mardi 21 novembre 2017

La sélection du moment: L'hôpital des poupées

La sélection du moment c’est une suggestion, une seule, d’un film ou d’un livre sur le théâtre ou la danse, d’un spectacle dansé ou théâtralisé ou encore d’un événement relié à un de ces deux arts que vous ne devez manquer sous aucun prétexte. Vous pouvez découvrir celle-ci en primeur lors de l'édition radiophonique chaque lundi.

Par Robert Boisclair


L'hôpital des poupées
La compagnie Nuages en pantalon propose jusqu'au 26 novembre aux Gros Becs, une histoire quotidienne qui pose de grandes questions aux tout-petits de 4 ans à la deuxième année.

Garçons et filles, tout le monde a un objet précieux. Pour certains, c’est un toutou. Pour d’autres, c’est un camion. Pour d’autres encore, c’est un objet de collection. Dominique, elle, est inséparable de Rose, sa poupée préférée. Ensemble, elles partagent tout, s’amusent et essaient de comprendre les adultes et leurs drôles d’explications sur le monde.

Mais, un jour, Rose a un accident. Dominique apprend alors qu’il existe un hôpital des poupées et qu’il n’est pas si facile de se résoudre à l’abandonner. Et si cette séparation les transformait?

Un spectacle à la symbolique riche qui fait le bonheur des plus petits comme des plus grands. Une pièce sur la confiance en soi que l’on doit développer lorsque l’on est jeune, sur l’importance de penser par soi-même et sur l’identité. Qui on est? Être soi-même et penser par soi.

L'hôpital des poupées est mis en scène sans fioritures, ce qui laisse toute la place au jeu de la comédienne. Une réflexion philosophique qui rejoint plus facilement les tout-petits plus âgés mais qui ne laisse pas indifférent les plus jeunes.

Aux Gros Becs jusqu'au 26 novembre en représentations scolaires et familiales. Avec Mélissa Merlo, Nicolas Drolet et Sonia Montminy. Un texte d'Isabelle Hubert. Une mise en scène de Jean-Philippe Joubert.

Vous voulez en savoir plus? Consultez la critique de David Lefebvre sur le site de Mon Théâtre ici.

Bon théâtre et bonne danse!

lundi 20 novembre 2017

Un super panel et plein d'amour pour Hydro-Québec aux Enfants!

Venez faire le plein d'amour, enfin presque, pour Hydro-Québec d'abord, en compagnie de Christine Beaulieu et pour Titus ensuite, à l'occasion de notre super panel de critiques. C'est à CKRL dès 17h 30. Manquez pas ça!

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30

Christine Beaulieu, l'idéatrice, l'auteure et la comédienne, sera en conversation téléphonique pour nous parler de J'aime Hydro, docu-théâtre marathonien de 4 heures, qui tiendra l'affiche de La Bordée.

Il est un temps où le courage et l’audace tranquilles deviennent pour un peuple,
aux moments clés de son existence, la seule forme de prudence convenable.
S’il n’accepte pas alors le risque calculé des grandes étapes,
il peut manquer sa carrière à tout jamais,
exactement comme l’homme qui a peur de la vie.
René Lévesque

J'aime Hydro
La Bordée
Du 28 novembre au 9 décembre
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Deuxième bloc - vers 17h 45

Notre Sélection du moment sera, pour une première fois depuis son existence, un spectacle jeunesse. Venez découvrir notre choix du moment vers 17h 45. Mais si vous ne pouvez y être, pointez-vous le nez sur ce blogue dès 6h00 demain pour connaître ce spectacle jeunesse qu'il ne faut manquer sous aucun prétexte.

Troisième et quatrième bloc - vers 17h 50

Vers 17h 50 ce sera notre super panel de critiques, en compagnie de David Lefebvre et Camille Proust des Enfants du paradis, ainsi que Catherine Genest du Voir Québec. Un belle conversation entre amoureux du théâtre autour du spectacle Titus que propose le Périscope.

Titus
Présenté par le Périscope mais en représentation au LANTISS de l'Université Laval
Jusqu'au 2 décembre
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Bon théâtre et bonne danse !

samedi 18 novembre 2017

Titus: chaos remixé

L'espoir semble animé Les Écornifleuses et Édith Patenaude. C'était le cas pour Le monde sera meilleurL'absence de guerre ou Disparaître ici, quelques-unes de leurs précédentes productions, et c'est bien le cas ici. L'espoir se fout des apparences. Il cherche à aller à contre-courant de celles-ci. Retour sur une large bouffée de cet espoir qu'elles nous proposent.

Une critique de Robert Boisclair



Titus est une adaptation du Titus Adronicus de Shakespeare dont voici un bref résumé:
Imaginez quelqu'un qui a perdu vingt-et-un fils au champ de bataille, qui a tué le vingt-deuxième dans un accès de rage, qui a une fille victime d'un viol et amputée sauvagement de ses deux mains et de sa langue; qui a deux autres fils qui sont injustement accusés d'un meurtre. On lui signale qu'il peut épargner la peine de mort à ses deux fils s'il se coupe lui même une main. Il s'y exécute, mais on lui renvoie les deux têtes de ses fils et sa main avec un mot railleur.

On attend qu'une suprême fureur brise toutes les digues, mais Titus rit seulement. En sortant avec son frère avec les deux têtes sur les bras, il dit à sa fille, comme pour ne pas la laisser à part : «Porte ma main, ma douce, entre tes dents.»

Les Écornifleuses proposent leur interprétation de ce classique de Shakespeare. Un spectacle androgyne ou rien n'est ce qu'il semble être. Une lueur d'espoir dans un monde corrompu.

Spectacle androgyne
Le public s'installe doucement, les comédiens également. Ils entrent un à un sur scène pour faire leur échauffement pendant que le public prend place. C'est ce que sera le spectacle, un lieu convivial qu'habite le spectateur et le comédien sans véritable écran entre les deux.

L'espace scénique est dénudé ou presque. Des chaises placées de chaque côté où trôneront les comédiens entre leurs scènes. Des tambours, un à gauche, deux à droite. Un espace quasi-vide, lieu de tous les drames. Un espace réservé au verbe et au corps. Le théâtre dans son plus simple habillage. Ce n'est plus une scène. C'est le lieu de tous les drames... et de tous les espoirs.

Une maîtresse de cérémonie, Marie-Hélène Lalande, prend la parole et situe le spectateur. Les rôles seront inversés de toutes les manières possibles: les personnages masculins seront interprétés par les comédiennes, les personnages féminins par les comédiens, l'interprète de race noire sera un personnage de race blanche alors qu'une comédienne de race blanche interprétera un personnage masculin de race noire.

L'inversion des rôles, si elle crée parfois des situations qui surprennent, lors de la scène de viol par exemple, donne l'occasion à des comédiennes de s'approprier des rôles, de vivre des émotions habituellement inaccessibles pour elles. Et c'est tant mieux. Pour le spectateur, il n'y a aucune différence. L'émotion est là. L'histoire est tout à fait compréhensible et tout aussi admirable qu'avec une interprétation traditionnelle. Encore une fois, rien n'est ce qu'il semble être.

Chaos remixé
Le Titus d'Édith Patenaude, metteuse en scène que j'admire énormément, et des Écornifleuses, joyeuse bande de comédiennes, est une bête étrange. Un objet insaisissable pendant et tout juste après la représentation et d'une grande clarté plus tard, alors que tout a été absorbé.

Titus Andronicus de Shakespeare est une pièce qualifié par plusieurs de pièce  sale, sanglante, barbare, primaire voire désordonnée. Une pièce où le chaos règne. Titus est un chaos remixé, transformé, brassé à la sauce Écornifleuses. Du théâtre de répertoire devenu du théâtre de recherche. C'est prendre le chaos de Shakespeare et l'organiser. Lui donner un autre sens ou plutôt offrir une lueur d'espoir. Et si du chaos naissait la lumière ou un éclairage différent. C'est ce que propose le dénouement offert par les Écornifleuses.

Édith Patenaude dit dans son mot de metteuse en scène qu'elle s'inquiète pour la suite des choses dans notre monde d'aujourd'hui mais qu'elle a été étonnée des tonnes de fois. Le dénouement de Titus, c'est un peu ça. Une suite des choses qui pourrait être totalement différente de ce que laisse entendre tout ce qui précède. L'espoir est là. Latent. En attente. Car après tout nous ne sommes que des hommes et des femmes et nous pouvons nous adapter. Nous ouvrir au changement. Ou voir les choses autrement.

Certains seront déçus. Ni verront rien de bien nouveau. De bien éclatant. Je l'ai entendu dans les corridors du pavillon Casault de l'Université Laval en quittant le spectacle. C'était mon cas en quittant la salle. Puis lentement ce Titus m'a interpellé. Au réveil, rien n'était plus pareil. Il avait fait son chemin pendant mon sommeil. Rien n'est ce qu'il semble être.

Ceci n'est pas du Shakespeare... un peu, beaucoup tout de même!
Si le texte a été remis au goût du jour dans une adaptation d'Édith Patenaude, le souffle de Shakespeare demeure. La tragédie aussi. La grande tragédie. La pièce est sanglante, gore mais imagée. Les meurtres et carnages sont là mais le sang ne coule qu'une seule fois en version liquide. L'assassinat est mimé, joué. L'imaginaire fait le reste.

Le texte est adapté et à l'accent québécois. Si un ta yeule ou un tabarnak bien placé fait toujours son effet, ici les expressions purement québécoise jurent un peu trop et deviennent risibles. Un moment de décrochage non souhaité et une perte d'attention du spectateur non désirée. Car le texte est dense. Touffu. Même si la maîtresse de cérémonie et quelques personnages nous replacent dans l'action à certains moments, le texte demande une grande attention de la part du spectateur. Et les décrochages n'aident pas à suivre l'action.

La combinaison du chant lyrique et des tambours, qui enterrent malheureusement parfois les répliques des comédiens, et le magnifique éclairage créent une ambiance tribale. Les loups sont prêts à s'entredévorer et ce ne sera pas joli. Point besoin de décor, l'ambiance fait le travail. Et le texte est roi ainsi que la performance des interprètes.

Malgré quelques accrocs et un blanc, la distribution surprend. Il faut voir la transformation de Marie-Hélène Gendreau tout au long du spectacle qui passe d'un être vil, certes, mais relativement doux à un monstre meurtrier. Dominique Leclerc, solide Aaron, surprend pour son aplomb dans le rôle d'un maure avide de pouvoir. Joanie Lehoux, dans le rôle titre, épate. Une magnifique occasion de la découvrir dans un rôle qui lui sied bien. Elle réussit, elle qui est toute menue, à nous persuader que Titus a de l'ascendant et un pouvoir énorme sur les autres romains. Elle devient, à plusieurs reprises, un véritable ogre prêt à tuer pour obtenir ce que son personnage veut.

À découvrir
Un spectacle hors des sentiers battus. Un spectacle imparfait, rugueux, gore avec de nombreuses qualités également. Une occasion unique de découvrir des comédiennes et des comédiens en contre-emploi total. Ne vous laissez pas rebuter par son côté gore, sa violence ou son renversement des rôles. Allez-y l'esprit ouvert, laissez décanté et savourez le résultat. Et n'oubliez pas, rien n'est ce qu'il est supposé être.

Allez-y surtout si vous aimez: le théâtre de répertoire revisité, les Écornifleuses, les mises en scène d'Édith Patenaude, découvrir un spectacle androgyne ou rien n'est ce qu'il semble être.

Une présentation du Périscope au LANTISS du pavillon Casault de l'Université Laval jusqu'au 2 décembre. Avec Mykalle Bielinski, Caroline Boucher-boudreau, Véronique Côté, Marie-Hélène Gendreau, Marie-Hélène Lalande, Dominique Leclerc, Joanie Lehoux, Anglesh Major, Valérie Marquis et Guillaume Perrault. Un texte de William Skahespeare dans une adaptation d'Édith Patenaude. Une mise en scène d'Édith Patenaude.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Joanie Lehoux et Édith Patenaude ici (au début de l'émission du 13 novembre).

Bon théâtre et bonne danse!

mardi 14 novembre 2017

La sélection du moment: Le Club d'impro

La sélection du moment c’est une suggestion, une seule, d’un film ou d’un livre sur le théâtre ou la danse, d’un spectacle dansé ou théâtralisé ou encore d’un événement relié à un de ces deux arts que vous ne devez manquer sous aucun prétexte. Vous pouvez découvrir celle-ci en primeur lors de l'édition radiophonique chaque lundi.

Par Robert Boisclair


Le Club d'impro
Cette semaine on fait dans l'improvisation avec Le Club d'impro qui s'invite une fois par mois au Cercle de la rue St-Joseph.

Le Club d'impro c'est quatre improvisateurs d’expérience, dont le comédien Jean-Michel Girouard, un musicien renommé qui s’adapte à tout et un animateur bien sapé pour une délectable soirée de sketchs improvisés sous vos yeux.

Au Club d'impro on ne déconstruit pas le drame avec du parathéâtre en pantalon de jogging et jersey de hockey! Ce sont des thèmes, des contraintes et des idées venant du public et mis à la disposition des improvisateurs qui sont à la recherche de bonnes blagues et de sketchs. Et que cela! Mais faites attention car vous serez peut être choisi pour y participer.

Les improvisateurs d'expérience :
Julie Côté-Cyr
Cynthia Gendro
Jean-Michel Girouard
Deejay McLellan

L'animateur bien sapé:
Louis-Olivier Pelletier

Le musicien renommé:
Alexandre Racine

Coordonnées:
20 novembre à 20 h (ouverture des portes à 19 h)
18 ans +
Prix à la porte: 12$
Le Cercle, 228, St-Joseph Est, Québec

Bon théâtre et bonne danse!

lundi 13 novembre 2017

Une édition sanguinaire, philosophique et absurde au programme!

Le gore, la philosophie pour enfants et le rocambolesque s'invitent dès 17h 30 ce soir à l'antenne de CKRL. Une édition qui ne fera pas dans la dentelle et que vous ne devez manquer sous aucun prétexte!

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30


Édith Patenaude, l'adaptatrice et la metteuse en scène, ainsi que Joanie Lehoux, comédienne, nous entretiendront de Titus, l'adaptation de l'oeuvre de Shakespeare qu'elles proposent aux spectateurs de Québec, une oeuvre gore s'il en est une.

Titus
Présenté par le Périscope mais en représentation au LANTISS de l'Université Laval
Du 17 novembre au 2 décembre
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Deuxième bloc - vers 17h 40


Soyez des nôtres vers 17h 40 pour découvrir notre Sélection du moment, un événement à ne pas manquer cette semaine. Mais si vous ne pouvez y être en direct ce soir, pointez-vous le nez sur ce blogue dès 6h00 demain pour la connaître.


Troisième bloc - vers 17h 45


Mélissa Merlo, comédienne, et Isabelle Hubert, auteure et adaptatrice, seront en studio pour nous parler d'un spectacle qui s'inspire d'un roman philosophique pour enfants.

L'hôpital des poupées
Gros Becs
Du 14 au 26 novembre
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Quatrième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Cath Langlois

Camille Proust nous livrera son commentaire critique d'Abadou veut jouer du piano qui tient l'affiche de Premier acte.

Abadou veut jouer du piano
Premier acte
Jusqu'au 25 novembre
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Bon théâtre et bonne danse !

samedi 11 novembre 2017

Silence social

Si le silence est d'or et la parole d'argent, le silence social ne permet certainement pas de faire de l'argent.

Les théâtres de Québec ne semblent pas très friands des médias sociaux. Pourtant, les abonnés et les spectateurs ne se gagnent pas seulement en période d'abonnement ou dans les médias traditionnels.  Ils se gagnent tout au long de l'année.  Les médias sociaux sont là pour créer des communautés et les communautés attirent de futurs spectateurs.  Les théâtres de Québec semblent manquer de vie sur les réseaux sociaux particulièrement sur twitter.

Les théâtres ont l'occasion avec Twitter de créer une communauté en ligne, de l'alimenter et de la mettre à profit.  Le problème provient sûrement d'un manque de planification et de stratégie axée sur les résultats.  Sans planification adéquate, le réseau social n'amènera pas de futurs spectateurs et encore moins des spectateurs fidèles et des abonnés. Plus les apports aux membres de la communauté sont appréciables, plus les théâtres peuvent accroître leur valeur et fidéliser les futurs spectateurs comme les actuels.

Théâtres de Québec, alimentez vos fils twitter régulièrement, vous éviterez ainsi de laissez filer des spectateurs dont vous avez bien besoin!

Bon théâtre et bonne danse!

jeudi 9 novembre 2017

Abadou veut jouer du piano: rocambolesque!

Abadou veut jouer du piano tient à la fois du boulevard, de l'absurde et du théâtre d'été dans sa facture. Le texte, quant à lui, semble tout droit sorti des Aventures de Rocambole, alors que le héros de cette aventure en vit des invraisemblables.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Cath Langlois
Un homme d’une banalité déconcertante est pris dans les rouages infernaux d’une soirée de cauchemar où chaque rencontre inattendue devient un véritable obstacle à sa quête : donner une leçon de piano.

Une cascade d'événements l'ayant forcé à quitter son village natal, Jaquelin Belenfant, décide de refaire sa vie dans la grande ville qu'est Montréal. Il a trouvé son karma, il sera professeur de piano. À peine installé dans son nouvel appartement le destin se déchaîne et les événements, tous plus absurdes les uns que les autres, se bousculent au portillon de son appartement. Le tout se terminera dans un tourbillon complètement rocambolesque.

Rocambolesque
Crédit photo: Cath Langlois
Dans un décor quelque peu surréaliste, une sorte de croisement entre le décor de théâtre d'été et de théâtre amateur, un comédien attend le spectateur dans la noirceur qui règne sur la scène. Dès que les lumières s'éteignent dans la salle, le ton est donné avec le message précédant le spectacle. Il sera absurde.

Peu d'accessoires, trois portes et une fenêtre sans verre annoncent que le boulevard, avec ses claquements de porte et sa mécanique précise, sera une dominante du spectacle. Les catastrophes s'accumulent rapidement dans un texte de plus en plus alambiqué. Les situations les plus invraisemblables s'ajoutent les unes aux autres pour en faire un mélange tellement absurde que certains gags ratent leur cible.

La mécanique du boulevard, si elle est quelque peu au ralenti en début de spectacle et que le tout tarde un peu à se mettre véritablement en branle, s'affine en cours de route pour prendre son véritable envol. Le rythme soutenu contribue alors à notre plaisir.

Le texte rocambolesque impose une surenchère criarde qui agace. Cette débauche de cris qui s'accentue à l'approche du dénouement, rend la finale un peu cacophonique. Le metteur en scène, qui est aussi l'auteur et dont l'idée de départ est fort intéressante, aurait eu intérêt à limiter les effets tape-à-l'oeil et tapageurs. Un petit resserrement ici et là règlerait le tout.

Le texte offre de bons moments. Le public jeune semble particulièrement apprécié l'humour absurde servi ici. On rit de bon coeur et on se plait à découvrir la prochaine tuile qui tombera sur la tête du protagoniste principal.

Les comédiens, qui ne sont pas toujours au diapason en termes langagiers, offrent de bonnes performances. Le plaisir de jouer est bien présent, les parodies sont évidentes et les personnages bien définis.

Crédit photo: Cath Langlois
Succès de foule
Le spectacle, qui s'affinera au fil des représentations, a toutes les qualités d'un succès de foule. Il n'y manque que quelques modulations. Abadou veut jouer du piano mérite le déplacement, question de mettre son cerveau de côté et de découvrir des personnages déjantés. Une belle occasion d'avoir un regard neuf et distancié de nos petits problèmes quotidiens. Notre quotidien est bien calme au regard de celui du protagoniste principal... et c'est peu dire!

Allez-y surtout si vous aimez: le théâtre absurde voire rocambolesque, découvrir de jeunes talents de Québec et Montréal.

À Premier acte jusqu'au 25 novembre. Avec Dayne Simard, Marie-Ève Bérubé, Mathieu Grignon, Maxim Paré-Fortin, Nathalie Séguin, Nicolas Centeno, Olivier Arteau et Pierre-Antoine Pellerin. Un texte et une mise en scène d'Hilaire St-Laurent Sénécal.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Hilaire St-Laurent Sénécal, auteur et metteur en scène, Nicolas Centeno, comédien, et Hugues Callières, directeur de production, ici (au début de l'émission du 30 octobre).

Bon théâtre et bonne danse!

mardi 7 novembre 2017

La sélection du moment: Des arbres

La sélection du moment c’est une suggestion, une seule, d’un film ou d’un livre sur le théâtre ou la danse, d’un spectacle dansé ou théâtralisé ou encore d’un événement relié à un de ces deux arts que vous ne devez manquer sous aucun prétexte. Vous pouvez découvrir celle-ci en primeur lors de l'édition radiophonique chaque lundi.

Par Robert Boisclair

Crédit photo: Théâtre La Licorne
Des arbres
Le Périscope propose un 90 minutes de pur bonheur avec la pièce Des arbres qui tient l'affiche jusqu'au 11 novembre. Un spectacle que nous avons adoré et que vous devez voir absolument.

Un couple, interprété par Sophie Cadieux et Maxime Denommée, est confronté à un dilemme, celui d'avoir un enfant alors que la planète est menacée. Tout débute dans un magasin IKEA où il lui propose d'avoir un enfant. Celle-ci prend panique et s'enflamme dans une spirale inflationniste de questionnements et de scénarios. Ont-ils la capacité d'élever un enfant? De ces questionnements et scénarios se profilent une crise de couple latente.

De questionnements en scénarios apocalyptiques, le spectateur suit l'évolution de ce couple qui s'aime profondément mais qui ne sait pas toujours comment se le dire. Un merveilleux voyage au coeur du couple et de l'amour.

Je pourrais faire l'aller-retour en avion Montréal-Londres pendant sept ans sans laisser une empreinte écologique aussi grande que si j'avais un enfant. (...) Dix mille tonnes de CO2. C'est le poids de la Tour Eiffel. Je mettrais au monde la Tour Eiffel.

Crédit photo: Suzanne O'Neill
Des arbres convie le spectateur à un véritable vertige de l'amour. Une magnifique mise à nu du couple. Un beau moment en compagnie de deux êtres qui s'aiment et qui s'approprient le couple comme ils peuvent. Appropriation qui amène le spectateur à se questionner sur son couple et ce qu'il est. Et surtout à se rassurer sur son propre couple. Car après tout s'il n'y a pas qu'un seul modèle de couple, les relations amoureuses sont, pour tous, troublées par l'angoisse du je versus le nous. Un magnifique moment de divertissement.

Allez-y surtout si vous aimez: Maxime Denommée et Sophie Cadieux, les narrations redoutables, les mises en scène épurées, le jeu d'acteurs, les textes intelligents.

Une présentation du Périscope au Théâtre du Conservatoire d'art dramatique de Québec jusqu'au 11 novembre. Avec Sophie Cadieux et Maxime Denommée. Un texte de Duncan Macmillan dans une traduction de Benjamin Pradet. Une mise en scène de Benoît Vermeulen.

Vous voulez en savoir plus? Consultez notre critique du spectacle ici.

Bon théâtre et bonne danse!

lundi 6 novembre 2017

Mini-spéciale théâtre et critiques

Dès 17h 30 ce soir à l'antenne de CKRL-MF, un récipiendaire de Québec d'un prix théâtral au Canada anglais s'invite aux Enfants. En complément, un doublé de critiques théâtrales. Une heure à ne pas manquer!

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30


Claude Montminy, l'auteur en résidence et codirecteur du Nouveau théâtre de l'Île d'Orléans, sera en conversation téléphonique pour nous parler du Stage West Comedy Award qu'il a reçu à l'occasion des Tom Hendry Awards et de ce que ce prix représente pour lui.

Deuxième bloc - vers 17h 40


Soyez à l'écoute vers 17h 40 pour découvrir notre Sélection du moment. Cette semaine un spectacle que nous avons adoré et qui tient encore l'affiche pour une semaine. Soyez des nôtres pour le découvrir mais si vous ne pouvez y être en direct ce soir, pointez-vous le nez sur ce blogue dès 6h00 demain pour la connaître.

Troisième bloc - vers 17h 45

Crédit photo: Suzanne O'Neill

Geneviève Martel et David Lefebvre seront en studio pour nous offrir leur commentaire critique de la pièce Des arbres que présente le Périscope.

Des arbres
Périscope
Jusqu'au 11 novembre
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Quatrième bloc - vers 18h 10

Crédit photo: Suzanne O'Neill

David Lefebvre sera de retour pour nous offrir une autre de ses critiques éclairantes. Il nous entretiendra du Cas Joé Ferguson qui tient l'affiche du Trident.

Le cas Joé Ferguson
Le Trident
Jusqu'au 25 novembre
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Bon théâtre et bonne danse !

vendredi 3 novembre 2017

Le cas Joé Ferguson: tout en nuances

Le Trident propose un spectacle tout en nuances où compassion et pardon côtoient silence, méchanceté et pensée manichéenne.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Suzanne O'Neill
Joé Ferguson était un jeune bon-à-rien vivant dans un petit village reculé. Un jour, apparemment sans avertir, il tue la très aimée directrice de l’école primaire, Sœur Laurette, avant de se suicider. La religieuse est immédiatement enterrée au cimetière de sa congrégation à des centaines de kilomètres de là, mais les cendres de Joé, elles, sont déposées au columbarium du village, causant, dans la minuscule population, un immense malaise.

Le 31 mai dernier, Joé Ferguson, vingt et un ans, a assassiné Sœur Laurette,
la directrice de l'école primaire.
Y l'a étranglée, à mains nues, dans son petit appartement pis, après,
y l'a poignardée à plusieurs reprises avec un couteau de cuisine.
Après, y s'est fait harakiri. Avec le même couteau.
C'est le voisin d'à côté qui les a trouvés, côte à côte, dans leur sang.
Les policiers ont dit que c'était spécial parce qu'on voit rarement ça,
des suicides par hara-kiri.
Pour nous autres, un meurtre au couteau pis un suicide par hara-kiri,
c'est pas juste spécial, c'est carrément un tsunami.
Un tsunami qui a dévasté notre village !

Au milieu de la communauté sous le choc, une jeune étudiante en criminologie débarque pour poursuivre ses recherches portant sur l’impact des crimes graves dans une population rurale. À la recherche de témoignages, la protagoniste donne à la pièce des airs d'enquête policière, où le public tentera à son tour de retrouver toutes les pièces du casse-tête, mais surtout d’aller au-delà du fait divers.

Silence et ouverture

Crédit photo: Suzanne O'Neill
Le silence est présent à chaque minute dans cette pièce. Le silence d'êtres brisées par un drame qui les touche au plus profond d'eux-mêmes. Une seule personne, ou peut-être deux, accepte de s'ouvrir et, maladroitement certes, de comprendre. De comprendre le malaise. D'essayer de voir l'autre côté de la médaille. D'avoir de la compassion et de pardonner. Des silences qui, curieusement, permettront une certaine ouverture.

C’est trop facile de dire : ce sont des méchantes personnes.
Il faut essayer de comprendre ce qui pousse quelqu’un à commettre l’impardonnable.
Il y a beaucoup de monde qui pense que ça existe du monde méchant.
Moi, je suis convaincue du contraire.

Tout est en nuances dans ce spectacle. Et c'est ce qui en fait la force. Le jeu des comédiens. L'éclairage, magnifique, et la musique qui enveloppent merveilleusement bien, et par petites touches, la trame et le jeu des comédiens. Tout concourt à amener le spectateur à se questionner. À voir les nuances. Les entendre. Les silences qui meublent ici et là la pièce sont éloquents à cet égard.

Le texte, construit sur le mode enquête, propose des versions diamétralement opposée sous lesquelles d'autres drames se cachent. Les intentions ne sont pas toujours celles que l'on s'imaginent. Derrière des positions, fermes parfois, se cachent, des silences encore plus profondément ancrés que ceux ouvertement exprimés.

Sorties de la plume d'Isabelle Hubert, les mots n'en sont que plus percutants. Sa plume est réaliste, certes, mais ses mots marquent et frappent justes. Rien n'est complètement noir ou blanc. Il y a une panoplie de nuances de gris entre les deux. Et c'est vrai pour les drames. En cette époque de condamnation facile, c'est un doux baume et une intéressante matière à réflexion que propose Le Trident.

À ne pas manquer
Le dénouement de cette pièce à lui seul vaut le déplacement. Un magnifique geste d'espoir et de pardon. Un moment rédempteur qui s'intéresse aux drames des proches qui, trop souvent, ne sont pas pris en compte. Une autre couche de nuances. Merci Isabelle Hubert!

Allez-y surtout si vous aimez: le théâtre réaliste, la plume d'Isabelle Hubert.

Au Trident jusqu'au 25 novembre. Avec Joëlle Bond, Sylvie Drapeau, Valérie Laroche et Steven-Lee Potvin. Un texte d'Isabelle Hubert. Une mise en scène de Jean-Sébastien Ouellette.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Jean-Sébastien Ouellette ici (au début de l'émission du 23 octobre).

Bon théâtre et bonne danse!

jeudi 2 novembre 2017

Major Motion Picture: épiphanie du mouvement

Sept danseurs qui deviennent quinze personnages, voilà ce que offre Major Motion Picture dans une production à la fois dansée et cinématographique. Une production où l'effet miroir domine dans un univers à la fois mystérieux et cauchemardesque.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Wendy D.
Dans cette nouvelle production de la troupe vancouvéroise Out Innerspace Dance Theatre, sept danseurs – interprétant quinze personnages différents – luttent pour le contrôle d’un territoire, perdant ou gagnant de l’espace au profit de plus de pouvoir, ou de plus reconnaissance. La compagnie propose d’assister à l’affrontement de deux gangs à coup d’intrigues mystérieuses et d’images obsédantes, au rythme d’une trame sonore digne des meilleurs films à suspense. Major Motion Picture convie à une fable dystopique explorant les thèmes orwelliens de la surveillance, du pouvoir, de la propagande et de la conquête des territoires physiques et identitaires. Une fable sombre et teintée d’humour.

Épiphanie du mouvement
Le spectacle divisé en deux temps est une merveilleuse épiphanie du mouvement. Le mouvement y est mis en évidence. Le geste est fluide. Il est lent ou rapide. Métamorphosé aussi. Les images proposées par la gestuelle très typique de la troupe sont parfois surprenantes ou teintées d'un bel humour. L'impression qui se dégage est celle de l'essence même du mouvement. Un peu comme si soudainement sa compréhension intrinsèque jaillissait en plein visage. La nature même du mouvement n'étant plus un mystère.

Crédit photo: Wendy D., M. Doucette
Dans le première partie, le spectacle est scindé en deux blocs d'environ 45 minutes, les sept danseurs personnifient deux gangs de sept individus qui s'observent sans jamais se rencontrer directement alors qu'un étrange personnage sans tête squatte le territoire. En deuxième partie, les deux gangs finissent par se rencontrer alors que l'étrange personnage rôde toujours. Des caméras espionnent les protagonistes... tout comme les spectateurs.

Raymond et Tregarthen propose une très belle fable dans un univers à la fois mystérieux et cauchemardesque. Major Motion Picture est à la fois spectacle de théâtre, de cinéma, à la manière des films muets où la musique est aussi importante à l'ambiance que le déroulement de l'action, ou de mime, les danseurs sont cagoulés ou masqués, grâce à un effet de maquillage fort bien réussi.

Un petit je-ne-sais-quoi
Les spectacles qui nous arrivent de Vancouver ont un petit je-ne-sais-quoi qui me fascine. Ils arrivent avec un style typique de cette région. Ils sont toujours, selon moi bien sûr, un peu hors des sentiers battus. La rencontre, l'observation s'y glisse souvent. Ils sont à la fois mystérieux et fascinants. Et celui-ci ne fait pas exception. Des spectacles qui donnent le goût de traverser le continent pour voir une saison complète de la scène dansée vancouvéroise.

Les danseurs de ce spectacle sont absolument magnifiques. Des performances très dynamiques et physiques. La première partie du spectacle est particulièrement exigeante puisque nombre des chorégraphies proposées sont à sept danseurs et exigent une très grande précision.

La finale de ce spectacle est fort touchante alors que l'étrange créature se métamorphose. Une bonne dose d'espoir dans cet univers où la surveillance est reine et la prise de pouvoir est roi.

Crédit photo: Wendy D. 
À découvrir
Major Motion Picture vous fera vibrer si vous aimez la danse qui sort de son cadre habituel. Il vous transportera dans un monde imaginaire peuplé de créatures auxquelles on s'attache. Il vous fera sourire et rire par moments. Un beau moment dansé à découvrir.

Allez-y surtout si vous aimez: le théâtre, la danse, le cinéma ou le mime, les univers insolites, l'humour bon enfant, vous faire surprendre dans un spectacle de danse, les performances dansées.

À La Rotonde jusqu'au 3 novembre. Une discussion avec les artistes aura lieu après la représentation de ce soir. Avec Emmanuelle LêPhan, Renée Sigouin, Peter Chu, Tiffany Tregarthen, Elya Grant, Isak Enquist et David Raymond. Une chorégraphie de David Raymond et Tiffany Tregarthen, avec la complicité des interprètes.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec David Raymond ici (vers la quarantième minute de l'émission du 30 octobre).

Bon théâtre et bonne danse!

mercredi 1 novembre 2017

Des arbres: superbes interprétations

Est-il encore moral d’avoir des enfants? Si cette question est à la base du dilemme qui anime un couple tout ce qu'il y a de banal, la trame de fond de la pièce Des arbres est l'amour avec un grand A. Celui qui habite chaque couple. Un pur moment de bonheur en compagnie de deux superbes comédiens.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Suzanne O'Neill

Un couple, interprété par Sophie Cadieux et Maxime Denommée, est confronté à un dilemme, celui d'avoir un enfant alors que la planète est menacée. Tout débute dans un magasin IKEA où il lui propose d'avoir un enfant. Celle-ci prend panique et s'enflamme dans une spirale inflationniste de questionnements et de scénarios. Ont-ils la capacité d'élever un enfant? De ces questionnements et scénarios se profilent une crise de couple latente. De questionnements en scénarios apocalyptiques, le spectateur suit l'évolution de ce couple qui s'aime profondément mais qui ne sait pas toujours comment se le dire. Un merveilleux voyage au coeur du couple et de l'amour.

Une mise en scène sobre et... touchante!
Benoît Vermeulen a fait le choix, fort à-propos, d'une mise en scène épurée, sans artifice. Elle met en valeur le texte et l'immense talent de Sophie Cadieux, d'une vulnérabilité touchante et d'une sensibilité exacerbée, ainsi que celui d'un Maxime Denommée éperdument amoureux mais qui peine à saisir la très grande sensibilité de celle qui partage sa vie.

Point d'accessoire ou de décor. Que deux comédiens debout ou accroupis, deux bouteilles d'eau et un cercle lumineux en arrière-scène, qui invitent le spectateur dans une merveilleuse sarabande textuelle. Une rencontre humaine pour laquelle le metteur en scène a fait le pari de l'authenticité. Et le parti est gagné de hautes mains! Quelles belles performances de ce vieux couple professionnel que sont Maxime Denommée et Sophie Cadieux. Cette dernière éblouie particulièrement avec de superbes envolées. Ses discours sont enlevants et émouvants.

Malgré les sauts dans le temps rapides, ils savent nous garder dans le moment présent. Ils nous font voyager d'un lieu à l'autre avec eux en une simple réplique ou dans un geste, un mouvement, qui nous transporte dans leur univers du moment. Benoît Vermeulen, sans rien enlever au grand talent des comédiens, a su diriger de main de maître ces deux as de la scène. Il utilise merveilleusement bien leur complicité naturelle, eux qui se sont croisés à plusieurs reprises sur scène, pour en faire un couple des plus crédibles.

Vertige de l'amour
Au-delà du discours écologiste ou environnementaliste, qui n'est qu'un prétexte, c'est la rencontre humaine, la très belle histoire d'un couple qui s'aime mais qui ne sait pas toujours comment le vivre et l'exprimer. L'amour n'est que très rarement un fleuve bien tranquille. Et la pièce Des arbres le démontre de manière éloquente. Les amoureux se questionnent, s'aiment, doutent, ne se parlent plus ou peu, se questionnent à nouveau, doutent à nouveau, s'aiment à nouveau. La boucle ne semble jamais vouloir finir. Et pourtant, l'amour est là. Bien présent. Vivant.

Le spectateur est convié à un véritable vertige de l'amour. Une magnifique mise à nu du couple. Un beau moment en compagnie de deux êtres qui s'aiment et qui s'approprient le couple comme ils peuvent. Appropriation qui amène le spectateur à se questionner sur son couple et ce qu'il est. Et surtout à se rassurer sur son propre couple. Car après tout s'il n'y a pas qu'un seul modèle de couple, les relations amoureuses sont, pour tous, troublées par l'angoisse du je versus le nous.

À ne pas manquer
Des arbres proposent un magnifique moment de divertissement. On rit, on est touché, certains y verseront quelques larmes, et on découvre un couple touchant, près de ce que nous sommes. Un pur moment de bonheur à ne manquer sous aucun prétexte!

Allez-y surtout si vous aimez: Maxime Denommée et Sophie Cadieux, les narrations redoutables, les mises en scène épurées, le jeu d'acteurs, les textes intelligents.

Une présentation du Périscope au Théâtre du Conservatoire d'art dramatique de Québec jusqu'au 11 novembre. Avec Sophie Cadieux et Maxime Denommée. Un texte de Duncan Macmillan dans une traduction de Benjamin Pradet. Une mise en scène de Benoît Vermeulen.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Maxime Denommée ici (vers la vingtième minute de l'émission du 23 octobre).

Bon théâtre et bonne danse!

mardi 31 octobre 2017

La sélection du moment: Confidences sur l'oreiller, un essai sur les rêves

La sélection du moment c’est une suggestion, une seule, d’un film ou d’un livre sur le théâtre ou la danse, d’un spectacle dansé ou théâtralisé ou encore d’un événement relié à un de ces deux arts que vous ne devez manquer sous aucun prétexte. Vous pouvez découvrir celle-ci en primeur lors de l'édition radiophonique chaque lundi.

Par Robert Boisclair

Crédit photo: André Lanthier
Confidences sur l'oreiller, un essai sur les rêves
Confidences sur l'oreiller, un essai sur les rêves est une collection de rêves réels transposés à travers la danse, le théâtre, le mime et la projection vidéo. Un moment dansé qui explore le lien mystérieux entre conscient et inconscient.

On me demande souvent de définir mon travail en termes d’une discipline – sauf le public,
puisque pendant le spectacle cela devient évident.
L’imagination humaine ne catégorise pas, et la preuve en est dans nos rêves.
Nous n’avons pas de rêves « parlants », de rêves «musicaux » ou de rêves de « mouvements».
Nos rêves ne sont pas «traditionnels» ou «expérimentaux».
Quand on rêve, on mélange des choses.
L’imagination agit à un niveau beaucoup plus profond que le langage ou la culture,
elle provoque et fait appel à tous nos sens.
Elle suggère et provoque l’éveil de notre mémoire.
C’est ce processus que j’essaie de refléter sur scène.
Dulcinée Lanfelder

Pionnière du genre multidisciplinaire depuis 30 ans, la chorégraphe et danseuse Dulcinée Langfelder expose ses rêves dans un univers intime et fantaisiste. Une exploration qui plonge le spectateur dans la dimension des rêves de l'artiste, et qui l'invite à voyager au plus profond de lui-même.


Le titre du spectacle, Confidences sur l'oreiller, s'inspire d'un film avec Rock Hudson et Doris Day et fait référence aux discussions intimes qui suivent l'acte d'amour. Le lien entre le film et le spectacle est la très grande intimité. Le rêve est l'objet intime par excellence et la chorégraphe partage les siens avec les spectateurs. Une chance unique de vivre un moment particulier avec cette très grande chorégraphe et danseuse.

Crédit photo: Hera Bell
Le spectacle sera présenté un seul soir, le 5 novembre, par La Rotonde à la Salle Albert-Rousseau.

Bon théâtre et bonne danse!

lundi 30 octobre 2017

L'humour à l'honneur ce soir

L'humour sera bel et bien présent aux Enfants du paradis dès 17h 30 ce soir à l'antenne de CKRL-MF avec trois spectacles qui en font leurs choux gras.

Par Robert Boisclair

Premier bloc - 17h 30


L'auteur et metteur en scène scène Hilaire St-Laurent Sénécal sera en studio pour nous parler du spectacle Amadou veut jouer du piano que présentera Premier acte la semaine prochaine.

Amadou veut jouer du piano
Premier acte
Du 7 au 25 novembre
En savoir plus

Deuxième bloc - vers 17h 45


Soyez à l'écoute vers 17h 45 pour découvrir notre Sélection du moment. Cette semaine un spectacle dansé qui transpose des rêves sur scène. Une aventure ludique qui promet. Si vous ne pouvez y être en direct ce soir, pointez-vous le nez sur ce blogue dès 6h00 demain pour la connaître.

Troisième bloc - vers 17h 50

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon
Geneviève Martel sera en studio pour nous offrir son commentaire critique de CHSLD - Centre d'humbles survivants légèrement détraqués que présente La Bordée.

Centre d'humbles survivants légèrement détraqués
La Bordée
Jusqu'au 18 novembre
En savoir plus

Quatrième bloc - vers 18h 10

L'émission se terminera avec un spectacle danse. David Raymond, danseur et chorégraphe, sera avec nous pour nous faire découvrir la plus récente production qui tiendra l'affiche de La Rotonde soit Major Motion Picture.

Major Motion Picture
La Rotonde
Du 1er au 3 novembre
En savoir plus

Bon théâtre et bonne danse !

jeudi 26 octobre 2017

CHSLD: aînés légèrement déjantés

Avec son Centre d'humbles survivants légèrement détraqués (CHSLD), La Bordée propose une définition toute particulière des CHSLD où résident nos aînés. Une découverte qui surprend, surtout pas son côté touchant.

Une critique de Robert Boisclair

Crédit photo: Nicola-Frank Vachon
Dans un foyer pour personnes âgées, cinq résidents vivent de rocambolesques aventures en accomplissant simplement leur routine quotidienne. Dans leur état, manger sa soupe, se rendre au petit coin ou avaler une pilule devient un exploit olympique... ou presque!

Tendrement touchant
Centre d'humbles survivants légèrement détraqués pose avant tout un regard tendre et touchant sur la vulnérabilité de nos aînés. Si l'humour n'en est pas moins absent, il en est que légèrement saupoudré.

Ils sont bien, les vieux […]
Ils ont même pas besoin d’horloge pour entendre les aiguilles tricoter les secondes…
Le crépuscule des vieux, Sol (Marc Favreau)

Cette citation tirée du Crépuscule des vieux de Sol, alias Marc Favreau, représente bien l'ambiance et le rythme de CHSLD.  Si l'idée de départ était fort intéressante et prometteuse le développement de celle-ci surprend quelque peu. En début de spectacle, le spectateur peine à acheter la démonstration imagées par un jeu physique que peu de texte enveloppe. La proposition finit toutefois pas s'imposer. Le spectateur accède rapidement à la sensibilité de la pièce et à l'hommage bien senti à nos aînés.

Si l'humour squatte certaines scènes, il ne le traverse pas de part en part. Le sourire s'y glisse, quant à lui, très souvent. Un des caractéristiques du théâtre clownesque est d'offrir une réflexion profonde sous la caricature des personnages. C'est très certainement la force de ce spectacle. L'hommage senti à nos ancêtres, la très grande sensibilité à leur égard, mais surtout les émotions vécues par nos aînés et leur très grand désir de vivre pleinement, sont magnifiquement soulignés par le jeu fin des comédiens.

Il n'est certes pas facile pour de jeunes comédiens d'interpréter des aînés sans tomber dans la caricature facile. Le quintette d'acteurs qui interprètent des personnes âgées en CHSLD réussit le tour de force de nous faire croire que ce sont de véritables aînés devant nous. Un merveilleux jeu de composition bien supporté par un Raphaël Posadas en préposé aux bénéficiaires.

La souffrance, l'ennui et le sentiment d'enfermement vécu par nos aînés sont bien démontrés par de belles scènes touchantes dont celles de la couche culotte et du retour en enfance. De beaux moments qui portent à réfléchir sur la vie et le sort de ceux qui, tout au long de leur vie, se sont occupés de nous et à nous bâtir un monde meilleur.

Un spectacle à voir
Les esprits enneigés des aînés de CHSLD offrent d'agréables moments. Des rires, occasionnels, de nombreux sourires, des moments touchants et un regard tendre sur nos aînés, voilà ce que propose la pièce. Un instant de grâce que vous ne voudrez pas manquer! Et une occasion unique de faire une ovation debout à nos aînés qui, dans leur CHSLD respectif, cogitent sur leur passé tout en vivant au maximum de leurs capacités le moment présent.

Allez-y surtout si vous aimez: le théâtre clownesque, les ruptures de tons.

À La Bordée jusqu'au 18 novembre. Avec Marie-Pier Lagacé, Patrick Ouellet, Jocelyn Paré, Raphaêl Posadas, Réjean Vallée et Karina Werneck Assis. Un texte de Véronika Makdissi-Warren et les comédiens. Une mise en scène de Véronika Makdissi-Warren.

Vous voulez en savoir plus? Écoutez notre interview avec Véronika Makdissi-Warren et Raphaël Posadas ici (au début de l'émission du 16 octobre).

Bon théâtre et bonne danse!