16 juin 2016

Roum dum dum wa la dou, c'est le temps des vacances!

Les plaisirs du théâtre et de la danse viennent de se terminer dans l'apothéose avec le Carrefour international de théâtre de Québec. Il est temps de reprendre des forces avant un automne théâtral et dansé qui s'annonce occupé.

 Par Robert Boisclair


Ce blogue s'offre une pause pour la saison d'été. L'activité reprendra au mois d'août avec Les samedis de la programmation pour vous mettre l'eau à la bouche des saisons théâtrales et dansées de Québec.

Pendant la pause d'été, le compte Twitter continuera d'être actif alors suivez-nous tout au long de l'été. Au plaisir de vous retrouvez sur ce blogue en août! En prime, Pierre Lalonde qui vous chante C'est le temps des vacances, histoire de vous mettre dans l'esprit de l'été!


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Bon théâtre, bonne danse et bon été !

12 juin 2016

Mon Carrefour en trois questions

Le Carrefour international de théâtre de Québec vient tout juste de se terminer. Voici en quelques questions mon Carrefour qui est, possiblement, différent du vôtre. Quel a été le vôtre?

Une billet de Robert Boisclair

Quel moment me restera en mémoire?

Comme il est parfois difficile de faire un choix, et c'est le cas ici, j'en citerai deux. D'abord le spectacle Cendrillon dans son ensemble. Pour le voyage qu'offrait Joël Pommerat dans l’univers d’une Cendrillon, à la fois si familière et si différente. Une oeuvre bourrée de personnages atypiques et avec des surprises à la tonne. Et surtout d’avoir remonté dans le temps pour partir du décès de la mère et faire une pièce sur sur la mort, sur la vie, sur le deuil et sur le temps. Et, à ma grande surprise, pas morbide ou tragique du tout. Un spectacle magnifique du début à la fin.

Cendrillon
Crédit photo: Cici Olsson

Ensuite, l’ambiance mais surtout la merveilleuse musique de Bibish de Kinshasa. Une musique congolaise enveloppante et un univers baigné par l’espoir, la joie de vivre au coeur de très grands drames. Une pièce profondément humaine. Une oeuvre touchante et sensible.

Bibish de Kinshasa
Crédit photo: David Ospina

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Quelle est la proposition qui m'a le plus surpris, secoué, questionné?

Une réponse en trois volets tant le Carrefour m'a marqué de plusieurs manières.

Le plus surpris: Cendrillon. Pour toutes les raisons évoquées plus haut mais également pour l'audace d'offrir des personnages hors normes: une Cendrillon au physique de garçon manqué, une Fée qui refuse d'utiliser ses dons, qui fume comme une cheminée et s'essaie à la magie, bien maladroitement, et des rôles masculins interprétés par des femmes, pour ne ne nommer que ces quelques éléments.

Le plus secoué: Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni (Nous partons pour ne plus vous donner de soucis). Pour le retournement du questionnement de départ, quitter ce monde pour ne plus être une charge économique, qui se transforme en une enquête sur les raisons profondes des suicides. Des questionnements sur la vie et le sens que la société et l'individu lui donnent.

Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni
Crédit photo: Futura Tittaferrante

Le plus questionné: Las Ideas. Pour son questionnement ouvert sur la vérité dans l'interprétation lors d'une représentation. Une question qui reste ouverte après le spectacle mais qui me travaille encore, plusieurs jours après la dernière minute de la représentation.

Las Ideas
Crédit photo: Bea Borgers

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Aidez-moi à vaincre le cancer!
Le cancer est un fléau qui touche de nombreux Québécois. En 2016, on estime que 196 900 nouveaux cas de cancer (excluant environ 78 300 cancer de la peau de type non-mélanome) seront découverts et 78 000 décès seront dus au cancer. Approximativement 96 400 femmes et 100 500 hommes canadiens seront diagnostiqués avec le cancer cette année. Aidez à vaincre le cancer en faisant un don sur ma page personnelle du Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Votre don aidera à vaincre le cancer et me permettra de relever le défi d'effectuer 200 km à vélo en compagnie de survivants de cette terrible maladie que j'effectuerai les 9 et 10 juillet prochains.  Cliquez ici pour faire un don sécurisé qui sera remis au CHU de Québec. Merci de votre générosité!

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Quels grands thèmes reliaient certains spectacles du Carrefour?

Il y a eu, selon moi, quelques thèmes qui flottaient tout au long des spectacles vus. Tout d'abord, une certaine redéfinition de la relation comédien/spectateur: adresses directes au public (Bibish de Kinshasa, Straight Jacket Winter), le personnage qui cède sa place au comédien ou comédien qui est lui-même le personnage (Ce ne andiamo, Las Ideas), dénuement scénique (peu ou pas de décor et d'accessoires, aire de jeu ouverte sur les coulisses) qui fait que la frontière entre la salle et la scène (Ce ne andiamo, Straight Jacket Winter, Bibish de Kinshasa) s'efface doucement. La scène et la salle tendent à se confondre, à n'être plus qu'un seul et même lieu, un peu comme s’il n’y avait plus de barrière entre la salle et la scène. Le spectateur fait partie de la représentation. Il est plus qu'un simple spectateur.

Ensuite la fusion metteur en scène/concepteur et comédien où le metteur en scène se met en scène comme comédien (Las Ideas, Bibish de Kinshasa, Straight Jacket Winter, Ce ne andiamo…) Dans ces spectacles, le metteur en scène/concepteur est également interprète. Une implication plus personnelle afin de mieux passer son message? Peut-être.

Plusieurs spectacles baignaient dans un certain positivisme ou optimisme. Même les sujets à prime abord sombres ne l'étaient pas en bout de course: on y voyait le beau dans le laid (Bibish de Kinshasa, Ce ne andiamo...), le dramatique qui s’efface doucement cédant toute la place à l'espoir, à la vie qui bat. Les spectacles étaient ainsi bercés d'une grande humanité. D'une résilience, même. L'humain dans ce qu'il y a de mieux, de positif. Un peu comme si, en ces temps difficiles (austérité, terrorisme, crise des migrants, pour ne nommer que ceux-là), l'humain avait besoin de retrouver les bons côtés de son humanité. Une ouverture à l'autre pour faire face à la fermeture de l'autre. Une humanité qui transpirait dans l'ensemble des spectacles que j'ai vu.

Finalement, l’approche de l’écriture théâtrale. Deux auteurs de ce Carrefour écrivent le théâtre avec deux approches différentes mais forts intéressantes. D'abord Joêl Pommerat (Cendrillon) qui n’écrit pas un texte de théâtre mais construit un spectacle. Une approche différente qui l'amène à penser ses histoires différemment. Puis Marie-Louise Bibish Mumbu (Bibish de Kinshasa) dont les textes ne sont pas écrits en fonction d'une diffusion au théâtre ou pour le roman mais qui est une conversation continuelle avec son père, parti trop tôt. Deux auteurs, deux approches différentes qui amènent le théâtre ailleurs. L'écriture théâtrale se transforme doucement avec ces deux modes d'écriture.

Voilà qui résume, brièvement, mon Carrefour. Comment était le vôtre?

Bon théâtre et bonne danse !

10 juin 2016

Bibish de Kinshasa: voyage de coeur

Un spectacle pas morose pour deux sous et à l'ambiance feutrée d'un souper entre amis. Humain et sensible, le voyage offert est rempli des images, des odeurs et des sons de Kinshasa. 

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: David Ospina

Bibish de Kinshasa est à la fois une discussion géopolitique et humaine, une mise en lecture théâtralisée et une dégustation culinaire sur le mode bouffe entre amis. Inspiré du roman Samantha à Kinshasa, le spectacle est une véritable virée au coeur même de la capitale de République démocratique du Congo. Les souvenirs de Marie-Louise Bibish Mumbu, l'auteur du spectacle et du livre dont il est issu, nous invitent dans les rues de la ville à la découverte d'un Kinshasa odorant, bruyant et vivant malgré la guerre et la pauvreté.

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Voyage au coeur de Kinshasa
C'est à un véritable voyage au coeur de Kinshasa que nous convient le duo Ducros et Mumbu en compagnie de la magnifique Gisèle Kayembe et du fort sympathique Papy Maurice Mbwiti. Voyage, qui est en fait, un voyage de coeur. Parce qu'on y découvre le bonheur de vivre malgré la mort, la violence et la haine qui circulent dans les rues de Kinshasa. On y découvre des êtres sensibles, tous plus merveilleux et colorés les uns que les autres, dont le plus cher désir est de vivre, tout simplement. Ce qu'on oublie trop souvent ici.

«Simplement j’avais envie d’inviter les gens à voir ce que les gens qui immigrent chez nous apportent dans leurs valises. À partir d’un cas, celui de Marie-Louise, on explore la richesse de l’exil. Alors que les débats sur les migrants et sur le niqab font rage, ça m’apparaît d’autant plus important. L’idée est de réfléchir un peu plus loin que ce que nous dicte notre peur de l’autre.»
Philippe Ducros, adaptateur, metteur en scène et interprète-intervieweur du spectacle, 
lors d'une interview parue dans le Voir du 30 septembre 2015.

Marie-Louise Bibish Mumbu dit être en discussion continuelle avec son père, parti trop tôt, lorsqu'elle écrit. Recevoir ce spectacle, c'est un peu ça: une discussion que l'on voudrait éternelle. Un souper entre amis. Des échanges. De l'amitié. De l'amour. Plein d'amour. Tout ça malgré la douleur sous-jacente. Le portrait de Kinshasa et de la République démocratique du Congo n'est pas rose mais l'équipe nous convie à un voyage qui offre un regard humain sur les gens qui peuplent ce pays. Loin d'être noir ou défaitiste, le spectacle est un véritable baume au coeur.

Être dans la salle de ce spectacle, c'est découvrir les odeurs, l'animation des rues, le rythme de vie des Congolais. La mise en scène et la scénographie amènent le spectateur au coeur même de cette ville trépidante. À gauche un bar, ouvert avant et pendant le spectacle où Papy Maurice Mbwiti est le barman de service. Au centre, un mur, qui pourrait aussi être une clôture, représente tout les lieux à la fois où nous entraînera Gisèle Kayembe, double de l'auteur, alors qu'elle nous livrera les souvenirs de Marie-Louise Bibish Mumbu. Souvenirs entrecoupés des discussions géopolitiques du duo Mumbu\Ducros. Ils sont également cuisiniers pour la dégustation d'un plat typiquement congolais qui sera offert aux spectateurs à la fin de la représentation. Et la musique, merveilleuse typiquement congolaise qui donne envie de danser tout au long du spectacle, et qui transporte le spectateur au coeur même de l'ambiance grouillante de Kinshasa. Odeurs et musiques aux couleurs de Kinshasa à la fois belle et poubelle, comme l'image Marie-Louise Bibish Mumbu.

Le dénouement, intitulé Chroniques québécoises, laisse toute la place à Marie-Louise Bibish Mumbu, qui vient livrer son amour du Québec et de la vie. Un moment extrêmement touchant qui vient clore magnifiquement Bibish de Kinshasa. Cela donne le goût de s'offrir le livre pour en découvrir encore plus sur cette femme et son pays d'origine, pas aussi démocratique que son nom l'indique.

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Aidez-moi à vaincre le cancer!
Le cancer est un fléau qui touche de nombreux Québécois. En 2016, on estime que 196 900 nouveaux cas de cancer (excluant environ 78 300 cancer de la peau de type non-mélanome) seront découverts et 78 000 décès seront dus au cancer. Approximativement 96 400 femmes et 100 500 hommes canadiens seront diagnostiqués avec le cancer cette année. Aidez à vaincre le cancer en faisant un don sur ma page personnelle du Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Votre don aidera à vaincre le cancer et me permettra de relever le défi d'effectuer 200 km à vélo en compagnie de survivants de cette terrible maladie que j'effectuerai les 9 et 10 juillet prochains.  Cliquez ici pour faire un don sécurisé qui sera remis au CHU de Québec. Merci de votre générosité!

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À ne pas manquer
Une aventure humaine et sensible qui vaut le détour. Un spectacle qui offre un beau portrait de Kinshasa qu'il faut voir avant qu'il disparaisse le 11 juin vers 19h.

À l'affiche les 10 et 11 juin au Périscope dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec. Avec Gisèle Kayembe accompagnée de Marie-Louise Bibish Mumbu, Philippe Ducros et Papy Maurice Mbwiti. Un texte de Marie-Louise Bibish Mumbu. Une adaptation et une mise en scène de Philippe Ducros.

Bon théâtre et bonne danse !

9 juin 2016

La saison 16-17 de La Rotonde

20 ans et toutes ses dents, un nouveau logo et des spectacles dansés qui promettent, que demandez de plus pour célébrer 20 ans de succès et de croissance exceptionnels? Que de belles découvertes au cours de la saison 16-17. Une promesse qui sera tenue avec cette belle brochette de spectacles!

Un billet de Robert Boisclair

Couverture du document de présentation de la saison 16-17 de La Rotonde

Sous le signe de l’excellence et de la diversité, La Rotonde offre les univers éclectiques de chorégraphes de Québec, Montréal, Vancouver et Tel Aviv. La saison 16-17 a tous les atouts d’un grand cru. Treize spectacles, La Rotonde ne craint pas les superstitions, dont un programme double, réjouiront les fervents gastronomes de la danse. Pour assaisonner ce festin, La Rotonde convie les spectateurs à explorer de nouveaux écrins comme l’auditorium du pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, mais aussi à sortir des sentiers battus en se rendant dans un lieu tenu secret jusqu’au dernier moment, ou encore en se donnant rendez-vous dans un aréna. Une saison à surveiller mais, trêve de badinages, voici en un bref survol, la saison 16-17 de La Rotonde. Découvrez-en plus en visitant le site web de La Rotonde.

La saison d'automne
Les caveaux
Alan Lake Factori(e)
Alan Lake/Québec
11. 12. 13. 14. 15 octobre, 19 h
Alan Lake s’affranchit du contexte de diffusion traditionnel afin de transporter les spectateurs dans un lieu insolite qu’il aura entièrement investi pour plonger dans les troublantes profondeurs de l’être.

Nous ne sommes pas des oiseaux?
Code Universel, Théâtre du Gros Mécano
En coprésentation avec le
Théâtre jeunesse Les Gros Becs
Daniel Bélanger, Carol Cassistat/Québec
23. 30 octobre, 11 h et 15 h
19. 20. 21. 25. 26. 27. 28 octobre, 9 h 30
Nous ne sommes pas des oiseaux? élabore une proposition scénique qui fusionne la danse, le théâtre et la vidéo interactive afin de nous mener tout droit dans l’antre de l’émerveillement.

Danse de nuit
Danse K par K
Karine Ledoyen/Québec
26. 27. 28 octobre, 20 h
Danse K par K, compagnie de Québec qui fêtait ses dix ans l’année dernière, revient avec une sixième création qui explore les attributs et les méandres des univers nocturnes.

Rites
José Navas/Compagnie Flak
José Navas / Montréal
30 novembre. 1er décembre, 20 h
Quatre solos d’une intensité rare. Rites est une oeuvre magistrale où la fragilité humaine est magnifiée par un interprète puissant et gracile au sommet de son art.

Corps Amour
Anarchie | Léo Ferré, PPS Danse
En coprésentation avec le Grand Théâtre de Québec
Pierre-Paul Savoie / Montréal
6. 7 décembre, 20 h
Après Danse Lhasa Danse, PPS Danse récidive avec une proposition interdisciplinaire d’envergure à l’occasion du centième anniversaire de naissance de Léo Ferré.

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La saison d'hiver/printemps
Last Work
Ohad Naharin, Batsheva Dance Company
En coprésentation avec le Grand Théâtre de Québec
Ohad Naharin / Tel Aviv
17 janvier, 20 h
La Batsheva Dance Company est de retour avec Last Work, une oeuvre d’Ohad Naharin, danseur prodige et chorégraphe parmi les plus novateurs de notre époque.

Data
Compagnie Manuel Roque
Manuel Roque / Montréal
26. 27 janvier, 20 h
Manuel Roque, étoile montante de la scène montréalaise, convoque une rencontre des forces telluriques et cosmiques à même son corps, berceau d’un nouveau territoire à explorer.

Mozongi
Compagnie Danse Nyata Nyata
Zab Maboungou / Montréal
9 février, 20 h
Zab Maboungou s’inspire des musiques africaines. Ses pièces fonctionnent comme des dispositifs rythmiques servant à distribuer le temps et le mouvement et nous conduisent au sommet de la transe.

Vertical Influences
Le Patin Libre
En coprésentation avec le Grand Théâtre de Québec
Samory Ba, Jasmin Boivin, Taylor Dilley, Alexandre Hamel, Pascale Jodoin/Montréal
4. 5 mars, 20 h
Avec une maîtrise technique de haut vol et le plaisir débridé de la vitesse, Le Patin Libre transforme l’aréna en un fertile terreau d’exploration artistique d’où émane un délicieux parfum d’émancipation.

PROGRAMME DOUBLE
15. 16. 17 mars, 20 h
Corps Gravitaires
Geneviève Duong
Geneviève Duong / Québec
Dans Corps Gravitaires, quatre interprètes se meuvent, s’enchevêtrent et interagissent, comme des atomes ou des cellules dans un environnement incertain en constante évolution.

+ Beauté Brute
Collectif LA TRESSE
Par le biais de la technique Gaga, le collectif LA TRESSE nous invite à saisir l’expression d’une féminité atypique décomplexée et nous offre une occasion rêvée de renouer avec l’élégance de l’anomalie!

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Aidez-moi à vaincre le cancer!
Le cancer est un fléau qui touche de nombreux Québécois. Il est estimé qu'en 2015, plus de 50 100 nouveaux cas de cancer seront diagnostiqués au Québec et, à travers le Canada, plus de 78 000 personnes mourront de cette maladie. Aidez à vaincre le cancer en faisant un don sur ma page personnelle du Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Votre don aidera à vaincre le cancer et me permettra de relever le défi d'effectuer 200 km à vélo en compagnie de survivants de cette terrible maladie que j'effectuerai les 9 et 10 juillet prochains.  Cliquez ici pour faire un don sécurisé qui sera remis au CHU de Québec. Merci de votre générosité!
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Glory
Shay Kuebler
Radical System Art
En coprésentation avec le Grand Théâtre de Québec
Shay Kuebler / Vancouver
10. 11 avril, 13 h 30 et 20 h
S’inspirant des films d’action, Glory ausculte, non sans humour, le versant abrupt de la violence quotidienne telle qu’on la retrouve, pernicieuse et banalisée, dans les médias.

This Duet That We’ve Already Done (so many times)
Grouped’Art
GravelArtGroup
Frédérick Gravel / Montréal
19. 20. 21 avril, 20 h
En conjuguant puissance et vulnérabilité avec une apparente désinvolture, le chorégraphe montréalais frappe fort avec cette nouvelle création pétrie d’humanité.

(Very) Gently Crumbling
Grand Poney
Jacques Poulin-Denis / Montréal
27. 28 avril, 20 h
Habitué des écritures hybrides, Jacques Poulin-Denis nous livre ici une oeuvre loufoque et dotée d’une vive intelligence. Une esthétique rétrofuturiste et des émotions jubilatoires!

Bon théâtre et bonne danse !

8 juin 2016

Las Ideas: dans la tête d'un artiste

Las Ideas offre une incursion dans la tête d'un artiste. Que se passe-t-il dans la tête de celui-ci quand le processus créatif se met en marche? Retour sur un spectacle ingénieux et audacieux.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Bea Borgers

Las Ideas (idées ou les idées en français) est une incursion dans le processus créatif, une véritable virée dans la tête d'un artiste en processus de création. Autour d'une table de ping-pong, qui devient peu à peu un ordinateur, un artiste et son collaborateur échangent, discutent, réfléchissent à de potentiels projets. C'est à un véritable remue-méninges artistiques auxquels ont droit les spectateurs: brassage et origine des idées, hypothèses fouillées puis abandonnées, ordonnance puis abandon des idées. Tout y passe.

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Aidez-moi à vaincre le cancer!
Le cancer est un fléau qui touche de nombreux Québécois. Il est estimé qu'en 2015, plus de 50 100 nouveaux cas de cancer seront diagnostiqués au Québec et, à travers le Canada, plus de 78 000 personnes mourront de cette maladie. Aidez à vaincre le cancer en faisant un don sur ma page personnelle du Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Votre don aidera à vaincre le cancer et me permettra de relever le défi d'effectuer 200 km à vélo en compagnie de survivants de cette terrible maladie que j'effectuerai les 9 et 10 juillet prochains.  Cliquez ici pour faire un don sécurisé qui sera remis au CHU de Québec. Merci de votre générosité!
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Ping-pong théâtral
Le spectateur est placé dans la tête de l'artiste, comme s'il s'agissait d'un ordinateur. L'analogie avec l'ordinateur est d'ailleurs omniprésente. Une table de ping-pong qui devient écran puis ordinateur. Organisation et désordre des idées à la manière dont fonctionne un ordinateur. Un ordinateur qui devient peu à peu un interprète à part entière. Le processus de création est fouillé en temps réel. Comment surgissent les idées? Comment s'organisent-elles? Quels sont les mécanismes qui permettent qu'elles surgissent?

Les idées vire-voltent à la manière d'un match de ping-pong où l'on passe allègrement d'une à l'autre et rapidement sans jamais se rendre au bout de la réflexion. On efface et on recommence. On sauvegarde et on recommence. Ordinateur ou tête de l'artiste. Il est bien difficile de faire la distinction tant les deux s'entremêlent.

Avec Las Ideas, le spectateur est invité à la frontière, très mince, entre la fiction et la réalité. Dualité avec laquelle, l'auteur, metteur en scène et comédien Federico León, jongle tout au long de la représentation. À un point tel que la frontière entre les deux s'effacent complètement. Le spectateur est confronté constamment à ce questionnement. Une dualité qui amène une réflexion intéressante sur la nécessité de faire les choses réellement, fumer une véritable cigarette par exemple, pour rendre un spectacle «crédible». Ou bien fumer une fausse cigarette rend-il le spectacle tout aussi «crédible»? Une question qui n'est pas nécessairement résolue pendant le spectacle.

Il y a plusieurs mises en abyme dans le spectacle. Bien sûr celle du théâtre dans le théâtre mais également de la vidéo dans la vidéo, de l'image dans l'image, de l'artiste qui observe l'artiste. Une façon de dire que toutes les versions sont contenues et condensées dans la plus récente version. Les mises en abyme sont vertigineuses. Peut-être un peu trop.

Une heure, top chrono, de mises en abyme qui devient quelque peu lassante. Si l'idée de base d'offrir une virée dans la tête de l'artiste aux spectateurs est fort intéressante, le résultat s'étire quelque peu. Surtout que le dénouement laisse présager que tout ça n'est qu'un processus sans fin. La dernière idée s'évapore, éclate et disparaît. Tout s'efface et on recommence à zéro.

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À découvrir
Un spectacle qui offre une touche d'autodérision d'un sujet sérieux, saupoudré des airs gamins des comédiens et de quelques pixels d'humour. Un spectacle audacieux qui ne ravira pas tous les publics mais qui offre une perspective unique du processus créatif.

À l'affiche les 8 et 9 juin à la Caserne Dalhousie dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec. Avec Federico León et Julián Tello. Un texte et une mise en scène de Federico León.

Bon théâtre et bonne danse !

7 juin 2016

Projet BBQ: double dégustation!

Cinq lieux, cinq auteurs, cinq dégustations culinaires. Un parcours déambulatoire et un seul objectif soit celui de faire découvrir un mets et une émotion à chaque étape du parcours. Un accord parfait?

Une critique de Robert Boisclair

Projet BBQ en répétition
Crédit photo: Claude Breton-Potvin

Quelle belle idée que ce parcours déambulatoire qui invite les spectateurs dans une double dégustation culinaire et théâtrale!  Projet BBQ est l'un des nombreux chantiers qu'offre le Carrefour cette année. Un parcours gastronomique et émotionnel dans le quartier St-Roch qui voit les spectateurs séparés en quatre groupe alors que chacun de ces groupes partira d'un restaurant différent. Le coin de la patate, Le pied bleu, le Cercle, deux fois, et le Zinc, le bar officiel du Carrefour accueillent les spectateurs pour cette aventure. Chaque lieu offre une courte histoire, d'environ quinze minutes, et une dégustation qui prend la forme de bouchées. À chaque fois, une historiette différente et une émotion qui s'accorde avec la dégustation. Surprises au menu tant pour les histoires que pour les mets.

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Aventures en basse-ville
C'est à des véritables aventures en basse-ville auxquelles convie l'équipe du Projet BBQ. Un parcours qui ne laisse pas le spectateur sur son appétit. La découverte est à chaque rendez-vous. Des textes humoristiques, d'autres plus dramatiques. Mais jamais inintéressants. Les auteurs ont fignolé cinq beaux textes. Un seul reproche, quelques fins abruptes avec des dénouements précipités. Ce qui, en plus, limite la possibilité d'applaudir les acteurs.

Les différents lieux et les déplacements ajoutent beaucoup au plaisir de ce spectacle. Le changement de lieu permet de changer d'ambiance et d'atmosphère alors que les déplacements permettent de discuter de l'accord mets/émotion vécu. Un parcours de trois heures, dont une heure de représentation environ, qui passe vite, trop vite. Le tout se termine au Zinc, où les quatre groupes de spectateurs se retrouvent pour un moment festif. Le spectacle prend alors la forme d'une fête avec ritournelle, ver d'oreille au menu, en compagnie d'une ribambelle de comédiens. Une tournée qui se termine sur un joyeux moment et d'agréables retrouvailles avec l'ensemble des spectateurs.

Les surprises ne sont pas seulement dans le choix des textes mais également dans les choix culinaires. Nos papilles sont mises à l'épreuve avec de belles découvertes mais n'oubliez pas qu'il s'agit d'accords mets et émotions alors parfois la dégustation prend une tournure, disons, surprenante.

La formule déambulatoire de ce théâtre court était passablement abouti et permettait une expérience agréablement différente. Ce spectacle, qui squattait des restaurants alors que la clientèle habituelle s'y trouve, offre une ambiance de soirée entre amis qui se promènent d'un lieu à l'autre. Le théâtre prend une tout autre dimension. Il devient festif. Il s'intègre à notre soirée, notre vie. Une belle façon de découvrir le théâtre, même s'il est court. Et puis, si on fait la virée avec des amis, c'est encore plus agréable et festif.

Une formule qui permet une connexion totalement différente avec le théâtre qui, du coup, n'est plus du théâtre mais une parcelle de vie, un moment de bonheur ou de tendre détente. Du théâtre à dose homéopathique pour le découvrir et l'aimer, quelle belle idée!

En bout de course, un chantier qui n'en est pas véritablement un. Un spectacle passablement abouti qui, même si les organisateurs se questionnent, tient très bien la route et n'a pas besoin de grands bouleversements. La formule est conviviale, sympathique, agréable. Tout coule, ou presque. De petits ajustements ici et là sans plus.

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À découvrir... s'il revient!
Un agréable théâtre court en mode abonnement. Espérons que la formule reviendra en saison régulière. C'est mon souhait le plus cher!

Était à l'affiche de différents restaurants dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec. Avec Marc Auger, Marie-Josée Bastien, Maxime Beauregard, Caroline B. Boudreault, Emmanuel Bédard, Joëlle Bourdon, Frédérique Bradet, Ariel Charest, Pierre-Yves Charbonneau, Samuel Corbeil , Anne-Marie Côté, Jean-Philippe Côté,  Nicolas Drolet , Jean-Michel Girouard , Jonathan Gagnon , Marie-Hélène Gendreau , Valérie Laroche , Mary-lee Picknell, Monika Pilon, Patrick Saucier et Dayne Simard. Des textes de Joëlle Bond, Steve Gagnon, Isabelle Hubert, Anne-Marie Olivier et Erika Soucy. Une mise en scène de Claude Breton-Potvin. Une coordination de Caroline B.Boudreault.

Bon théâtre et bonne danse !

5 juin 2016

Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni: mise à nu

En une heure tout est dit: on passe de l'ombre à la lumière puis à l'ombre à nouveau avec ces quatre suicidées grecques qui ont quitté cette terre pour ne pas créer de soucis à ceux qui restent.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Futura Tittaferrante

Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni, que l'on pourrait traduire par «Nous partons pour ne plus vous donner de soucis», est construit à la manière d'une enquête, d'un aller-retour qui fait découvrir ce que signifie la mort de quatre femmes grecques décédées parce qu'elles n'entrevoyaient aucun avenir dans un monde en crise économique grave. Une enquête qui soulève bien des questions sur notre mode de vie qui tourne autour de son aspect économique. Quand l'économie va mal, la vie n'a plus beaucoup de sens. Comme le souligne l'un des personnages, l'individu se définit-il uniquement par sa dimension économique? Question intéressante s'il en est.

«Nous avons compris que nous sommes un poids pour l'État,
pour les médecins, et pour la société.
Nous partons donc pour ne pas vous donner d'autres soucis.
Vous allez faire des économies sur nos retraites et vous vivrez mieux.»

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Aidez-moi à vaincre le cancer!
Le cancer est un fléau qui touche de nombreux Québécois. Il est estimé qu'en 2015, plus de 50 100 nouveaux cas de cancer seront diagnostiqués au Québec et, à travers le Canada, plus de 78 000 personnes mourront de cette maladie. Aidez à vaincre le cancer en faisant un don sur ma page personnelle du Cyclo-Défi Enbridge contre le cancer. Votre don aidera à vaincre le cancer et me permettra de relever le défi d'effectuer 200 km à vélo en compagnie de survivants de cette terrible maladie que j'effectuerai les 9 et 10 juillet prochains.  Cliquez ici pour faire un don sécurisé qui sera remis au CHU de Québec. Merci de votre générosité!
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Mise à nu
Le spectacle est né, d'abord, de réflexions sur la crise économique qui secoue l'Italie et, particulièrement, les travailleurs autonomes, et du discours du philosophe coréen Byung-Chul Han sur la nécessité de redonner de l'espace à la négativité, au non. Les quatre femmes grecques décédées tirent leur origine du roman Le justicier d'Athènes de Pétros Markaris. Une occasion pour les auteurs d'ajouter l'idée d'un suicide altruiste bien loin du désespoir existentiel. Cette touche permet d'ajouter de l'humour à un sujet qui aurait bien pu être sinistre et démoralisant. Et qui aurait fait oublier le message principal: nous définissons-nous uniquement en tant qu'être économique?

Dans ce spectacle, tout concourt à mettre l'accent sur l'idée de base. Tout d'abord le dépouillement, dans tout les sens du terme, ou presque. L'espace entièrement libre, ou presque. Pas de décor. Que quatre chaises et une table qui arrivera bien tardivement dans le spectacle.

Une scène constituée d'une part d'ombre, toute la périphérie de la scène est dans le noir, et de lumière, tout le centre est éclairé. Les comédiens passe de l'ombre à la lumière puis à l'ombre à nouveau. Tout comme les personnages dont on connait peu en ouverture, que l'on découvre peu à peu et qui s'évaporent dans l'ombre dans un magnifique dénouement. Des vies invisibles qui s'effacent doucement mais qui sont toujours un peu présentes tout de même. Invisibles et visibles à la fois.

Le texte en mode enquête contribue également au questionnement de base. Des bribes d'histoires sont découvertes ici et là au gré des interventions des personnages. Qui sont ces femmes dépouillés économiquement? Mais, également, qui sont ces comédiens qui se dévoilent également tout au long du spectacle. L'enquête est double. Encore une fois l'ombre et la lumière, le visible et l'invisible se croisent: le comédien et le personnage, la mort et la vie, les raisons véritables des suicides et celles, cachées,  que le spectateur découvre.

Un spectacle qui n'impose aucune morale mais qui suggère des pistes, impose des réflexions. Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni ne sombre jamais dans le pathos. Bien au contraire, le spectateur apprécie les réflexions, s'abreuve, occasionnellement, d'un bel humour, s'imprègne d'un discours du non bien senti mais jamais imposé, découvre des suicidées qui pourraient être sa mère,  sa soeur, son père ou... lui-même. Car des spectateurs d'un certain âge, dirons-nous, il y en avait. Un discours qui les concerne sans doute plus. Mais un discours que les plus jeunes ont intérêt à découvrir et, j'en suis convaincu, prennent plaisir à découvrir.

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Vous êtes à un clic de sauver des vies!
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À voir
C'était un spectacle à voir. Malheureusement, les représentations de Québec et Montréal sont terminés. Un spectacle qui doit continuer sa route et qui, espérons-le, reviendra à Québec avec cette distribution italienne, pas piquée des vers du tout, ou dans une version toute québécoise.

Était à l'affiche du Périscope dans le cadre du Carrefour international de théâtre de Québec. Avec Daria Deflorian, Monica Piseddu, Antonio Tagliarini et Valentino Villar. Une conception de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini.

Bon théâtre et bonne danse !