Choinière, publié chez Leméac et produit par L’Activité et le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui ;
À cause de sa construction dialogique précise et vertigineuse, qui enchevêtre et empile les discussions familiales dans une savante polyphonie et une parfaite illusion de naturalisme, ce texte nous est apparu brillant. Portant un regard perçant sur la société québécoise, Olivier Choinière met en lumière la pensée manichéenne et réductrice dans lesquels s’empêtrent le discours ambiant et l’opinion publique, peignant aussi un portrait saisissant des tiraillements de la cellule familiale.

Les autres finalistes étaient:
POUR RÉUSSIR UN POULET, de Fabien Cloutier, publié chez L’Instant Même et Dramaturges Éditeurs et produit par le Théâtre de la Manufacture ;
J’ACCUSE, d’Annick Lefebvre, publié chez Dramaturges Editeurs et produit par le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui.

Dans la catégorie « Jeunes publics » :
LES GRAND-MÈRES MORTES, de David Paquet et Karine Sauvé, dans une mise en scène de Karine Sauvé, une production Mammifères ;
Délaissant la narrativité linéaire pour emprunter une forme éclatée et performative, l’œuvre de Karine Sauvé et David Paquet se déployait dans une multiplicité d’émotions et de significations, ne sous-estimant jamais l’intelligence des jeunes spectateurs et abordant avec finesse les délicats sujets de la mort et du deuil.

Les autres finalistes étaient:
LES CORBEAUX NE SE PLAIGNENT PAS (LOS CUERVOS NO SE PEINAN), de Maribel Carrasco, dans une mise en scène de Boris Schoemann, une production Alas y Raíces (CONACULTA), Los Endebles et Secretaría de Cultura de San Luis Potosí (Mexique);
ROSÉPINE, de Daniel Danis, dans une mise en scène de Marthe Adam, une production des Amis de Chiffon.

Dans la catégorie « Hors Québec » :
TARTUFFE, d’après Molière, dans une mise en scène de Michael Thalheimer, une production Schaubühne (Allemagne) présentée au Festival TransAmériques ;
Cette relecture courageuse osait faire de Tartuffe un authentique fanatique religieux plutôt qu’un faux dévot: de quoi parler éloquemment d’un Occident très actuel, plus souvent qu’autrement dérouté par le retour du religieux. Avec ses acteurs prodigieux et dans une scénographie très signifiante, ce spectacle embrassait aussi une variété de traditions de jeu, jusqu’à l’extrême burlesque, sans sombrer dans la caricature, naviguant aux frontières du comique et du tragique avec maestria. Une production remarquable.

Les autres finalistes étaient:
QUAND JE PENSE QU’ON VA VIEILLIR ENSEMBLE, une création collective des Chiens de Navarre, dans une mise en scène de Christophe Meurisse, production Les Chiens de Navarre et Le Grand Gardon Blanc (France) présentée à l’Usine C
LA VECCHIA VACCA, texte et mise en scène de Salvatore Calcagno, une production Salvatore Calcagno / Garçon Garçon (Belgique), présentée au Théâtre La Chapelle.

Dans la catégorie « Interprétation féminine » :
DOMINIQUE QUESNEL, pour son rôle dans Auditions ou me, myself and I, d’après Shakespeare, adapté et mis en scène par Angela Konrad, une production La Fabrik ;
Menant depuis des années une carrière admirable mais discrète, Dominique Quesnel trouve dans ses récentes collaborations avec la metteure en scène Angela Konrad des rôles à sa mesure et un territoire propice à révéler son talent. Dans le rôle d’une metteure en scène aussi tyrannique que fragile, elle usait d’autorité et de narcissisme tout en parvenant à faire apparaître les failles et les craquements d’un personnage complexe.

Les autres finalistes étaient:
CÉLINE BONNIER, pour son rôle dans Un tramway nommé désir, d’après Tennesse Williams, traduit par Paul Lefebvre, dans une mise en scène de Serge Denoncourt, une production Espace GO ;
EVELYNE ROMPRÉ, pour son rôle dans Lumières, lumières, lumières, d’Evelyne de la Chenelière, d’après Virginia Woolf, dans une mise en scène de Denis Marleau, une production Espace GO.

Dans la catégorie « Interprétation masculine » :
SÉBASTIEN RICARD, pour son rôle dans Richard III, de William Shakespeare, traduit par Jean-Marc Dalpé, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens, une production Sibyllines ;
Sébastien Ricard n’en est pas à son premier rôle remarquable sur nos scènes mais son incarnation de Richard III nous a montré un acteur parvenu à un grand degré de maturité et de contrôle. Dans le rôle mythique et vertigineux du duc de Gloucester, il était à la fois terrifiant et séduisant, articulant le basculement du personnage vers la folie dans un mouvement très subtil. Son jeu physique, maîtrisé et constant, force l’admiration, de même que son travail vocal, porté par une rythmique savamment construite qui honore la musicalité de l’écriture shakespearienne.

Les autres finalistes étaient:
ERIC ROBIDOUX, pour son rôle dans Un tramway nommé désir, d’après Tennesse Williams, traduit par Paul Lefebvre, dans une mise en scène de Serge Denoncourt, une production Espace GO ;
BENOÎT MCGINNIS, pour son rôle dans Being at home with Claude, de René-Daniel Dubois, dans une mise en scène de Frédéric Blanchette, une production Théâtre du Nouveau Monde.

PRIX SPÉCIAL
Remis à CHRISTIAN LAPOINTE pour TOUT ARTAUD?!, une production Recto-Verso, avec la collaboration du Théâtre La Chapelle et du Festival TransAmériques.
Connu comme metteur en scène, auteur, comédien et théoricien, Christian Lapointe va peut-être également marquer l’histoire du théâtre québécois par la démesure de son projet Tout Artaud?!, qui l’a mené à passer presque trois jours et nuits sur la scène du Théâtre La Chapelle en compagnie des mots d’Artaud et de quelques accessoires qui sont vite devenus décors et symboles par la magie d’un théâtre spontané et quasi-mystique. Acte de théâtre radical, la lecture-marathon aura été tour à tour spirituelle, ludique et critique, mais elle aura surtout créé chez les spectateurs un sentiment d’urgence et de nécessité d’être au théâtre, une communion rare avec la scène, en dehors de ses cadres et formats habituels. Pour toutes ces raisons, l’événement fut exceptionnel. Une vraie leçon de théâtre, sans compromis et sans fioritures.

source: AQCT

23 novembre 2015

Une pièce qui gratouille et contes urbains à l'affiche

Le conte s'invite aux Enfants sous deux formes différentes en compagnie d'une pièce qui gratouille joyeusement!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

Le conte est définitivement urbain dans ce premier bloc. Monique Gosselin, metteur en scène du spectacle Les Zurbains, sera en conversation téléphonique alors que la jeune auteur Camila Rodriguez sera en studio pour nous parler de l'édition 2015 des Zurbains qui, comme toujours met en vedette des jeunes auteurs de Québec, Montréal et, nouveauté cette année, de France.

Camila Rodriguez

Les Zurbains
Les Gros Becs
Du 24 au 27 novembre


Deuxième bloc - vers 17h 50


Les Treize, troupe de théâtre de l'Université Laval, présente une pièce qui gratouille et bourrée de non-dits. La metteur en scène et une des comédiennes de La Société des loisirs seront en studio pour nous parler de cette tragédie drôle.

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Quelques répliques de La Société des loisirs:

« Tu m’as traitée comme une merde tout à l'heure…
Je n'aime pas quand tu me traites comme si j’étais ta femme! »

« On n’avait pas le temps de faire du bénévolat,
alors en adoptant un enfant, on a amené le bénévolat à la maison »
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La Société des loisirs
Théâtre de poche du pavillon Maurice-Pollack de l'Université Laval
Du 2 au 6 décembre


Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Cath Langlois

Émilie Rioux fera son commentaire critique de la pièce Sur la montagne, nue, une série de contes théâtralisés, dans ce troisième bloc.

Sur la montagne, nue
Premier acte
Jusqu'au 5 décembre

Bon théâtre et bonne danse !
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Les 9 et 10 juillet 2016, je vais prendre part au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement caritatif, faire un don ou encore relever ce défi stimulant, vous pouvez cliquer ici. Merci de votre générosité!

21 novembre 2015

L'absurde et l'irrationnel s'invite au Cercle

Le Cercle offre une soirée tout en humour, acrobaties et jeux rythmiques en coproduction avec le Théâtre Niveau Parking le 23 novembre prochain.

Un commentaire de Robert Boisclair


Le Théâtre Niveau Parking et Le Cercle présentent CHSLD : Centre d’Humbles Survivants Légèrement Détraqués le lundi 23 novembre à 19 h 30. Sous la direction artistique de Véronika Makdissi-Warren, cette deuxième Carte blanche de la saison 2015-2016 plongera le public dans l’univers théâtral loufoque du slapstick (littéralement « bâton claqueur » ou « coup de bâton »). La routine quotidienne de quatre « petits vieux » deviendra prétexte à des aventures rocambolesques. Une occasion unique de voir l’Âge d’or briller comme jamais sous les feux de la rampe!

Avec CHSLD, Véronika Makdissi-Warren emprunte au jeu physique et clownesque à la Charlie Chaplin de KomikSlapstickMusikKlub, qu'elle a présenté en 2013, et inverse les rôles comme pour Outrage en bouche, qu'elle a offert au public de Québec un peu plus tôt en 2015, alors que des jeunes acteurs se glissent dans la peau de personnages âgés.

Sur scène, Marie-Pier Lagacé, Patrick Ouellet, Jocelyn Paré, Raphaël Posadas et Karina Werneck Assis, sont les agents de cette exploration théâtrale et usent d’humour, d’acrobaties et de jeux rythmiques pour aborder, avec tendresse, les thèmes de la vieillesse, de la vulnérabilité et de la solitude. Une Carte blanche décalée ou le jeu naïf rappelle que le troisième âge n’est pas si loin de l’enfance! Pour en savoir plus, cliquez ici.

Bon théâtre et bonne danse !
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Les 9 et 10 juillet 2016, je vais prendre part au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement caritatif, faire un don ou encore relever ce défi stimulant, vous pouvez cliquer ici. Merci de votre générosité!

19 novembre 2015

Les prix de l'AQCT: du théâtre de qualité en nomination!

Le théâtre de qualité était au rendez-vous lors de la saison 2014-2015 et l'Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT) reconnait la grande qualité du travail des artistes et artisans à Québec et Montréal. Voici donc les meilleurs spectacles et artistes en nomination pour les prix de l'AQCT.

Un commentaire de Robert Boisclair


L'Association québécoise des critiques de théâtre est heureuse d'annoncer les finalistes à ses prix de la critique. Les récipiendaires de chacune des catégories seront annoncés le 25 novembre sur ce blogue.

Québec
Dans la catégorie Meilleur spectacle:

Les fées ont soif (Bordée)
W;T (Bordée)
Macbeth (Trident)

Dans la catégorie Meilleure mise en scène:

Les fées ont soif (Alexandre Fecteau, Bordée)
Guerre et paix (Antoine, Laprise, Bordée)
Dans la république du bonheur (Christian Lapointe, Trident)

Dans la catégorie Meilleur texte original:

Le long voyage de Pierre-Guy B (Pierre-Guy Blanchard, Philippe Soldevilla, Christian Essiambre, Périscope)
Disparaître ici (Jocelyn Pelletier et Édith Patenaude, Périscope)
Usages (Amélie Bergeron, Premier acte)

Dans la catégorie Interprétation masculine:

Jean-René Moisan (La chatte sur un toit brûlant, Bordée)
Christian Essiambre (Le long voyage de Pierre-Guy B, Périscope)
Roland Lepage (La république du bonheur, Trident)

Dans la catégorie Interprétation féminine:

Lorraine Côté (W;T, Bordée)
Lise Castonguay (Les fées ont soif, Bordée)
Noémie O'Farrell (Photosensibles, Premier acte)

Dans la catégorie Spectacle hors Québec:

Tauberbach (Carrefour international de théâtre)
Oh les beaux jours (Bordée)
A game of you (Carrefour international de théâtre)

Montréal
Dans la catégorie Meilleur spectacle:

Un tramway nommé désir (Espace Go)
Richard III (Sybillines)
Lumières, lumières, lumières (Espace Go)

Dans la catégorie Meilleure mise en scène:

Auditions ou me, myself and I (Angela Konrad, La Fabrique)
Un tramway nommé désir (Serge Denoncourt, Espace Go)
Richard III (Brigitte Haentjens, Sybillines)

Dans la catégorie Meilleur texte original:

Pour réussir un poulet (Fabien Cloutier)
Ennemi public (Olivier Choinière)
J'accuse (Annick Lefebvre)

Dans la catégorie Spectacle hors Québec:

Tartuffe (Festival TransAmérique)
Quand je pense qu'on va vieillir ensemble (Usine C)
La Vecchia Vacca (Théâtre La Chapelle)

Dans la catégorie Interprétation masculine:

Eric Robidoux (Un tramway nommé désir, Espace Go)
Sébastien Ricard (Richard III, Sybillines)
Benoît McGinnis (Being at home with Claude,TNM)

Dans la catégorie Interprétation féminine:

Céline Bonnier (Un tramway nommé désir, Espace Go)
Evelyne Rompré (Lumières, lumières, lumières, Espace Go)
Dominique Quesnel (Auditions ou me, myself and I, La Fabrik)

Dans la catégorie Meilleur spectacle jeune public:

Les grand-mères mortes 
Les corbeaux ne se plaignent pas
Rosépine

La meilleure des chances à tous les nominés. Bon théâtre et bonne danse !

Sur la montagne, nue: mots d'amour

Premier acte offre une douce poésie bercée par les mots de femmes qui vivent, aiment et apprécient la vie et ses multiples possibilités. Sur la montagne, nue est une douce berceuse qui fait chaud au coeur.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois

Sur la montagne, nue est une soirée de contes inhabituelle. Des contes qui posent un regard féminin et lumineux au monde. Quatre comédiennes, seules ou en duos, s'adressent aux spectateurs. Intimistes, elles se livrent, explorent toutes les époques de la vie d'une femme.

Douceur
Sur la montagne, nue est un spectacle de contes présenté dans un style théâtral. La mise en scène est nue, ouverte. Le décor est minimaliste: un quai qui s'avance, des galets, des chemises suspendues par dizaine et un piano dans un coin.

Le spectacle débute avec le pianiste qui suggère l'ambiance qui bercera la spectacle du début à la fin: emplie de douceurs et de tendresse, poétique. Un spectacle féminin qui vient chercher la spectatrice comme le spectateur. Il ressort de ce spectacle comme une joie de vivre, un bonheur simple d'exister et de profiter de la vie.

Les mots bercent. Mais comme il s'agit de contes qui s'additionnent les uns aux autres, le spectateur doit être à l'écoute, attentif, pour suivre les péripéties de ces femmes qui vibrent, découvrent, vivent et aiment. Surtout. Car l'amour n'est jamais bien loin pour ces femmes toutes différentes mais si similaires en même temps. Toutes à la quête d'un bonheur simple.

La langue d'Anne-Julie Royer est belle. Poétique. Enivrante par moments. Les quatre comédiennes ont le ton juste, l'expression vive ou intérieure selon le cas. Elles sont de merveilleuses femmes multiples: magnifique Valérie Laroche, séduisante Marianne Marceau, radieuse Linda Laplante, juvénile Laurie-Ève Gagnon. Les femmes qu'elles offrent sont à la fois des gens simples et des êtres prodigieux que le spectateur prend plaisir à découvrir à travers l'excellente interprétation des comédiennes et par les moments du quotidien qui prennent des allures d'aventures héroïques par moments.

À voir!
Un doux moment en compagnie de quatre comédiennes qui amènent admirablement bien le spectateur dans l'univers poétique d'Anne-Julie Royer. À voir, ne serait-ce que pour oublier les moments sombres qui meublent notre quotidien depuis quelques temps.

À Premier acte jusqu'au 5 décembre. Avec Laurie-Ève Gagnon, Linda Laplante, Valérie Laroche, Marianne Marceau et Marc Roussel (pianiste sur scène). Une mise en scène de Marie-Hélène Gendreau. Un texte d'Anne-Julie Royer.

Bon théâtre et bonne danse !
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Les 9 et 10 juillet 2016, je vais prendre part au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement caritatif, faire un don ou encore relever ce défi stimulant, vous pouvez cliquer ici. Merci de votre générosité!

16 novembre 2015

Transformation des corps, contes et dialogue avec soi-même

Les arts multiples sont au menu des Enfants du paradis: conte, danse, théâtre et marionnettes se côtoient pour votre plus grand plaisir. Venez nous écouter ce soir.

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

La transformation des corps est à l'honneur d'EMMAC Terre marine que coprésentent Les Gros Becs et La Rotonde. Daniel Soulières, fondateur et directeur artistique de Danse-Cité, sera en conversation téléphonique pour nous parler de ce spectacle.

Crédit photo: Frédérick Duchesne

EMMAC Terre marine
Les Gros Becs
Du 17 au 22 novembre


Deuxième bloc - vers 17h 50

Les contes de Normanville

Yolaine, secrétaire et directrice artistique des Ami.e.s imaginaires, squattera le siège de l'invité pour nous entretenir de la 3e édition du Festival de la Parole au Conte.

Festival de la Parole au Conte
Divers lieux
Du 25 au 29 novembre


Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Valérie Remise

Émilie Rioux sera en studio pour nous parler du spectacle Sauvageau Sauvageau qui tient l'affiche du Périscope.

Sauvageau Sauvageau
Périscope
Jusqu'au 28 novembre

Bon théâtre et bonne danse !
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Les 9 et 10 juillet 2016, je vais prendre part au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement caritatif, faire un don ou encore relever ce défi stimulant, vous pouvez cliquer ici. Merci de votre générosité!


14 novembre 2015

L'union fait la force!

Cinq théâtres qui s'allient pour faire rayonner le théâtre, un signal fort de la vitalité du théâtre à Québec. 

Un commentaire de Robert Boisclair


Belle initiative des théâtres de Québec que cet abonnement croisé. Les cinq principales salles, Les Gros Becs, le Périscope, le Trident, la Bordée et Premier acte, offrent pour la modique somme de 120$, un abonnement permettant de voir une pièce en duo dans chacune des salles. Pour 24$ par représentation, c'est une chance unique de découvrir la vitalité du théâtre à Québec.

En cette ère où les abonnements fondent à vue d'oeil, c'est l'occasion pour les théâtres de la région de faire découvrir à petits prix notre excellent théâtre. C'est aussi un signe que les théâtres de la région ne se laissent pas abattre par la baisse de l'achalandage dans les salles. Plutôt que de se battre l'un contre l'autre pour se gagner des spectateurs, ils ont décidé de partager ceux qui squattent déjà les salles avec l'espoir d'en attirer de nouveaux.

Depuis quelques temps, les initiatives pleuvent (abonnement flexible et à prix uniforme pour tous les types de spectateurs, guichet unique et commun de réservation, conciliation théâtre/famille) dans l'espoir de retrouver une clientèle de plus en plus fuyante. Des initiatives qui, espérons-le, ramènera des spectateurs dans les salles de la région.

Une chose est certaine, nos directeurs artistiques et administratifs sont imaginatifs dans leurs approches. Espérons que les spectateurs suivront et embarqueront dans l'aventure et s'offriront le bonheur de découvrir le théâtre de Québec.

Bon théâtre et bonne danse !
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Les 9 et 10 juillet 2016, je vais prendre part au Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement caritatif, faire un don ou encore relever ce défi stimulant, vous pouvez cliquer ici. Merci de votre générosité!

8 novembre 2015

Fresque, poésie et commentaire critique

Venez découvrir deux transpositions sur scène de deux romans et de deux recueils de poèmes aux Enfants du paradis ce soir. Quand la littérature squatte les scènes, cela donne du bon théâtre!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

Le comédien Vincent Bilodeau sera en conversation téléphonique pour nous parler de la fresque d'aventures Moby Dick qui tiendra l'affiche de la Salle Albert-Rousseau le 16 novembre.


Moby Dick
Salle Albert-Rousseau
16 novembre


Deuxième bloc - vers 17h 50



La metteur en scène Marie-Ginette Guay nous entretiendra des recueils de poésie Noeud coulant, de Michaël Trahan, et Royaume scotch tape, de Chloé Savoie-Bernard, qui squatteront la scène du Studio-théâtre du Conservatoire en novembre.

Royaume scotch tape et Noeud coulant
Studio-théâtre du Conservatoire
Les 14, 15, 16 et 17 novembre


Troisième bloc - vers 18h 10


Le troisième bloc sera réservé à notre commentaire critique de 1984 qui tient l'affiche du Trident.

1984
Trident
Jusqu'au 28 novembre

Bon théâtre et bonne danse !
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6 novembre 2015

1984: orwellien

Le 1984 du Trident propose un «pire des mondes» bien orwellien. Les costumes, l'environnement sonore, l'esthétique de la pièce, les décors qu'il donne à voir, les captations vidéos, contribuent à l'étouffement et à la création de ce futur frigorifiant qu'a imaginé l'auteur Georges Orwell dans le roman éponyme.

Une critique de Robert Boisclair

En répétition
Crédit photo: Hélène Bouffard

La pièce débute par un club de lecture qui, bien longtemps après l'année 1984, discute de l'oeuvre. Puis tout d'un coup, incursion en l'année 1984 dans l'univers de Winston Smith (Maxim Gaudette) qui travaille aux Archives du Ministère de la Vérité. Il est amoureux de Julia (Claudiane Ruelland) avec laquelle il fait l'amour dans une chambre qui, miraculeusement, est à l'abri des écrans de surveillance. Il est contacté par O'Brien (Alexis Martin), membre d'une société secrète qui tente de faire tomber le parti. Mais c'est un piège. Dénoncé, Winston est torturé et rééduqué.

Orwellien
Belle réussite d'Édith Patenaude et son équipe dans la création de cet univers oppressant où la liberté n'existe plus et où la langue est normalisée, détournée de sa fonction première au bénéfice d'un État totalitaire qui ne cherche qu'à formater la pensée. Les costumes gris, le décor épuré aux airs cataclysmiques, l'écran de surveillance géant qui trône au centre de la scène, l'éclairage généralement sombre mais intense lors des interrogatoires, tout contribue à créer l'ambiance étouffante du «pire des mondes».

L'utilisation d'une caméra qui recrache sur un écran géant les expressions les plus fines des comédiens est une très belle trouvaille. Cela ajoute à l'ambiance oppressante, à cette présence constante d'un «Big Brother» qui observe les moindres gestes des citoyens.

Une adaptation troublante qui démontre que les intuitions de George Orwell étaient justes. Si notre monde n'est pas celui de 1984, il s'y approche, à certains égards, dangereusement. La langue de bois de nos politiciens, n'est-elle pas une forme primaire de Novlangue, ce langage rudimentaire prisé par les dirigeants totalitaires de 1984? Internet ne sert-il pas de défouloir collectif à l'image des ces «Deux minutes de la haine» de la pièce?  Une adaptation qui ne laisse personne indifférent.

La distribution est sublimée par un Maxim Gaudette en total contrôle de son personnage. Alexis Martin est juste assez froid et cynique dans son rôle d'initiateur qui se mue en tortionnaire. Claudiane Ruelland est une admirable Julia.

À ne pas manquer!
Un spectacle qui questionne et qui amène le spectateur à poser un regard différent sur notre société. Une pièce à ne manquer sous aucun prétexte pour ceux qui n'ont pas peur de sortir de leur zone de confort.

Au Trident jusqu'au 28 novembre. Avec Véronique Côté, Jean-Michel Déry, Maxim Gaudette, Eliot Laprise, Justin Laramée, Alexis Martin, Claudiane Ruelland et Réjean Vallée. Une mise en scène d'Édith Patenaude. Un texte de George Orwell.

Bon théâtre et bonne danse !

4 novembre 2015

Et au pire, on se mariera: amour d'adolescente

Une pièce qui squatte bien des zones grises mais qui traite parfois doucement, parfois durement d'un amour adolescent qui fait mal. Une rencontre avec la vérité toute crue. Celle d'Aïcha, une adolescente au coeur brisé. 

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Joé Pelletier

Aïcha, une adolescente troublée se raconte, révélant sa relation ambiguë avec son père adoptif, sa haine pour sa mère, ses amis travestis et prostitués et sa relation avec Baz, un homme bien plus âgé qu'elle. Elle est, comme toutes les adolescentes, passionnelle et à fleur de peau. Mais c'est aussi une écorchée vive qui croit tout savoir sur la vie et les relations humaines. Elle souffre d'une vie déjà trop et mal remplie.

Fine interprétation
Dans un décor épurée, la scène est minimaliste avec une table, une chaise et un muret au centre d'un petit espace carré délimité par un amoncellement de verre brisé, un comédienne attend le spectateur qui entre dans la salle. C'est Aïcha, nerveuse, en attente de son interrogatoire. La comédienne Kim Despatis se lance alors dans un long monologue/dialogue avec aplomb. Elle est adolescente. Elle est Aïcha. Même si la comédienne a le double de l'âge du personnage, son interprétation est plus que crédible. Elle se glisse parfaitement, même si parfois elle tombe dans la caricature pour de courts instants, dans la peau de cette adolescente prête à tout pour vivre le grand amour.

L'adaptation du metteur en scène Nicolas Gendron s'est concentré sur l'essentiel, l'histoire d'amour interdite. Choix judicieux de placer son héroïne dans une salle d'interrogatoire anonyme. L'histoire occupe ainsi toute la place, celle qu'elle mérite. Excellente idée que ce verre brisé qui encercle l'espace de jeu, symbole des multiples personnalités d'Aïcha, de son coeur brisé en mille morceaux ou de son caractère autodestructeur.

À voir!
Kim Despatis est lumineuse dans une performance pleine de vitalité. La pièce touche droit au coeur et le dénouement surprend avec une révélation terrible. Une pièce incontournable à voir avant que le rideau ne tombe le 7 novembre.

À Premier acte jusqu'au 7 novembre. Avec Kim Despatis. Une mise en scène de Nicolas Gendron. Un texte de Sophie Bienvenu.

Bon théâtre et bonne danse !
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2 novembre 2015

Adolescents et jeunes adultes brisés par la vie!

La vie est parfois bien dure avec nos jeunes et c'est la thématique qui ressort des spectacles dont nous parlerons ce soir!

Par Robert Boisclair


Premier bloc - 17h 30

Crédit photo: Joé Pelletier

Nicolas Gendron, qui a mis en scène et adapté le roman Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenue au théâtre, nous entretiendra de ce spectacle autour d'une jeune adolescente en détresse amoureuse.

Et au pire, on se mariera
Premier acte
Du 3 au 7 novembre


Deuxième bloc - vers 17h 50

Sauvageau Sauvageau en répétition
Crédit photo: Ulysse Del Drago

Christian Lapointe adapte et met en scène l'oeuvre d'Yves Sauvageau, l'homme de théâtre qui s'est suicidé à l'âge de 24 ans, dans ce spectacle qui est un face-à-face entre un Sauvageau dans la vingtaine et le Sauvageau dans la soixantaine qu'il aurait pu être s'il n'avait pas mis fin à ses jours à 24 ans. Le metteur en scène viendra en discuter au deuxième bloc de l'émission.

Sauvageau Sauvageau
Périscope
Du 10 au 28 novembre


Troisième bloc - vers 18h 10


David Lefebvre sera en studio pour nous offrir son commentaire critique de Trainspotting, pièce coup de poing qui s'intéresse à une bande de jeunes paumés sans avenir.

Trainspotting
Bordée
Jusqu'au 21 novembre

Bon théâtre et bonne danse !
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