29 octobre 2016

Danse de nuit: folle nuit!

Karine Ledoyen propose une soirée de performances teintée de danse. Une nuit folle en compagnie d'un quatuor qui se défonce pour le plaisir de l'art.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: David Cannon

Avec Danse de nuit, Karine Ledoyen explore les attributs de la nuit, les qualités et les méandres des univers nocturnes. Patrick Saint-Denis, l'inventeur de la machine à vent interactive de la pièce Trois paysages, signe la conception sonore et technologique. Pour Danse de nuit, il a développé un système qui permet à la chorégraphe de faire danser les mots tout en générant une musique sensible en direct à partir de battements de cœurs. À travers ce spectacle s’inscrit le désir de dévoiler ce qui se cache dans la noirceur et de rendre hommage à la fragilité. - Largement inspiré du résumé du site Web de La Rotonde.

Art performatif
Karine Ledoyen et son trio de collaborateurs invitent les spectateurs dans une folle nuit où tout est possible... ou presque! L'aventure au coeur de la nuit débute par une expérience technologique où la chorégraphe-danseuse transforme les mots en une musique électronique. Une expérience sonore qui semble un peu plaquée et qui n'introduit en rien ce qui va suivre. S'enchaîne une folle danse de matelas. Les danseurs et la chorégraphe-danseuse s'en donnent à coeur joie ravivant les moments magiques d'un enfant qui saute à pieds joints sur le lit des parents. Moments de joie et de bonheur!

Le spectacle s'enchaîne ainsi entre des moments technologiques et dansés. Danse de nuit est d'abord et avant tout un spectacle d'art performatif. La danse y occupe une toute petite place. L'amateur d'art performatif y trouvera son compte, l'amoureux de la danse un peu moins.

Cependant le travail de recherche que propose Karine Ledoyen mérite qu'on s'y arrête. Son imaginaire et celui de ses acolytes sont foisonnants. L'utilisation du bracelet du sportif qui mesure les pulsations cardiaques pour générer des mouvements de danse est plus qu'intéressant. De même, la transformation du son qu'elle intègre à la performance suscite la curiosité. Si l'utilisation de la technologie est plutôt inégale, elle crée un intérêt accru pour le travail de Karine Ledoyen et de Patrick Saint-Denis. Une exploration et une collaboration qui promet de beaux jours.

Karine Ledoyen s'affirme de plus en plus comme la Robert Lepage de la danse, dans son utilisation de la technologie. Elle y occupe une place importante, fait partie intégrale de son oeuvre et donne une touche unique et personnelle à ses chorégraphies. Une signature propre à Karine Ledoyen qu'il faut qu'elle conserve. Son art déstabilise par moments mais il est nécessaire.

Avec Danse de nuit, Karine Ledoyen propose une folle nuit où tout est possible... même les moments les plus improbables!

Le spectacle ne tient plus l'affiche. Avec Karine Ledoyen, Odile-Amélie Peters, Fabien Piché et Patrick Saint-Denis. Une chorégraphie de Karine Ledoyen.

Bon théâtre et bonne danse !

28 octobre 2016

La petite scène est de retour!

Le Cercle-Lab Vivant et La Rotonde, diffuseur spécialisé en danse contemporaine, annoncent une 7e édition de La petite scène, laboratoire de danse qui présente en rafale de courtes pièces dans une ambiance cabaret.

Un billet de Robert Boisclair



Bouillonnement artistique et inquiétante étrangeté
Cette édition s’inscrit dans le cadre du cycle de direction artistique du Cercle sur l’inquiétante étrangeté​, sentiment «existentiel» interrogeant notre rapport sensoriel et cognitif au monde extérieur.

À la croisée des chemins de la recherche, de la création, de la diffusion et du développement de publics, La petite scène constitue aussi une plateforme où les artistes s’inspirent et confrontent leurs idées. Les spectateurs vivent, quant à eux, une soirée électrisante en affinant leur regard sur le mouvement et en disposant d’un accès privilégié à la riche diversité de l’art chorégraphique​.

Le concept
Le concept est importé de Vancouver. Huit artistes se relaient dans une même soirée pour présenter une pièce d'un maximum de 7 minutes avec comme contrainte principale de créer pour une scène de 10' x 13'.

Les artistes présents
Josiane Bernier
Lucie Grégoire
FILA 13 (Harold Rhéaume et Lydia Wagerer)
Brice Noeser
George Stamos
Jean-François Duke et Marie-Jo Thério
Dany Desjardins
Dorian Nuskind-Oder

Maître de cérémonie: Marie-Jo Thério

Horaire
Mercredi 2 novembre 2016 à 20H​ (porte 19H) au Cercle
Prix:​ 15$ Admission générale
12$ avec carte de membre RQD - Regroupement québécois de la danse
et étudiants de L’École de danse de Québec.

Bon théâtre et bonne danse!

24 octobre 2016

Les bons débarras au théâtre et une table ronde dansée

Notre deuxième table ronde de la saison occupe les deux derniers blocs de l'émission de ce soir, alors que la comédienne Lise Castonguay occupera le siège de l'invité en première partie pour nous parler des Bons débarras.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

En répétition
Crédit photo: Stéphane Bourgeois

Lise Castonguay, comédienne, sera en studio pour nous parler de la version théâtrale du texte de l'énigmatique Réjean Ducharme, Les bons débarras.

Si tu m’aimes pas [...] si j’peux pas t’gagner, j’vas t’voler.
Réplique de Manon (à sa mère) tirée du film.

Les bons débarras
Trident
Du 1er au 26 novembre 
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Deuxième et troisième blocs - vers 17h 50


En deuxième et troisième parties trois chorégraphes, Geneviève Duong, Lina Cruz et Harold Rhéaume, discuteront en table ronde de questions au coeur de leur pratique chorégraphique: qui chorégraphie et qu'est-ce qu'un langage chorégraphique? Une discussion fort passionnante à ne pas manquer!

Bon théâtre et bonne danse !

22 octobre 2016

Des billets de théâtre pour tous!

Le Périscope permet à tous les publics de pousser la porte de son théâtre en offrant un billet suspendu. Un billet pour qui? Pourquoi?

Un billet de Robert Boisclair


« Soyons complices de rencontres humaines
plus grandes et diversifiées.
Faisons preuve de générosité en permettant
à d’autres de vivre des expériences fortes
en nos murs.
Soyons ouverts. Pour vrai. »

Que sont les billets suspendus?
S'inspirant du concept des cafés suspendus*, très répandu en France et de plus en plus au Québec, les billets suspendus du Périscope invitent le public à faire un don dans le but de donner un billet à un inconnu n'ayant pas les moyens de se l'offrir.

Le Périscope comblera la différence afin d'offrir les billets et souhaite par cette initiative, non seulement permettre aux moins nantis de profiter de spectacles de théâtre, mais aussi de permettre aux spectateurs présents de participer au développement d'un public riche, sans limites et ouvert sur le monde.

Pourquoi?
Marie-Hélène Gendreau, coordonnatrice artis-tique, et son équipe croient en la puissance du théâtre et à l'expérience significative qu'il peut devenir pour certains.

« Notre souhait le plus cher avec ce nouveau projet est de rendre la portée des spectacles présentés encore plus percutante. Je crois en la force du théâtre, à son pouvoir d’évocation, à sa résonnance dans l’esprit des gens.  »


« Le Périscope est un théâtre qui se veut proche de la communauté,
qui se dit ouvert à tous, alors faisons ensemble notre bout
de chemin pour qu’il le soit encore plus.
Que des gens qui sont sans ressources puissent le fréquenter,
et recevoir l’impact de l’art vivant éclaté, sensible et intelligent. »

Ouvrir ses portes à tous
Le Périscope s'associe à l'hébergement de la YWCA Québec, qui offre un toit et du support aux femmes dans le besoin, à La Dauphine qui vient en aide aux jeunes de la rue et à PECH (Programme d'Encadrement Clinique et d'Hébergement) un OBNL œuvrant en santé mentale. Le théâtre s'engage à offrir des billets aux bénéficiaires de ces organismes et des volets visés afin de leur permettre d'assister aux spectacles de la saison.

Comment offrir un billet suspendu?
En s'engageant ainsi auprès de ces trois organismes, le Périscope offrira, dans la mesure du possible et selon disponibilité, des billets pour la majorité des spectacles de la saison. Il fait également appel à son public afin de l'aider à honorer son engagement et surtout à en assurer la pérennité : il sera désormais possible de faire un don pour aider le théâtre à suspendre un billet, directement dans le foyer du théâtre, où une installation a été prévue à cet effet. Le public est invité à faire preuve de générosité pour permettre à d’autres de vivre des expériences fortes grâce au théâtre.

Bon théâtre et bonne danse!

*La pratique du café suspendu, très répandu en Europe et de plus en plus au Québec, est un geste altruiste dans le but de faire plaisir à quelqu’un d’autre, de façon spontanée et désintéressée, en achetant un café qui sera donné à un inconnu n'ayant pas les moyens de se l'offrir.

20 octobre 2016

Un banquet performatif et poétique en extérieur

Les 22 et 23 octobre prochains, la compagnie multidisciplinaire Les incomplètes propose la performance collective Le banquet, inspirée de la traditionnelle fête des récoltes.

Un billet de Robert Boisclair



Pour raviver ce rite traditionnel, célébrer l’abondance amenée par l’été et revisiter d’une manière actuelle cette portion de notre patrimoine, Les Incomplètes proposent un banquet performatif et poétique en extérieur, sous forme de grande tablée champêtre avec son festin, ses danses endiablées, ses musiciens et autres conteurs d’histoires…

À cette grande table seront installés quatorze performeurs, de tous âges, artistes et nonartistes, prêts à transformer le paysage et à surprendre le passant. Quelques places à table seront disponibles pour les spectateurs qui souhaitent vivre l’expérience de plus près.

LE BANQUET sera présenté deux fois seulement et l’événement est gratuit) :

  • le samedi 22 octobre de 11h30 à 13h30 au parc du Bois-de-Coulonge - Maison du Fermier (Sillery)
  • le dimanche 23 octobre de 11h30 à 13h30 dans la cour de la Maison Girardin (Beauport)

En cas de pluie, la performance aura lieu sous l’Agora.

Le banquet est la première des trois performances du projet Mémoires, consistant à questionner d’un point de vue actuel la présence des rituels collectifs et des fêtes calendaires qui prévalaient jadis au Québec, ces points de repère essentiels, profondément inscrits dans notre culture et en chacun de nous.

Le spectateur est invité à se laisser toucher par une série de trois tableaux vivants et plongeant ainsi au cœur de ce qui nous relie. Mémoires est une proposition où arts vivants et art public croisent le patrimoine matériel et immatériel, sur fond de transmission intergénérationnelle et de retour aux racines.

Autres performances à venir : La veillée en novembre et Les corvées en décembre. Pour plus d’informations : www.lesincompletes.com

Bon théâtre et bonne danse!

17 octobre 2016

Kidnapping, pouvoir et question exitentielle

L'humour absurde côtoie l'obsession du pouvoir et la question existentielle qui turlupine même les plus jeunes d'entre nous, aux Enfants du paradis ce soir.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

Crédit photo: Cath Langlois

Éve Méquignon sera en studio pour nous offrir son commentaire critique de Stockholm, le syndrome.

Stockholm, le syndrome
Premier acte
Jusqu'au 29 octobre
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Deuxième bloc - vers 17h 50

En répétition

Marie-Hélène Gendreau, la metteure en scène, occupera le siège de l'invité pour nous parler des Marches du pouvoir, un spectacle autour de la quête et de l'obsession du pouvoir.

C’est le monde comme moi qui se ramasse avec les clés de la Maison-Blanche.
Tu veux ton set de clés?
Ben apprends à travailler avec du monde comme moi.
Extrait des Marches du pouvoir.

Les marches du pouvoir
La Bordée
Du 1er au 26 novembre

Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: David Cannon

Les metteur en scène, chorégraphe, directeurs artistiques et dramaturges Carole Cassistat et Daniel Bélanger seront en studio pour nous parler du spectacle Nous ne sommes pas des oiseaux que coproduisent La Rotonde et Les Gros Becs.


Nous ne sommes pas des oiseaux
Les Gros Becs et La Rotonde
Du 19 au 30 octobre
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Bon théâtre et bonne danse !

16 octobre 2016

Cinq théâtre, un abonnement!

Après le vif succès remporté la saison dernière, les cinq principaux théâtres de Québec sont heureux d’annoncer le retour de l’Abonnement Croisé. 

Un billet de Robert Boisclair

Crédit photo: Stéphane Bourgeois et Hélène Bouffard

Convaincues de la force de l'union, les équipes de chacune des institutions, La Bordée, le Théâtre jeunesse Les Gros Becs, le Théâtre Périscope, le Théâtre du Trident et Premier Acte, s’unissent à nouveau pour offrir un carnet d’abonnement permettant au public de Québec d’assister à un spectacle de la saison 16/17 dans chacune de leur salle. 5 théâtres, 5 pièces, 125 $* : une belle occasion de faire la tournée des théâtres de Québec!

L'Abonnement Croisé est  en vente à la billetterie de chacun des théâtres participants, au coût de 125$*. Il comprend un billet par théâtre, valide sur tous les spectacles admissibles de la saison 16-17. Chaque billet équivaut à une entrée, excepté celui du Théâtre jeunesse Les Gros Becs qui permet une entrée double (un adulte et un enfant). Il est possible d'obtenir plus d'informations à l'adresse www.abocroise.com ou encore en téléphonant dans l'un des cinq théâtres participants.

Tous les spectacles de la saison 16/17 à l’affiche dans les cinq théâtres sont admissibles à l’Abonnement croisé, excepté les pièces Pour réussir un poulet et Le piano à voile, présentées au Périscope, ainsi que Les contes à passer le temps, à l’affiche à Premier Acte.

Bon théâtre et bonne danse!

Sur la photo ci-haut : Marc Gourdeau, directeur général de Premier Acte, Marie-Hélène Gendreau, coordonnatrice artistique du Périscope, Anne-Marie Olivier, directrice artistique du TridentJean-Philippe Joubert, délégué artistique du Théâtre jeunesse Les Gros Becs ainsi que Michel Nadeau, directeur artistique de La Bordée.

*Taxes et frais de service inclus

14 octobre 2016

Stockholm, le syndrome: bienvenue en Absurdistan

Avec son premier texte, Gabriel Fournier se lance dans une aventure où l'absurde déploie ses ailes au coeur d'une mer de stéréotypes. Caricatures et archétypes meublent donc cette comédie de part en part.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois

Six employés d'une compagnie d'assurances se retrouvent projetés, au premier comme au deuxième sens, au coeur d'un kidnapping. Alors qu'ils se retrouvent dans une vaste salle où le kidnappeur les a confinés, ils s'interrogent, discutent et tentent de trouver une façon de mettre fin à cette prise d'otages. Une séquestration qui ne tournera pas comme l'on pourrait s'y attendre alors que les situations absurdes succèdent à d'autres situations encore plus absurdes.

Bienvenue en Absurdistan
Dans une mise en scène épurée, un long mur fenestré et une porte constituent l'essentiel de la scénographie, les personnages offrent des réflexions et des discussions toutes plus absurdes les unes que les autres. Les personnages, oscillant entre la secrétaire zélée et le relationniste hyper enthousiaste, s'engagent alors dans des discussions absurdes agrémentées d'émotions poussées à leur paroxysme. Effet grossissant garanti!

S'ajoute à tout cela un texte offert dans un français international nouveau genre. Un français où les mots prennent des allures surréalistes et surprenantes. À la sortie du spectacle certains mots n'auront plus la même sonorité et deviendront des vers d'oreille difficiles à oublier.

Si le grain de folie y a fait son nid, il y manque un petit quelque chose pour en faire une comédie franchement drôle. Le spectateur sourit et s'offre quelques éclats de rire parsemés ici et là tout au long du spectacle, mais la caricature manque de punch. Il n'y manque qu'un petit zeste de ce je-ne-sais-quoi qui en ferait un moment de franche rigolade.

Le texte est touffu et bien écrit. L'auteur a du talent. Les comédiens également. Mais la caricature manque de ce tic marquant qui en fait un moment inoubliable. Le tic qui marque l'esprit et fait dire: c'est tellement ça!

Prendre son pied
Les adeptes de l'absurde pur risquent d'y prendre un plaisir fou. Les situations rocambolesques s'y succèdent. Les caricatures également. Le spectateur attentif y découvrira une foule de petits moments savoureux et j'en ai vécu plusieurs. Certains spectateurs y ont carrément pris leur pied.

C'est joué gros, c'est assumé et c'est divertissant. Les adeptes de l'absurde s'en réjouiront, les autres passeront un agréable moment.

À l'affiche jusqu'au 29 octobre à Premier acte. Avec Marc Auger Gosselin, Denis Marchand, Jean-Michel Déry, Paul Fruteau de Laclos, Laurence Moisan Bédard et Vincent Nolin Bouchard. Une texte et une mise en scène de Gabriel Fournier.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Gabriel Fournier et Paul Fruteau de Laclos au début de l'émission du 3 octobre.

Bon théâtre et bonne danse !

12 octobre 2016

Les caveaux: onirique!

Alan Lake, ses danseurs et un musicien, proposent un spectacle onirique rempli de belles images et de moments poétiques. Un spectacle qu'il faut savourer en se laissant porter par le moment.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Julie Lévesque

Il est bien difficile de résumé Les caveaux. C'est, très certainement, un spectacle hybride qui fouille les méandres de l'âme. Qui amène le spectateur dans un monde onirique, rempli d'êtres étranges qui se métamorphosent, se contorsionnent et s'exposent. Le site de La Rotonde décrit le spectacle comme suit:

Telle une véritable cartographie des paysages intérieurs humains, cette œuvre se veut une incursion dans les sinueux replis de l’existence en ce qu’elle a de plus apaisant comme de plus terrifiant. À travers la fable et l’allégorie évoquant l’incessante régénérescence du vivant, les interprètes s’engagent dans une gestuelle brute pour faire émerger une danse saisissante et puissante, totalement marquée par son environnement.

C'est bien d'une allégorie qu'il s'agit. Et elle oscille entre le rêve et le cauchemar.

Onirique
En entrevue lundi aux Enfants du paradis, Alan Lake parlait d'un spectacle onirique et c'est exactement ce qu'est Les caveaux. Le spectateur est transporté dans un lieu mystérieux (il est inconnu jusqu'à l'arrivée sur place), un entrepôt désaffecté qui prête à toutes les rêveries. Et c'est ce que le chorégraphe, les danseurs et le musicien offrent. Un univers intemporel baigné dans la pénombre que les danseurs défont en partie. Des êtres fantomatiques peuplent le lieu. Ils sont énigmatiques. Surprenants. Déstabilisants aussi.




Le spectacle débute avec le danseur David Rancourt qui émerge d'un amoncellement de sable pour, graduellement, tout doucement et dans une magnifique exploration de la lenteur, se transformer en statue. Si l'évolution est lente et prête à questionnements, le dénouement, lui, est vraiment magnifique. Le ton est donné, le spectacle sera onirique ou ne sera pas.

Si la nature est tout de même présente dans ce spectacle, il y en a peu. On se trouve véritablement dans un univers de fantasmes et d'allégories que le spectateur imaginera lui-même. Alan Lake fait fi de cette fureur de la nature que l'on retrouvait dans ses précédents spectacles. Ici, il s'invente une nouvelle approche. Se réinvente, même.

La signature d'Alan Lake est bien là tout de même. Ses chorégraphie physiques, voire acrobatiques, ou presque, par moments y sont bien présentes. Les danseurs se contorsionnent, prennent toutes les formes possibles pour créer des instants et des êtres oniriques. Les danseurs sont absolument magnifiques et au summum de leur art.

La troupe a su créer de magnifiques moments: David Rancourt en ouverture, les incroyables contorsions et déplacements d'Esther Rousseau-Morin, le dénouement sous la pluie. Des moments qui laissent des traces indélébiles.

Se laisser porter
Pour apprécier le spectacle, il faut se laisser porter par l'onirisme proposé par la troupe. Si vous prévoyez assister au spectacle, préparer votre esprit. Il sera envoûté si vous y allez dans cet esprit. Le spectacle en est un d'allégories et de mouvements intenses bien plus que de danse.

La magnifique musique enregistrée et en direct d'Antoine Berthiaume est envoûtante. Elle est enveloppante et contribue magnifiquement à la création d'un environnement onirique. La musique transporte le spectateur dans le monde du rêve et, un peu tout de même, du cauchemar.

Pour sortir des sentiers battus
Alan Lake et sa bande proposent un spectacle qui ne fait pas dans l'habituel. Un spectacle pour sortir des sentiers battus et s'immerger dans un monde fantasmagorique.

À l'affiche jusqu'au 15 octobre à La Rotonde. Avec David Rancourt, Esther Rousseau-Morin, Louis-Lyan Martin, Nicolas Labelle et le musicien Antoine Berthiaume. Une chorégraphie d'Alan Lake.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Alan Lake vers la quarantième minute de l'émission du 10 octobre.

Bon théâtre et bonne danse !

10 octobre 2016

Action de grâce dansée et théâtrale aux Enfants ce soir!

Jour de congé ne signifie pas congé pour l'édition radiophonique des Enfants. Bien au contraire! Venez nous écouter, vous ne le regretterez pas.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

Crédit photo: Cath Langlois

La danseuse Mélanie Therrien sera en studio pour nous parler de son bonheur de participer au spectacle St-Agapit 1920 pour une deuxième série de représentations à Québec. Un spectacle tout en nuances où le mouvement, la danse et le corps jouent un rôle essentiel.

St-Agapit 1920
Périscope
Du 18 au 29 octobre
En savoir plus

Deuxième bloc - vers 17h 50


David Lefebvre sera en studio pour nous parler de la prochaine saison des Gros Becs. Une incursion au coeur d'une magnifique saison jeune public.

Saison 16-17
Les Gros Becs

Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Mathieu Doyon

Alan Lake sera en studio en compagnie d'un danseur du spectacle Les caveaux. Un spectacle qui squattera un lieu désaffecté et qui plongera dans les troublantes profondeurs de l'être.

Les caveaux
La Rotonde
Du 11 au 15 octobre
En savoir plus

Bon théâtre et bonne danse !

9 octobre 2016

Une journée dans la vie des personnages de Michel Tremblay

Le Conservatoire d'art dramatique de Québec propose un joli bricolage de textes de Michel Tremblay. Un moment intime dans la vie des personnages du célèbre auteur québécois.

Un billet de Robert Boisclair


Douze personnages de l’univers de Michel Tremblay se côtoient dans À matin, le soleil s’est levé. Tiré de Damnée Manon, sacrée Sandra ; À toi, pour toujours, ta Marie-Lou ; Sainte-Carmen de la Main ; Les belles sœurs ; En pièces détachées ; Hosanna ; et La duchesse de Langeais, ce bricolage d’Isabelle Hubert et Jean-Sébastien Ouellette vous fera découvrir ou redécouvrir les textes phares de l’auteur.

Écrits entre 1968 et 1977, ils s’articulent autour des thèmes chers à Michel Tremblay : les bars de la Main, les travestis, les waitresses, le country, Jésus, Cléopâtre, la mort, les peines d’amour, l’avortement. À matin, le soleil s’est levé se couchera sur les destins de Thérèse, Pierrette, Bec-de-lièvre, La duchesse, Hosanna, Cuirette, Maurice, Manon, Sandra, Carmen, Lise Paquette et Tooth-Pick du 16 au 22 octobre.

« En cherchant des textes forts à travailler avec les élèves finissants de 2016-2017,
j’ai soudainement repensé à un spectacle qui m’avait beaucoup plu, il y a 25 ans,
alors que 4 amis s’étaient donné comme défi de monter un spectacle-collage
s’attardant au destin de quatre des personnages de Tremblay.
J’ai remis la main sur la copie papier — Le souffle de la « Main » — et je l’ai lue
comme si c’était la première fois.
Vingt-cinq ans plus tard, je me suis donc replongé dans la lecture
des textes de Tremblay et j’ai fait un tout nouveau collage,
en y ajoutant des personnages et des situations.
Voilà donc une nouvelle mouture avec une distribution plus imposante,
mais avec la même ligne directrice :
une journée dans la vie des personnages de Tremblay. »
Jean-Sébastien Ouellette

À matin, le soleil s’est levé est un bricolage de textes de Michel Tremblay mettant en vedette : Laura Amar, Marianne Bluteau, Étienne D’Anjou, Rosalie Daoust, Félix Delage-Laurin, Alex Desmarais, Blanche Gionet-Lavigne, Leïla Donabelle Kaze, Vincent Legault, Vincent Massé-Gagné et Laura Rochon-Massicotte. L’impressionnant décor est signé Marilou Bois, les costumes sont de Camille Langlois et les accessoires conçus par Jessica Minello.

L’affiche et l’éclairage sont une création de Marianne Lebel. Tous sont des finissants en Jeu ou en Scénographie, au Conservatoire d'art dramatique de Québec. Sept représentations seront données du 16 au 22 octobre, à 19 h 30, au Théâtre du Conservatoire (11, rue Saint-Stanislas). Il y aura relâche le mardi 18 octobre et une matinée est prévue le samedi 22 octobre, à 14 h.

Les billets sont disponibles au coût de 10 $ (adultes) et de 5 $ (étudiants, sur présentation d’une carte d’identité avec photo). Réservation téléphonique nécessaire (418 643-9833 | lundi à mercredi : 9 h à 19 h | jeudi-vendredi : 9 h à 16 h 30).

Bon théâtre et bonne danse !

3 octobre 2016

Syndrome, pigeons et folie!

L'être humain sera décortiqué de plusieurs façons ce soir aux Enfants du paradis. Une analyse intéressante de l'âme humaine qui n'est pas dépourvue d'humour grâce... au théâtre et à la danse!

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30


Gabriel Fournier, l'auteur et metteur en scène de Stockholm, le syndrome, sera en studio pour nous parler de ce spectacle qui fait la part belle à l'humour alors qu'un groupe d'otages sympathisent avec un preneur d'otages à la recherche de son identité. Une réflexion sur la vie rêvée? Pour le découvrir, venez nous écouter. Et qui sait? Peut-être aurons-nous un invité surprise également!


Stockholm, le syndrome
Premier acte
Du 11 au 29 octobre
En savoir plus

Deuxième bloc - vers 17h 50

Crédit photo: Marianne Duval

En ornithologie, on dit que, par leur nature et leur instinct, les pigeons affamés s'éloignent et s'abattent partout où ils trouvent du grain à manger... L'humain fait-il la même chose lorsqu'il est question de certaines de ses activités et relations sociales? C'est que nous saurons en compagnie de Mylène Roy, responsable du vocabulaire corporel, de l'entrainement physique ainsi que du regard et de l'écriture dramatiques du spectacle multidisciplinaire #PigeonsAffamés dont voici un court extrait.


#PigeonsAffamés
Périscope
du 11 au 15 octobre
En savoir plus

Troisième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon
David Lefebvre occupera le siège du chroniqueur pour nous offrir son commentaire critique de la folie shakespearienne Gloucester qui tient l'affiche de la Bordée.

Gloucester
La Bordée
Jusqu'au 15 octobre
En savoir plus

Bon théâtre et bonne danse !