26 mai 2017

Où tu vas quand tu dors en marchant...?: moments magiques

C'est parti! Le Carrefour international de théâtre de Québec débutait hier soir avec sa nouvelle mouture du parcours déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant...? Retour sur des moments magiques où l'imaginaire règne en maître.

Une critique de Robert Boisclair

Tableau La souricière
Crédit photo: Robert Boisclair

Où tu vas quand tu dors en marchant…? fait déambuler cette année des milliers de spectateurs dans des lieux inusités et les fait plonger dans cinq univers insolites dispersés sur la colline parlementaire.

Les nervures secrètes – Marie-Josée Bastien
Cour de l’Édifice Marie-Guyart
Cette comédienne, auteure et metteure en scène qui rêvait depuis longtemps de plonger dans le parcours en tant que conceptrice fera naître la couleur et la poésie dans un espace architectural impressionnant et méconnu.

La souricière – Christian Lapointe 
Rue Jacques-Parizeau
Auteur, metteur en scène, acteur et pédagogue, Christian Lapointe en est à sa première participation au parcours. Inspiré par la toponymie et l’histoire des événements qui se sont déroulés dans les lieux qui lui sont confiés, il proposera au public une expérience immersive et sensorielle dans l’histoire des manifestations politiques qui s’y sont déroulées.

Le 7e continent – Élène Pearson  
Rue Louis-Alexandre Taschereau
La scénographe et artiste multidisciplinaire Élène Pearson, dont on apprécie régulièrement la beauté des costumes sur les scènes de Québec, créera un univers visuel et sonore fabriqué entièrement de matières recyclées.

Mouvement perpétuel – Sophie Thibeault et Maxime Robin
Promenade des Premiers-Ministres
Sophie Thibeault (comédienne) et Maxime Robin (comédien, metteur en scène et auteur) sont tous deux habitués du parcours à titre d’acteurs. Ils signeront cette année une première conception qui se veut un hymne à la vie, inspiré de la métaphore des quatre saisons appliquée aux âges de la vie.

La grande manufacture – Giorgia Volpe
Parc de l’Amérique-Française
Giorgia Volpe, artiste en arts visuels, mettra en scène des femmes de toutes origines qui ont en commun la pratique d’activités manuelles, par métier ou par passion. Tout en rappelant le passé manufacturier de la ville de Québec, l’artiste d’origine brésilienne posera un regard sensible sur la transmission des savoirs et le métissage de la société québécoise.

Moments magiques
L'édition de cette année fort attendue, une foule compacte se massait à l'entrée de chacun des tableaux 25 minutes avant le signal de départ, fait vivre moult moments magiques. Si le festivalier peut choisir lui-même son itinéraire celui que j'ai emprunté, La souricière, La grande manufacture, Mouvement perpétuel, Les nervures secrètes puis Le 7e continent, propose une belle évolution. Un parcours où l'on s'offre  d'abord le glauque puis le ludique.

Ambiances glauques
La souricière, rue peuplée de mannequins, reproduit dans une ambiance glauque les manifestations qui ont animé les rues de Québec à quelques occasions. Impossible de ne pas faire un lien direct avec le printemps érable qui a secoué la ville il y a quelques années. Le passage dans cette rue donne la frousse par moments. Le son ambiant, la foule qui se presse au milieu des mannequins, les voitures renversés, tout concourt à créer une véritable impression de souricière. La foule se presse au milieu de cette rue encombrée et ressens un certain sentiment d'oppression.

Tableau La souricière
Crédit photo: Robert Boisclair

La grande manufacture offre un regard différent sur des femmes de toutes origines. Après avoir poinçonné sa carte comme si on débutait un horaire de travail dans une manufacture, on y découvre des femmes passionnées qui offrent, au regard de tous, leurs habiletés manuelles. La station la plus intrigante de ce tableau est très certainement celle des hamacs parlants. Un série d'hamacs illuminés s'offrent aux festivaliers qui découvrent une langue étrangère. Celle de ces femmes de partout sur la planète qui choisissent Québec et proposent un Québec renouvelé. Doux moments de relaxation et de découvertes.

Tableau La grande manufacture
Crédit photo: Robert Boisclair

Ludiques
Le corridor déambulatoire Mouvement perpétuel effectue magnifiquement bien la transition entre le glauque et le ludique. La Promenade des Premiers-Ministres se transforment en un espace où le blanc domine. Dans ses lumières, dans ses accessoires, dans ses costumes. Accompagnés d'un guide tout de blanc vêtu, les spectateurs, en silence, découvrent de mystérieux objets blancs autour desquels cohabitent de blancs et étranges personnages. Un parcours qui se termine en musique et en chansons alors que les spectateurs traversent de part en part une choeur de blancs choristes. Moment de grâce.

Tableau Mouvement perpétuel
Crédit photo: Robert Boisclair

Les nervures secrètes est, avec Le 7e continent, l'un des tableaux où les découvertes sont les plus nombreuses. Parions que vous y passerez la plus grande période de votre parcours. Les découvertes sont nombreuses et les petits moments de bonheur parsemés ici et là sont innombrables. Les découvertes semblent ne jamais vouloir s'épuiser. Ces petits moments de théâtre au grand air se terminent par une performance vocale commune, surprenant et magnifique moment, suivie d'une gracieuse sarabande au centre de l'espace avec l'ensemble des comédiens.

Tableau Les nervures secrètes
Crédit photo: Robert Boisclair

Le 7e continent, le plus ludique de tous, proposent des personnages tous plus surprenants les uns que les autres. La bouteille de plastique habille à la fois le lieu et les personnages. Ils sont tous un peu déglingués. Comme si la menace de la pollution par le plastique transformaient les humains en robots et en êtres qui perdent le contrôle. Un monde à la fois inquiétant et ludique.

Tableau Le 7e continent
Crédit photo: Robert Boisclair

Boîte à rêves
L'édition 2017 du parcours est une merveilleuse boîte à rêves! Cinq tableaux, cinq univers, cinq occasions de tomber en amour avec le théâtre. Découvertes, ludisme et ambiances glauques se côtoient. Un voyage à ne pas louper!

Une présentation du Carrefour international de théâtre de Québec pour encore huit soirs, les 26, 27 mai, 1, 2, 3, 8, 9 et 10 juin. 

Bon théâtre et bonne danse!

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